Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

Le profilage automobile

Le profilage automobile

Impossible de ne pas rire... Par ,

C'était la toute première fois que mon partenaire d'essai roulait sur la fameuse Mulholland Drive qui mène jusqu'à la non moins glorieuse route du canyon Topanga. Ce coin de la Californie est un vrai paradis pour les conducteurs. Un paradis qui se mérite : l'asphalte s'étend tel un bol de spaghetti et se parsème de débris provenant de glissements rocheux.

Mon collègue adorait l'expérience et s'émerveillait devant les villas colorées, le ciel bleu à l'infini et les condors qui volaient en cercles. Puis, tout à coup, elle est sortie de nulle part, mettant un frein à nos rêveries et nous ramenant à une triste réalité. Je parle de l'ennemi public numéro un pour bien des conducteurs : la maudite Corolla beige!

Pendant près de dix kilomètres, nous avons roulé à une lenteur désespérante, suivant cette abomination de la route sans possibilité de la dépasser. Que faire? Pleurer sur notre sort? Non, mieux vaut en rire!

Personne dans le métier ne semble aimer la Corolla. En ce qui me concerne, cependant, mon cauchemar s'appelle la Buick Century : un gros bateau dont le postérieur tombant ressemble à une couche pleine de pipi. La Corolla est certes ennuyante et énervante, mais la Century est encore pire, selon moi. Errant dans sa voie jusqu'à empiéter sur les lignes, prenant une pause au milieu des bretelles et s'immobilisant sur une route achalandée, c'est de la démence! Et bien souvent, le chauffeur à tête blanche et aux fonds de bouteille ne semble plus se rappeler ce qu'il fait là!

Je me suis toujours demandé si ces personnes avaient choisi la voiture qui reflétait le plus leur personnalité insupportable ou si, à l'inverse, la voiture les avait transformées en zombies de la route.

Tout comme les animaux de compagnie qui finissent par ressembler à leur maître, certains conducteurs sont le miroir de leur véhicule.

Pensez au jeune mec aux culottes baissées, à la palette blanche tournée sur le côté et à la démarche d'un rappeur; le voyez-vous monter à bord d'une Buick Verano? Non. Ce gars-là conduit soit une Civic modifiée arborant un embout d'échappement de quatre pouces, soit une Cavalier vert caméléon avec un aileron de deux pieds de haut, soit une Silvia avec volant à droite qui accapare trois espaces de stationnement à la fois (parce que ça fait tellement JDM, yo!).

Imaginez maintenant le redneck costaud à l'air enragé, qui porte un gilet pro-armes pour cacher sa bedaine de bière. Il ne faut pas se surprendre de le voir au volant d'une camionnette Ram « jackée », avec deux rangées de feux Hella sur le toit (parfait pour chasser la nuit!) et des gosses en plastique qui pendent à l'attache-remorque.

J'aime beaucoup ces énergumènes. En fait, peu de choses m'apportent autant de plaisir que leur faire mordre la poussière sur la route, car si ma petite camionnette de fille a des couilles, elles se trouvent sous le capot.

Mes amis universitaires roulent en Volvo et en Subaru, tandis que mes confrères journalistes conduisent des véhicules qui ne leur appartiennent pas.

Si je vois une New Beetle dans la cour de stationnement de mon gym, je vous gage 5 contre 1 que son ou sa propriétaire porte un suit d'entraînement assorti.

Il m'arrive souvent, inconsciemment, d'adopter des traits de personnalité du client principalement visé par les véhicules que j'essaie.

Je devrais peut-être insister auprès de Toyota Canada pour qu'on me prête une Corolla, beige par surcroît. Mais je vous avertis : mes prochains blogues et reportages risquent de traiter de concours de scrap-booking, de l'art de cuisiner du jambon en canne ainsi que des vêtements les plus à la mode chez Walmart.