En compétition, les roadsters spécialement préparés par Shelby se sont montrés prometteurs, mais ils manquaient d'endurance. Il arrivait souvent de voir les Cobra démarrer en lion et finir en mouton. Au cours de l'automne 1962 et de l'hiver 1963, leurs performances étaient tout ce qu'il y a de plus inconstant. Vers la mi-juin, cependant, la fiabilité de la Cobra n'était plus problématique. Résultat: Ford a remporté 11 des 16 épreuves du Sports Car Club of America (SCCA) en classe Grand Touring. Et ce n'était là que quelques exploits parmi tant d'autres.
De toutes les courses au programme, celle que Ford et Shelby voulaient gagner à tout prix était bien sûr les 24 Heures du Mans, l'épreuve d'endurance par excellence. La Cobra roadster, qui crachait beaucoup de venin grâce à son moteur de course de 370 chevaux, n'était pas particulièrement aérodynamique, ce qui limitait sa vitesse de pointe. Un modèle inscrit à l'édition 1963 des 24 Heures a terminé septième, ce qui est somme toute respectable mais nettement loin de l'objectif initial: la première place.
Il était clair qu'une carrosserie plus aérodynamique s'imposait. À cette fin, un jeune pilote et designer pour Shelby du nom de Pete Brock a dessiné un superbe prototype de coupé de type «fastback». En moins de trois mois, les traits de crayon se sont transformés en une véritable carrosserie soudée en une seule pièce. On l'a ensuite rivée au châssis modifié de la Cobra roadster.
La voiture a aussitôt porté le nom de Daytona, étant donné qu'elle a effectué ses tout débuts en 1964 au Daytona Continental du Daytona International Speedway, en Floride. Les essais préalables avaient démontré que le nouveau coupé, bien que plus lourd de 60 kilos, pouvait atteindre une vitesse maximale de 290 km/h, soit 30 km/h de plus que l'ancien roadster. En outre, sa silhouette améliorée réduisait considérablement la consommation d'essence.
À son premier départ, la Cobra Daytona Bleu Viking n'a pas eu de misère à devancer les Ferrari GTO. Malheureusement, aux deux-tiers de la course, un feu dans les puits a endommagé sévèrement la voiture et les trois marches du podium ont donc été toutes occupées par des Ferrari.
Quelques semaines plus tard, après une autre défaite aux mains de Ferrari lors des 12 Heures de Sebring, Shelby a préparé deux coupés Daytona pour la compétition européenne, spécifiquement Le Mans. Ils ont encore une fois démarré en force, mais l'inquiétude s'est emparée des mécanos lorsqu'un des deux a dû abandonner à huit tours de la fin en raison d'une défaillance électrique. L'autre bolide, dont la construction ne s'était achevée que quelques jours avant l'épreuve, a aussi connu des ennuis mais il a pu croiser le fil d'arrivée devant les Ferrari, ce qui a valu la quatrième place au classement général et la première dans la classe Grand Touring.
Shelby a enregistré d'autres victoires pendant le reste de la saison 1964 et il s'est remis au travail afin de connaître encore plus de succès en 1965. La puissance a été augmentée (entre 380 et 385 chevaux) et la suspension a été révisée, autant à l'avant qu'à l'arrière. Au total, six voitures Daytona de compétition étaient maintenant prêtes à prendre d'assaut les circuits, dont une qui exploitait le colossal V8 de 7,0 litres et 460 chevaux de Ford. Or, cette version a été déclarée illégale pour la course par la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Pourquoi? Tout simplement parce qu'il en existait à ce moment moins de 100 exemplaires. (Une variante moins puissante de ce V8 s'est éventuellement retrouvée dans 350 Cobra roadster.) Shelby a donc été contraint de focaliser ses énergies sur les plus petites Daytona. Durant la saison 1965, les coupés de Shelby ont récolté assez de points pour permettre à Ford de devenir le premier constructeur américain à remporter un trophée international en course automobile.
Plus tard, la décision de Ford de se concentrer sur son programme de GT40 à moteur central a sonné le glas de la Cobra Daytona. Mais l'histoire retiendra qu'en l'espace de deux ans, les voitures de Shelby ont chauffé et même battu à plusieurs reprises les meilleurs bolides d'Enzo Ferrari, prouvant au monde entier qu'un splendide coupé alimenté par un simple mais puissant moteur Ford était une recette gagnante.
photo:Ford
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De toutes les courses au programme, celle que Ford et Shelby voulaient gagner à tout prix était bien sûr les 24 Heures du Mans, l'épreuve d'endurance par excellence. La Cobra roadster, qui crachait beaucoup de venin grâce à son moteur de course de 370 chevaux, n'était pas particulièrement aérodynamique, ce qui limitait sa vitesse de pointe. Un modèle inscrit à l'édition 1963 des 24 Heures a terminé septième, ce qui est somme toute respectable mais nettement loin de l'objectif initial: la première place.
Il était clair qu'une carrosserie plus aérodynamique s'imposait. À cette fin, un jeune pilote et designer pour Shelby du nom de Pete Brock a dessiné un superbe prototype de coupé de type «fastback». En moins de trois mois, les traits de crayon se sont transformés en une véritable carrosserie soudée en une seule pièce. On l'a ensuite rivée au châssis modifié de la Cobra roadster.
La voiture a aussitôt porté le nom de Daytona, étant donné qu'elle a effectué ses tout débuts en 1964 au Daytona Continental du Daytona International Speedway, en Floride. Les essais préalables avaient démontré que le nouveau coupé, bien que plus lourd de 60 kilos, pouvait atteindre une vitesse maximale de 290 km/h, soit 30 km/h de plus que l'ancien roadster. En outre, sa silhouette améliorée réduisait considérablement la consommation d'essence.
À son premier départ, la Cobra Daytona Bleu Viking n'a pas eu de misère à devancer les Ferrari GTO. Malheureusement, aux deux-tiers de la course, un feu dans les puits a endommagé sévèrement la voiture et les trois marches du podium ont donc été toutes occupées par des Ferrari.
Quelques semaines plus tard, après une autre défaite aux mains de Ferrari lors des 12 Heures de Sebring, Shelby a préparé deux coupés Daytona pour la compétition européenne, spécifiquement Le Mans. Ils ont encore une fois démarré en force, mais l'inquiétude s'est emparée des mécanos lorsqu'un des deux a dû abandonner à huit tours de la fin en raison d'une défaillance électrique. L'autre bolide, dont la construction ne s'était achevée que quelques jours avant l'épreuve, a aussi connu des ennuis mais il a pu croiser le fil d'arrivée devant les Ferrari, ce qui a valu la quatrième place au classement général et la première dans la classe Grand Touring.
Shelby a enregistré d'autres victoires pendant le reste de la saison 1964 et il s'est remis au travail afin de connaître encore plus de succès en 1965. La puissance a été augmentée (entre 380 et 385 chevaux) et la suspension a été révisée, autant à l'avant qu'à l'arrière. Au total, six voitures Daytona de compétition étaient maintenant prêtes à prendre d'assaut les circuits, dont une qui exploitait le colossal V8 de 7,0 litres et 460 chevaux de Ford. Or, cette version a été déclarée illégale pour la course par la Fédération internationale de l'automobile (FIA). Pourquoi? Tout simplement parce qu'il en existait à ce moment moins de 100 exemplaires. (Une variante moins puissante de ce V8 s'est éventuellement retrouvée dans 350 Cobra roadster.) Shelby a donc été contraint de focaliser ses énergies sur les plus petites Daytona. Durant la saison 1965, les coupés de Shelby ont récolté assez de points pour permettre à Ford de devenir le premier constructeur américain à remporter un trophée international en course automobile.
Plus tard, la décision de Ford de se concentrer sur son programme de GT40 à moteur central a sonné le glas de la Cobra Daytona. Mais l'histoire retiendra qu'en l'espace de deux ans, les voitures de Shelby ont chauffé et même battu à plusieurs reprises les meilleurs bolides d'Enzo Ferrari, prouvant au monde entier qu'un splendide coupé alimenté par un simple mais puissant moteur Ford était une recette gagnante.
photo:Ford




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