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F1: Vous souvenez-vous de l'implication de Subaru en Formule 1 ?

F1: Vous souvenez-vous de l'implication de Subaru en Formule 1 ?

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En 1990, Subaru a fait produire un moteur de Formule 1 et l'a greffé à l'arrière d'un châssis de la microscopique écurie Coloni.

Subaru a d'abord investi dans l'écurie d'Enzo Coloni. Puis, le constructeur automobile japonais a demandé à Carlo Chiti de produire le moteur. Chiti, motoriste, avait auparavant travaillé pour Ferrari et développé le moteur Alfa Romeo des années 70 et 80.

Chiti a donc dupliqué ce qu'il connaissait : un V12 à plat à 60 soupapes, doté d'un centre de gravité très bas, appelé le « 1235 ».

F1 Subaru engine
Carlo Chiti et le moteur 12 cylindres à plat. (Photo: Archives Auto123.com)

Mais plus de 20 ans plus tard, on apprend que non seulement le moteur était très lourd, mais il était accouplé à la boîte de vitesses Coloni qui n'était pas un exemple de légèreté. On raconte que le groupe motopropulseur affichait un embonpoint de 112 kg !

La Coloni C3B était confiée au pilote belge Bertrand Gachot. Après un rapide déverminage, la monoplace fut expédiée à Phoenix pour le premier Grand Prix de la saison 1990.

Comme plusieurs s'y attendaient, la Coloni ne parvint pas à effectuer un seul tour du circuit urbain de Phoenix. Le moteur fut démarré, mais Gachot dut stopper à la sortie des puits quand la tringlerie de la boîte de vitesses cassa net (j'y étais !). Ses débuts ont donc duré 250 mètres.

Lors du Grand Prix suivant au Brésil, la C3B a effectué quelques tours de piste, mais ses chronos étaient 10 secondes au tour trop lents pour espérer se pré-qualifier, et 17 secondes plus lents que la position de tête réalisée par Ayrton Senna !

Dans les rues de Monaco, Gachot était 18 secondes des meilleurs temps. À Montréal, ce fut pire, la Coloni roulant à 24 secondes de la pôle. En France, Gachot ne réalisa qu'un seul tour du circuit Paul-Ricard, en 14 minutes et deux secondes.

Il était évident que la Coloni-Subaru, sous-financée, ne parviendrait jamais à franchir le cap des pré-qualifications.

Les tensions politiques émergèrent dans la petite écurie, et le manque flagrant d'argent poussa Subaru à se retirer. À partir du Grand Prix d'Allemagne, Enzo Coloni reprit le plein contrôle, et troqua le Subaru pour un moteur V8 Ford DFR préparé par Langford & Peck. Ainsi s'acheva la seule présence de Subaru en Formule 1.