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Mes vidanges chez le voisin (première partie)

Mes vidanges chez le voisin (première partie)

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Avez-vous déjà pensé à jeter vos vidanges chez votre voisin? Avez-vous déjà eu envie de prendre votre sac bien plein et de le lancer négligemment, sans vous cacher, en plein jour, par dessus la clôture? J'imagine que non, n'est-ce pas?

Et pourquoi ne le faites-vous pas? Est-ce parce que depuis des années s'est établi un consensus dans notre société où les gens ont pris conscience de l'aspect irresponsable de ne pas faire sa part au niveau de l'entretien de leur terrain et que si certains ne le font pas, ils pourront se faire ordonner par leur municipalité et/ou par leurs voisins que pour des raisons de salubrité ils doivent garder leur terrain minimalement propre?

Donc, pourrait-on conclure que cette question est à peu près réglée? Je vais me laisser aller à affirmer que oui. Que oui, on doit respecter autrui, dans leur espace privé et dans l'espace commun aux autres. Nous savons que de jeter nos vidanges chez les autres, ça ne se fait pas. Même si cela serait moins de trouble que d'en disposer nous même, nous permettant même de ne plus avoir à payer le service des éboueurs, cela ne se fait pas. Même si cela serait moins fatigant de les lancer de notre fenêtre chez le voisin que de marcher jusqu'à la rue (à la Homer Simpson), cela ne se fait pas.

Donc, cela ne se fait pas.

Alors pourquoi cela se fait-il aussi facilement lorsque nous sommes en auto?


Différents cas d'espèce :

1 : Le cas du discriminant géographique

Je me souviendrai toujours d'une anecdote que j'ai vécue il y a de cela 3 ans. J'étais avec ma copine en train de prendre une marche près de chez elle, dans le Vieux-Montréal par une belle matinée de février lorsque nous avons vu arriver à sa voiture un monsieur d'une cinquantaine d'années. Sa voiture, une grosse Mercedes qui devait être agée de 4 ou 5 ans, était en très bon état, bien entretenue et le monsieur était bien mis. Nous avons alors vu ce monsieur ouvrir la porte de sa voiture, se pencher... et jeter dans la rue toute une pile de vieux journaux qui était dans le fond sa voiture (afin de protéger SON tapis) et embarquer dans sa voiture!

Devant un tel mépris inconscient, nous avons ramassé ces journaux et cogné à sa fenêtre pour lui signifier qu'il avait « échappé » quelque chose et que nous voulions lui redonner. Avec réticence, il a finalement ouvert sa porte et est reparti avec ses journaux.

À votre avis, pensez-vous que ce type ferait ce geste devant chez lui et devant son voisin? Je prends le risque de répondre que non. Mais pourquoi donc l'a-t-il fait?

À mon avis, c'est que pour lui, la ville, c'est un No Man's Land. Un endroit où sans intérêt autre que d'aller y travailler, y faire de l'argent, sortir ou aller faire ses mauvais coups de façon incognito. Bref, il fait une différence entre la valeur humaine et écologique de la ville et celle d'où il vient. Il fait donc de la discrimination géographique.

L'inverse est aussi vrai lorsque les administrations municipales de grandes et petites villes signent des contrats avec des centres d'enfouissements situés hors de leurs frontières afin de se débarrasser de leurs déchets. De tels exemples ne manquent pas.

Il n'y a qu'à penser au dépotoir de Lachenaie qui accueille une bonne part des déchets de Montréal.

Cette mentalité s'appelle : Pas dans ma cour... et celle de mon voisin. Mais, chez l'autre voisin, que je ne connais pas et que je risque de ne jamais rencontrer... OK!