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F1: Des questions sont posées après l'accident Jules Bianchi

F1: Des questions sont posées après l'accident Jules Bianchi

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D'après GMM

Les blessures de Jules Bianchi sont encore floues, mais la Formule 1 tourne son attention sur les circonstances controversées qui ont provoqué l'accident et l'arrêt du grand prix au Japon, dimanche.

Après des jours de spéculations autour du typhon Phanfone, des questions se posent maintenant sur la course de Suzuka, entre l'interruption par la pluie, la voiture de sécurité et le manque de luminosité.

« Pour moi, ce n'était pas si mal que ça », de déclarer le vainqueur Lewis Hamilton.

Victime de la même sortie de piste que Jules Bianchi, Adrian Sutil souligne que le manque de luminosité rendait difficile le choix des parties les moins dangereuses du circuit.

« La lumière était faible et la piste était glissante, c'est comme ça que je suis sorti », de déclarer le pilote Sauber.

« Jules a vécu exactement la même situation, un tour après. La lumière était faible et il y avait plein de rivières qui traversaient la piste », d'ajouter Adrian Sutil.

F1 Jules Bianchi crash Marussia Suzuka Japan
Les médecins autour de Jules Bianchi, sitôt après l'accident à Suzuka. (Photo: WRi2)

Ami de Bianchi, Felipe Massa a révélé voir « crié » dans sa radio pour que « la course soit arrêtée ».

« C'était dangereux. Pour moi, ils ont démarré la course trop tôt car c'était impraticable au début, et ça s'est terminé trop tard », d'expliquer le Brésilien.

Pour Kimi Räikkönen en revanche, l'accident de Jules Bianchi est juste un accident.

« Nous avons participé à des circonstances plus difficiles que cela », de lancer le Finlandais sur MTV3.

« Je ne peux pas dire si la piste était sécuritaire ou pas, mais tout allait bien au moment où la course a été arrêtée. Était-ce dangereux ? Y a-t-il un moment où c'est plus dangereux ?

« C'est toujours difficile sur le mouillé, on peut facilement partir en tête-à-queue, surtout avec les pneus usés. Je pense qu'il y a eu beaucoup de malchance dans ce cas précis.

« Nous devons apprendre et faire en sorte que ça ne se reproduise pas », d'ajouter le pilote Ferrari.

L'accident est étrangement similaire à celui de Martin Brundle en 1994, lorsqu'il avait grièvement blessé un commissaire de piste qui était en train d'évacuer une autre monoplace sortie au même endroit, sur piste mouillée.

« C'est regrettable que les grues soient sur la piste lors d'un grand prix. Pendant des années, nous en avons parlé, que nous ne voulions pas les voir sur la piste. C'est honteux qu'il faille toujours attendre quelque chose de grave pour prendre les choses au sérieux », de déclarer Olivier Panis.

L'ancien pilote de Formule 1 espère au moins que l'accident de dimanche permettra de modifier le règlement.

« Pas de tracteurs sur la piste, sauf en cas de voiture de sécurité ou de drapeaux rouges », d'ajouter Olivier Panis.

Martin Brundle commente : « Certains dissent qu'il y avait un drapeau jaune et même un double jaune, mais ça ne vous arrête pas lorsque vous partez en tête-à-queue. Le problème avec ces engins sur le bord de piste, c'est qu'ils sont trop élevés et les pilotes assis trop bas ».

F1 Suzuka rain
La pluie à Suzuka. (Photo: WRi2)

Autre ancien pilote de F1, Patrick Tambay réagit sur RMC : « Nous avons fait des progrès avec les voitures. Nous avons fait des progrès avec les circuits. Mais il y avait un tracteur sur la piste et ça, c'est inacceptable… ».

Sebastian Vettel remarque que tous les pilotes savent que « notre sport est dangereux ».

Niki Lauda explique dans le Welt qu'il s'agit d'un « enchaînement de circonstances malheureuses. On ne peut pas dire aujourd'hui que quelque chose a été mal fait ».

Le nouveau président de l'association des pilotes, le GPDA, veut rester prudent.

Alex Würz commente : « Il y a clairement beaucoup de questionnements et prendre du recul est toujours plus intelligent. Il est clair qu'au cours des années, la FIA a toujours eu comme priorité la sécurité des pilotes. Je tiens à le souligner.

« Toutes les décisions prises par Charlie Whiting étaient correctes. Durant de nombreuses années, la FIA a fait du bon travail sur la sécurité et tout était en ordre jusqu'à cet accident.

« Lorsque la voiture est hors de contrôle à haute vitesse, elle devient un projectile. Il y a toujours des risques. Tout le monde en est conscient ».

Ingénieur en chef chez Williams Rob Smedley évoque la protection du poste de pilotage en Formule 1.

« Le sujet n'est pas encore terminé. Je n'ai aucune idée si un cockpit fermé aurait changé quelque chose pour Jules, mais actuellement j'aurais aimé qu'il y en ait eu un », de déclarer Rob Smedley, qui était ingénieur de course de Felipe Massa en 2009, chez Ferrari, lorsque le Brésilien avait été percuté par un ressort à pleine vitesse.

Smedley admet cependant que Jules Bianchi est un victime d'un « accident tragique ».

« Il y a différents 'crash tests', mais un choc avec un tracteur n'en fait pas parti. C'est tout simplement un tragique accident », de dire Rob Smedley.