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L'auto, c'est comme le sida!

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L’auto c’est comme le sida : aussi longtemps qu’on ignore comment ça marche, on peut faire des gaffes.

En d’autres termes, l’incompétence crasse d’un conducteur mal éduqué peut engendrer la mort ou des blessures s’il cause un accident.

L’analogie vous choque peut-être. Malheureusement, elle... tient la route!

Le 13 juillet dernier, un porte-parole d’ONUSIDA, le programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, annonçait une diminution marquée de la prévalence du sida dans une partie de l’Afrique, la région du monde la plus touchée par cette épidémie.

Or, s’il y a baisse de la prévalence du sida là-bas, ce serait à cause de l’éducation, la formation que subissent les jeunes de 15 à 24 ans. Pourquoi ça ne marcherait pas aussi dans le monde de l’automobile?

Absence de formation = ignorance!
L’automobiliste moyen aujourd’hui fait peu ou pas de formation avant d’obtenir un permis de conduire. Et après l’avoir obtenu? Zéro formation!

Pourtant, certains automobilistes qui, par la suite, suivent des cours de conduite préventive ou des cours de techniques de conduite avancées sont moins impliqués dans les accidents que Monsieur Tout-le-monde. C’est démontré. Malheureusement, ces gens qui « retournent » à l’école de conduite ne font pas légion.

Je peux comprendre cela. L’attitude du conducteur moyen est évidente : « J’ai mon permis donc je sais conduire!».

Faux.

Le monde évolue!
L’automobile évolue et la façon de l’utiliser aussi. Il n’y a qu’à penser à tous ces systèmes embarqués ajoutés au fil des ans à l’équipement de série des voitures même les plus banales : l’ABS, l’antidérapage, les sacs et rideaux gonflables, les ceintures ajustables, le régulateur de vitesse, la caméra arrière rendue obligatoire par des designs de plus en plus beaux et de plus en plus déficients, etc.

Pour maîtriser ces systèmes et en tirer le maximum, il faut d’abord apprendre et comprendre leur fonctionnement et, surtout, leurs limites. Mais cette formation si nécessaire, personne ne l’offre : ni les concessionnaires qui vendent les autos, ni les différents paliers de gouvernement responsables de l’émission des permis de conduire.

Le réseau routier aussi évolue. Les carrefours giratoires, par exemple, font tranquillement leur apparition dans nos zones de circulation quotidienne. Or, qui nous apprend comment y circuler? Personne. Au mieux, à certains endroits, on installe des panneaux expliquant en deux ou trois mots qui a la priorité. Un message que l’automobiliste aperçoit en quelque trop brèves secondes... s’il a appris à porter attention à la signalisation routière!

L’automobiliste... régresse!
Et l’automobiliste là-dedans? S’il ne fait aucune formation, c’est simple : il en reste à ce qu’il a appris ou, pire, il régresse! Je ne pense pas ici aux gens atteints de la maladie d’Alzheimer, qui continuent de conduire AVEC l’assentiment secret de leur docteur. Non. Je pense simplement à Monsieur Tout-le-monde qui, en vieillissant, développe des habitudes, des tocades, qu’il tend à imposer aux autres usagers de la route – un milieu qu’on est pourtant supposé partager. Et puisque notre espérance de vie s’accroît, cela signifie qu’il y aura de plus en plus de gens ignorants et toqués sur nos routes...

Alors, les instances gouvernementales, ne pourraient-elles pas développer un volet formation pour les conducteurs qu’elles consacrent en attribuant les permis de conduire comme on vend des palettes de chocolat? Non. À la place, elles réduisent les limites de vitesse et plantent plus d’octogones rouges aux coins des rues. Une passivité qui reflète plutôt le désir d’émettre plus de constats d’infraction -- une belle manne de taxes indirectes!!

Qu’est-ce qui tue?
La vitesse tue? Non. L’incompétence au volant, oui. Or, pour réduire ce fléau, c’est clair. Il faut amener les automobilistes (ceux, du moins, qui ont un niveau intellectuel suffisant ou une conscience sociale assez élevée) à comprendre le fonctionnement d’une auto et sa dynamique sur la route. Un processus duquel découlerait tout naturellement un sentiment de fierté d’être un BON conducteur. Au fond, ce n’est pas si compliqué.

Après avoir adopté une stratégie pareille, qui mise sur la valorisation du conducteur par son éducation, plutôt que sa stigmatisation, un jour peut-être verra-t-on un Canadien prendre la parole à l’ONU et clamer fièrement que le fléau des accidents de la route au Canada aura diminué!

Mamie, dis, est-ce que je rêve?