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Vous voulez de la vraie course automobile ou pas?

Vous voulez de la vraie course automobile ou pas?

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Les événements survenus la semaine passée à l’occasion du Grand Prix de Malaisie de Formule 1 ont suscité bien des passions.

Bref rappel : en fin de course, l’écurie Red Bull Racing a demandé à ses pilotes de conserver leurs positions et Sebastian Vettel a attaqué et doublé le meneur, son équipier Mark Webber. Et un peu plus tard, Mercedes AMG a demandé à Nico Rosberg et à Lewis Hamilton de ne pas s'attaquer, ce qu'ils ont repecté.

Nous avons donc deux situations fort différentes : chez Red Bull, Vettel n’a pas respecté les consignes tandis que chez Mercedes, Rosberg et Hamilton les ont observées.

Dans les deux cas, les clans s’opposent par médias sociaux interposés. Les pro-Vettel s’en prennent aux pro-Webber, et vice-versa. Même affrontement autour de Mercedes.

En ce qui a trait à l’affrontement Vettel-Webber, il faut avouer que nous avons assisté à tellement de processions que pour une fois qu’il y avait de l’action en piste et du beau pilotage féroce, on ne devrait pas l’interdire! Il faut toutefois préciser que le pauvre Webber ne s’attendait pas à se faire attaquer de la sorte par son agressif coéquipier.

Un journaliste a écrit, avec justesse, que Vettel avait joué un tour « à la Pironi » à Webber. Lors du Grand Prix de San Marino 1982, Ferrari avait demandé à ses deux pilotes, Gilles Villeneuve en tête et Didier Pironi, second, de ralentir pour économiser du carburant.

Durant le dernier tour, Pironi n’a pas respecté les consignes et a doublé Villeneuve qui ne s’y attendait vraiment pas ; ce qui a rendu le Québécois en furie. Deux semaines plus tard, Villeneuve, toujours dans une colère noire, trouvait la mort sur le circuit de Zolder.

Le problème n’est pas de laisser les pilotes se battre en piste, mais les consignes d’équipe. Combien de fois avons-nous entendu Ferrari demander à Rubens Barrichello par radio de laisser passer Michael Schumacher? Il y a eu des consignes dans toutes les écuries de F1, et ce, à toutes les époques. Ce n’était guère différent durant les années 50 et 60.

McLaren est, je crois, une des très rares écuries à ne pas avoir imposé de consignes lors des belles années d’Ayrton Senna et Alain Prost. Nous avons alors vécu de grands moments d’affrontements, et aussi, oui, des accrochages entre les deux. Ce furent des années sensationnelles et des Grands Prix très chaudement disputés. De la course automobile, pure et parfois dure, mettant aux prises les meilleurs.

C’est ce que les amateurs d’aujourd’hui veulent revoir. C’est cela, l’esprit de la course. Messieurs les directeurs d’équipes, laissez les Vettel, Rosberg, Alonso, Webber, Hamilton et Massa se battre! Sans consigne!

Didier Pironi, Gilles Villeneuve, Ferrari 1982
Didier Pironi, Gilles Villeneuve, Ferrari 1982 (Photo: WRI2)