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Endurance ou sprint ?

Endurance ou sprint ?

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J'ai pu assister le week-end dernier à mon premier Petit Le Mans, course d'endurance longue de dix heures, tenue sur le magnifique circuit routier de Road Atlanta.

Merci à Audi Canada de nous avoir lancé cette invitation. Il m'est extrêmement rare d'être invité à assister à des courses ; ça a dû m'arriver moins de cinq fois en 25 ans de carrière!

Cette épreuve est comme si on tenait une version raccourcie des 24 Heures du Mans en campagne américaine, en Géorgie. Mais ça marche ! Il y avait tellement de monde massé autour du circuit, qu'il était difficile de circuler à pied. Et que dire du paddock, ouvert aux détenteurs de billets!

La course mettait aux prises deux Peugeot 908 à deux Audi R18 dont c'était la première présence en sol américain. Audi a remporté la victoire au Mans en juin dernier, mais Peugeot désirait à tout prix gagner la Coupe intercontinentale du Mans.

Photo: René Fagnan/Auto123.com

Il faisait extrêmement beau le samedi de la course avec plein de soleil, un peu de vent et une vingtaine de degrés Celsius.

Dès le départ, j'aurais juré assister à une course de formule de développement disputée par des futurs Sebastian Vettel. Les R18 et les 908 de classe LMP1 de tête ont imposé un rythme complètement fou! À croire qu'il s'agissait d'un sprint de 30 minutes! Les pilotes avaient-ils perdu toute notion d'endurance?

Les quatre bolides roulaient de concert, comme soudés l'un à l'autre. Dans ces conditions, pas facile de se frayer un chemin dans le trafic incroyablement dense.

Avec 53 voitures en piste, dont la moitié constituée de voitures GT aux performances nettement inférieures (18 secondes plus lentes au tour en moyenne que les LMP1), on a assisté à des manœuvres de dépassements suicidaires. Dès qu'un pilote apercevait le moindre passage entre les voitures plus lentes, il plongeait dedans. Un simple moment d'hésitation à doubler se traduisait en une perte d'une position.

Les Audi et les Peugeot ont toutes été victimes de contacts avec d'autres compétiteurs, parfois sans dommage, parfois en y laissant des plumes. C'est d'ailleurs une manœuvre de dépassement osée d'un retardataire de Romain Dumas qui a causé la perte de la Audi No. 1 à trois heures de l'arrivée. Mais le pauvre Dumas n'avait pas le choix : il devait passer entre la Peugeot de tête et la Porsche du retardataire. Et ce fut le contact avec la 911 allemande.

Ce genre de dépassement téméraire contre des retardataires a provoqué les effrayantes sorties de piste des Audi d'Allan McNish et de Mike Rockenfeller aux 24 Heures du Mans. Les deux auraient facilement pu y laisser gros. Que faut-il qu'il se passe pour songer à régler ce problème ?