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Les zones grises...

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Les discussions enflammées qui animent notre forum et notre page Facebook m’ont amené à constater que plusieurs amateurs de course, et surtout de Formule 1, manquent un peu de recul.

Je crois sincèrement qu’on peut admirer une écurie de courses sans dénigrer les autres, ou même parfois les traîner dans la boue.

Certains accusent une écurie britannique de couleur grise d’être constituée de tricheurs. Les choses ne sont pas aussi simples que ça. Il existe des zones grises.

Les ingénieurs de F1 sont payés des millions de dollars pour justement trouver les failles dans le livre des règlements. Tout ce qui n’est pas décrit avec détails est donc sujet à interprétation.

Prenez l’exemple des fameux doubles diffuseurs apparus au début de la saison dernière. Seules les écuries Brawn, Williams et Toyota avaient alors lu le règlement avec les yeux suffisamment ouverts pour comprendre qu’il y avait une belle faille à exploiter.

Depuis toujours, les écuries de courses interprètent les règlements à leur avantage. Parfois, elles se font prendre. Et d’autres fois, pas. Peu de gens sont autorisés à assister aux inspections techniques des voitures, et c’est justement là que les plus belles découvertes sont effectuées.

Par contre, seulement 10% des histoires controversées peuvent être rapportées dans les médias. Le reste ne peut qu’alimenter les conversations entre ingénieurs, mécanos et journalistes. Ces histoires ne peuvent pas être rapportées au grand public par manque de preuves tangibles. Imaginez alors tout ce qui n’est pas su du grand public!

Une prestigieuse écurie italienne de F1 s’est quelquefois fait prendre en flagrant délit. Il y a eu des cas de moteurs de cylindrée trop élevée (pour signer une belle pôle position à Monza, par exemple), des éléments aérodynamiques non conformes ou trop faciles à déformer, de réservoirs d’essence trop volumineux et d’autres. Mais cette écurie s’en est toujours sortie en jouant la carte du chantage (« Si nous sommes déclarés coupables, nous quitterons la F1! »)

Et que dire des « affaires juteuses » qui ont entaché l’histoire de l’écurie Benetton à l’époque où Michael Schumacher était un de ses pilotes? Il y a eu l’affaire de l’antipatinage caché dans le logiciel de fonctionnement du moteur, l’histoire du plancher trop mince ou encore l’affaire du retrait du filtre du tuyau de ravitaillement d’essence afin d’effectuer des pit stops plus rapides. Et d’autres qu’on ne sait peut-être pas.

Vous en voulez d’autres? Que dire du double réservoir d’essence de la BAR-Honda en 2005? Du réservoir d’eau de la Tyrrell qu’on remplissait en fin de course afin d’arriver au poids minimum ? De l’extincteur vide des Ligier? De la Arrows FA/1 qui était une copie conforme de la Shadow DN9? Ou des écopes de freins trop grandes des Williams et des Toyota à Montréal en 2004? Assez!

L’histoire de la Formule 1, et du sport automobile en général, est remplie de ces histoires d’interprétation fantaisiste des règlements techniques. Il est donc, selon moi, erroné de pointer vers une seule écurie et les qualifier de tricheurs.

Même notre équipe favorite peut parfois se faire prendre la main dans le sac! Désolant, mais ça arrive! Croyez-moi, il existe bien des zones grises…