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F1: Qui va payer pour le GP des États-Unis et le Circuit of the Americas?

F1: Qui va payer pour le GP des États-Unis et le Circuit of the Americas?

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Une controverse a éclaté au Texas au sujet de la facture à acquitter pour la tenue du Grand Prix des États-Unis à Austin et la construction du Circuit of the Americas.

Un article publié sur le site web de l’agence financière Bloomberg titre que les payeurs de taxes du Texas devront financer le Grand Prix de Formule 1 alors que les écoles publiques sabrent dans les dépenses.

L’article, fort bien documenté, indique que l’État du Texas pourrait devoir équilibrer son budget en mettant à pied des milliers d’enseignants afin de pouvoir payer la facture de 25$ millions par an pour faire venir le grand cirque de la F1 au cours des dix prochaines années.


L’article indique que selon Moak Casey & Associates, firme de consultants spécialisés dans l’enseignement, « jusqu’à 100 000 enseignants du Texas pourraient perdre leur emploi dans des coupures de budget afin de faire face à la crise financière. Avec 25$ millions par année, l’État pourrait payer le salaire moyen de 48 000$ à 500 enseignants ».

L’autre clan, celui qui appuie le Grand Prix, a vite répliqué. Allen Spelce, porte-parole de l’homme d’affaires et investisseur du projet B.J. “Red” McCombs (un Républicain, faut-il le préciser), affirme que chaque course tenue au Texas devrait générer suffisamment de taxes afin de récupérer l’investissement de 25$ millions.

Cette somme de 25$ millions provient d’un fonds d’une société de fiducie qui gère des sommes justement destinées à financer des événements dans l’État du Texas.

Selon des projections fournies par Spelce dans un courriel envoyé à Bloomberg, les visiteurs au Grand Prix dépenseront quelque 300$ millions l’an prochain seulement, et le circuit va créer 1300 emplois temporaires et rapporter 400$ millions dans l’économie locale.

« Les revenus provenant des activités du circuit vont largement compenser l’investissement consenti par l’État, » de dire Spelce.

Des experts en marketing déclarent toutefois qu’Austin et l’État ne récupéreront pas directement leurs investissements. Mais comme c’est le cas pour les villes qui tiennent un Grand Prix, comme Montréal, c’est surtout la visibilité internationale qui compte, et qui fait venir des entreprises dans la région et qui créent des emplois.

Voilà, les deux camps s’affrontent ouvertement à coup de chiffres, de projections et de statistiques. Parfois biaisés.

Mais il faut avouer que l’événement ne sera un succès que si un pilote américain parvient en F1. L’an dernier, Peter Windsor et Ken Anderson ont bien tenté de créer une écurie de F1 américaine, et ils se sont cassés les dents.

Le seul pilote américain qui possède des chances d’arriver bientôt en F1 est sans doute le Californien Alexander Rossi.

Rossi court en Europe depuis des années, et dispute cette saison, avec succès, le Championnat de Formule Renault 3.5. S’il dispose du soutien de Bernie Ecclestone et des appuis financiers requis, Rossi pourrait bien monter bientôt en F1 et créer un peu d’engouement pour ce type de courses automobiles aux États-Unis.