AM: Tu as côtoyé quantité d'athlètes au cours de ta carrière. Tu as été en mesure d'en apprécier certains, d'autres moins. Où se situe Jacques Villeneuve parmi ceux-là ?
RT: Je l'adore ! Comme j'ai aimé Guy Lafleur. D'ailleurs, ils ont la même particularité : les deux disent ce qu'ils pensent. Je trouve que dans la vie, ça n'a pas de prix.
AM: La passion pour les autos, c'est venu sur le tard ou ça remonte à ta jeunesse ?
RT: Je me souviens que la première voiture que j'ai conduite tout seul, à Falardeau (NDLR : SaintDavid-de-Falardeau, au Saguenay), c'est la Plymouth 1953 de mon père, qui était neuve; j'avais donc huit ou neuf ans. J'étais juste assez grand pour rejoindre la pédale d'embrayage. C'était une autre époque : la police ne t'achalait pas, à 12 ou 13 ans, tu allais à la messe le dimanche, tu prenais l'auto de ton père !
AM: Quelle a été ta première voiture ?
RT: Une Ford Consul. Mon père me l'avait acheté en 1962, ça devait être une 1959 ou une 1960. À chaque fois qu'il y avait un gros cahot, le capot levait et, évidemment, le démarreur s'est empressé de rendre l'âme... Il fallait que je la stationne dans des côtes pour être sûr qu'elle reparte sur la compression. Après ma Consul, j'ai acheté une Ford Cortina flambant neuve.
AM: Des Ford britanniques... Franchement, tu étais masochiste !
RT: C'est ce qu'il y avait de moins cher : je gagnais 5 000 $ par année comme enseignant. Après ça, j'ai pensé faire un bon coup en achetant une Dodge Polara, qui était, en fait, un ancien taxi de Montréal... Je ne le savais pas, bien sûr, mais, bon, j'avais vingt-deux ans... Puis, je l'ai changée pour une Corvair. Épouvantable ! J'avais payé ça 500 ou 600 $. Ensuite, j'ai racheté une voiture neuve, une Envoy Epic cette fois. Ça, c'était le bout de la m... ! Finalement, j'ai eu un coup de chance. C'est un vendeur d'auto, Gérald Aubin, qui m'a parlé d'une nouvelle marque qui venait d'arriver chez nous : Mazda. En 1972, j'ai acheté un démonstrateur, qui était un charme. Ensuite, j'ai acheté une Toyota Corona, ce qui serait l'équivalent de la Camry, aujourd'hui. Puis, j'ai failli retomber dans mes mauvaises habitudes en achetant - je m'en souviens très bien - une Ford Torino. Ça, c'était un véritable cancer : au bout de six mois, ma main passait au travers de la porte tellement elle était rouillée... Je l'ai changée pour une Ford Granada 6-cylindres, mais cette fois, j'ai été chanceux : je me la suis fait voler à l'aéroport. J'ai racheté une autre Mazda, une 626 1981, puis une Volvo 1982, que j'ai dû changer après qu'elle soit passée entre les mains de Nelson Piquet. Après ça, je me suis tourné vers Volkswagen : j'ai eu deux Jetta turbodiesel. Ensuite, en 1986, j'ai connu la marque Audi et... Fabienne Larouche.





