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Le débat de la Loi 48 continue

Le débat de la Loi 48 continue

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Nous avons reçu un beau commentaire d'une lectrice suite à la publication d'un communiqué de l'APA à propos de ce projet de loi. Je croyais important d'y répondre.

Voici un extrait de ce commentaire, tiré de l’article intitulé Loi 48 : d’autres experts se prononcent, publié plus tôt cette semaine :

« En Ontario et en Colombie-Britannique, la moyenne des voitures qui ne passent pas le test est d'environ 12% et non 5%. Et de plus, ce chiffre doit être nuancé : en CB, ça fait 20 ans que le programme d'inspection existe. Les automobilistes entretiennent donc déjà leur voiture pendant l'année dans le but de passer le test. Malgré ça, 12% ne passent pas le test, soit par manque d'entretien ou par usure normale du véhicule (son âge). Ici au Québec, on est entouré de provinces et d'états où il y a l'inspection obligatoire depuis plusieurs années. Les bazous qui ne passent pas le test ailleurs prennent le chemin du Québec. On se retrouve donc avec les bazous des autres.

L'AQLPA (organisme à but non lucratif qui se soucie de la qualité de l'air) a fait plusieurs projets-pilotes depuis une dizaine d'années ou plus. Ils ont inspecté 25 000 voitures. Les participants volontaires ont démontré qu'il y avait jusqu'à 30% des voitures qui ne passaient pas le test. Ce sont des dizaines de milliers de tonnes de polluants émis dans l'air (et des $ en soins de santé) et des milliers sinon des millions de $ perdus par les automobilistes par une mauvaise combustion de l'essence. »


Et voici ma réponse à ce commentaire :
Les faits et les données peuvent être interprétés de tous angles. De ces 25 000 voitures qui ont échoué en plus de 10 ans, j'imagine qu'une bonne portion de ces échecs a eu lieu dans les 2 à 4 premières années de ces tests. En 2000, on retrouvait encore plusieurs voitures comportant des carburateurs des années 80 ou des systèmes d'injections peu fiables et peu performants des années 90. Voilà les voitures qui ont échoué et celles dont on se sert aujourd'hui pour favoriser l'implantation des inspections. Entre vous et moi, les chars des années 80 ne sont plus et ceux des années 90 ne seront plus très bientôt puisque nous sommes en 2012.

Le fait demeure que les voitures modernes sont de plus en plus propres et sophistiquées. Les instruments des garagistes ne performent pas au même niveau que la technologie retrouvée à bord des voitures depuis au moins 5 ou 6 ans. De plus, les instruments des garagistes ne seront pas renouvelés à la même cadence et ne seront pas aussi sophistiqués que les systèmes antipollution des voitures; ils seront donc désuets avant de devenir rentables pour ce même garagiste. Imaginez les abus.

Les ajustements que vous mentionnez, seront-ils gratuits? Après les réparations, si vraiment nécessaires et si elles ont un impact, quelle sera l'économie réalisée par le propriétaire de la voiture? La voiture sera-t-elle vraiment plus propre? Et si le propriétaire ne peut se permettre les réparations, il aura tout de même le droit de circuler avec sa voiture. Qu'aura été le but de l'inspection?

Personne ne sera avantagé par ces inspections. L’environnement ne le sera pas non plus.

Cet exercice est voué à l’échec d'une manière ou d’une autre. De nos jours, la vaste majorité des voitures sont propres. D'ici 3 ans, la quasi-totalité le sera. Le taux d'échec passera donc de 5% à 1 ou 2%. Ce nouveau programme sera désuet et les garagistes qui auront investi dans ces outils se retrouveront mal en point et endettés.

Ce n'est pas pour rien que le programme Drive Clean en Ontario cessera d'opérer d'ici 5 ou 6 ans; il ne sera plus nécessaire. Pourquoi s'embarquer dans une aventure qui coûtera des millions et qui ne donnera aucun résultat tangible, alors que l'on pourrait réellement adresser la congestion avec de nouvelles voies sur les autoroutes, par exemple?

Sur le point des bazous qui ne passent pas le test ailleurs et qui prennent le chemin du Québec, ces derniers doivent déjà être inspectés par la SAAQ. Tout ce que la SAAQ aura à faire est d'intégrer un volet antipollution à cette inspection. Pas plus compliqué que ça.

Finalement, réjouissez-vous car le programme d'inspection risque de s'implanter pour toutes les mauvaises raisons. Nous, consommateurs, allons payer pour la vanité des organismes qui se disent au service de l’environnement et qui se basent seulement sur les données qui illustrent uniquement les points qu'ils mettent de l'avant.