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La goutte qui fait déborder le vase

La goutte qui fait déborder le vase

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Imaginez une fourgonnette circulant sur l'autoroute à l'heure de pointe. À son bord : une équipe d'électriciens désireux de ne pas arriver en retard au chantier de construction.

Une fois sur les lieux, les hommes en sortent avec leur équipement et fouillent un peu partout en jetant des coups d’œil rapides à leur contremaître, qui n'a pas l'air de bonne humeur. Il ne s'agit ni d'une perquisition, ni d'un attentat à la bombe : le contremaître (un bon ami à moi) est tout simplement exaspéré par un bruit incessant.

Une pièce qui gronde, vibre ou résonne peut sembler anodine – et pas vraiment une raison de piquer une crise. Après tout, nous avons l'habitude d'endurer et de surmonter une foule d'obstacles et d'épreuves sur une base quotidienne. Pourtant, ce sont souvent les petits irritants qui viennent à bout de notre patience, comme un robinet qui fuit ou un moustique qui ne veut pas s'en aller.

Selon l'intensité ou la fréquence, une banale distraction peut finir par nous tomber royalement sur les nerfs et faire déborder notre vase.

Avec le temps, j'ai appris à oublier le grondement de plus en plus prononcé de la boîte de vitesses de mon vieux hatchback. Quant aux cris rauques de mon pot d'échappement (que j'aurais dû remplacer il y a bien longtemps), ils ne me dérangent pas si je monte le volume de la radio.

Récemment, toutefois, j'ai commencé à entendre un claquement lorsque le moteur tournait au ralenti. Puisque je n'arrivais pas à identifier la source, j'ai retiré la banquette arrière et le pneu de secours, soulevé ma voiture et rampé en dessous pour finalement découvrir un support d'échappement brisé. Mes voisins, eux, paraissaient bien amusés.

Réparation du moteur

J'ai aussi l'habitude de me rendre au dépotoir avec ma camionnette remplie de déchets et de résidus de construction. Les bâches qui battent au vent, les madriers qui cognent entre eux et les pots de peinture qui se promènent d'un bout à l'autre de la caisse quand je monte ou descends une côte n'affectent pas mon calme ni ma concentration.

Par contre, je ne pouvais endurer ce fil qui vibrait derrière l'interface du système de son. Impossible même d'entretenir une conversation avec mon passager qui, bizarrement, continuait à parler sans trop réaliser l'ampleur de la cacophonie.

Poussée à bout, j'ai ouvert le coffre à gants et cherché désespérément un objet – n'importe quoi, en fait – que je pourrais coincer derrière la radio afin de mettre un terme à ce bruit agaçant. Perplexe et soudainement silencieux, mon copilote m'a prêté un mouchoir de poche qui a joué un merveilleux rôle d'insonorisation. Nous avons pu repartir en toute tranquillité.

Mes amis ne le savent pas mais, si j'arrive à garder mon sang-froid dans les pires conditions routières et les plus gros embouteillages, c'est en grande partie grâce à ce carré de tissu!

En passant, le bruit dans la fourgonnette dont je vous parlais en intro provenait d'une corde de sécurité qui pendait du véhicule...