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NASCAR: Michel Disdier, un Français à l'assaut de Daytona

NASCAR: Michel Disdier, un Français à l'assaut de Daytona

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Après de nombreuses années de travail pour faire sa place aux États-Unis, Michel Disdier atteint une première étape en prenant part à la fin du mois à la course de la série NASCAR Camping World de camionnettes au Daytona Superspeedway.

À bientôt 40 ans (il les fêtera le 10 février prochain), ce résident de Nice en France a patiemment creusé son sillon en Amérique du Nord. Il y a dix ans, son souhait de courir dans l’une des catégories NASCAR pouvait paraître utopique, tant les passerelles entre l’Europe et les États-Unis étaient inexistantes.

« J’ai commencé à m’intéresser au NASCAR à la fin des années 90 », a expliqué Michel Disdier à Auto123.com.

« À l’époque, comme tout pilote démarrant en sport automobile en Europe, l’objectif est la Formule 1, mais je me suis vite rendu compte que cela serait compliqué de gravir les échelons. Je ne venais pas du karting, mais du motocross, je ne bénéficiais d’aucun réseau, et Nice n’est pas vraiment une ville qui soutient la course automobile. J’ai découvert la NASCAR un peu par hasard, puis je me suis rendu sur une course en 2003. Et là, j’ai été conquis par l’ambiance dans les tribunes, dans les paddocks, c’est très sympa et je me suis dit que c’était ce que je voulais faire ».

NASCAR Camping World Michel Disdier
Photo: Archives Michel Disdier

À force d’obstination, de rencontres et de coups de téléphone, Michel Disdier a patienté jusqu’en 2007 pour effectuer son premier essai sur ovale, sur le Michigan Speedway par le biais de l’équipe de Mario Gosselin.

« Les sensations étaient extraordinaires, poursuit-il. Cela m’a conforté dans mon choix de carrière, j’ai pris beaucoup de plaisir. Ma première expérience en course m’a malheureusement refroidi par la suite… »

De fait, Michel Disdier prend part à sa première course NASCAR à… Montréal, sur le circuit Gilles-Villeneuve, dans le cadre d’une épreuve de la série Canadian Tire, au sein de l’équipe de Richard Durivage.

« Une catastrophe. J’ai été très mal conseillé pour cette première expérience et je me suis retrouvé dans une équipe qui n’en était pas une. Lors des essais, ils m’ont notamment laissé les freins pour ovale sur ce circuit très exigeant au niveau des freinages, j’ai frôlé la catastrophe ! Puis, le moteur des deux voitures a cassé simultanément, cela m’a carrément refroidi… Je me suis juré de ne plus renouveler l’expérience dans ces conditions, et qu’il me fallait m’entourer de gens de confiance. »

NASCAR Michel Disdier
Photo: Archives Michel Disdier

Michel Disdier rebondit en série ARCA en 2008, puis 2009, où il engrange de l’expérience.

Après deux saisons d’absence faute de budget, le Français effectue son retour dans la série en 2012, puis encore en 2013 où il décroche la 11e place à Daytona.

« Là, je disposais d’une bonne voiture puisque j’évoluais au sein du Team Cunningham Motorsports. Mais j’ai pris des débris en début de course et les performances s’en sont ressenties. J’ai gardé le contact avec les premiers grâce au drafting, mais c’était compliqué quand j’en sortais. J’ai attendu l’opportunité pour remonter, mais j’étais tout de même satisfait de ma performance compte tenu des circonstances. Cela a eu un retour positif au sein du peloton, des organisateurs, des médias et du public, ça m’a encouragé… »

Cette année, Michel Disdier est sur le point de toucher au but en accédant à l’une des séries majeures de NASCAR, puisqu’il dispose d’une proposition pour évoluer en Nationwide cette année. Avant cela, il devra toutefois passer un examen de passage, toujours à Daytona…

« J’ai des propositions pour la série Nationwide, poursuit-il. Mais il me faut des partenaires costauds pour cette aventure. Les dirigeants de la NASCAR veulent m’avoir dans le peloton, mais avant cela ils m’ont demandé de passer un genre de test grandeur nature en Truck à Daytona, au sein de l’équipe SS Green Light de Bobby Dotter. J’ai effectué mes premiers essais avec la voiture le 13 janvier dernier à Daytona, sous l’œil de Brett Bodine. Ce dernier m’a donné son aval sans hésiter après m’avoir vu en piste. C’était déjà une belle récompense », de raconter Disdier à Auto123.com.

NASCAR Michel Disdier
Photo: Archives Michel Disdier

Fortifié par la présence de Brett Bodine, Disdier prendra ainsi part au NextEra Energy Ressources 250 à Daytona, manche inaugurale de la série Camping World présentée le 21 février. Avec la volonté de donner le meilleur de lui-même et de prouver, si ce n’est pas déjà le cas, qu’il mérite sa place dans le peloton.

« L’objectif est de faire le mieux possible, évidemment. On ne sait toutefois pas à quel niveau on va se situer par rapport à la concurrence. Autant j’avais une voiture pour jouer les premiers rôles à Daytona dans la course ARCA il y a un an, autant les ambitions sont plus mesurées pour cette année en Truck. Mais je suis persuadé que nous avons tout de même les moyens de tirer notre épingle du jeu et, qui sait, créer la surprise si nous avons la possibilité d’accrocher le peloton de tête jusque dans les derniers tours. Je reste confiant : si nous continuons à faire ce que nous avons fait en ARCA, c’est-à-dire être performant et régulier, nous devrions faire quelque chose de bien ».

« Il y a beaucoup d’énergies positives dans ce projet, conclut Michel Disdier. Beaucoup de gens veulent que l’on réussisse et que l’on s’installe durablement en NASCAR. En premier lieu les dirigeants de la discipline, conscients de l’attrait de leur championnat en France et en Europe en général. Les fans aussi, qui apprécient ce petit côté « exotique » que je leur apporte. Ils sont souvent surpris que je vienne de « si loin » pour courir chez eux. En outre, être Français est vraiment un plus aux États-Unis. Pour les Américains, la France évoque le luxe, la gastronomie, un certain art de vivre, le romantisme… ça les fait rêver ! Et puis le film « Talladega Nights » a marqué les esprits aux États-Unis, et je m’amuse souvent à leur dire que je ne suis pas Jean Girard (rires) ! »

« Bref, beaucoup de gens veulent que je fasse ma place là-bas, et je suis persuadé qu’une bonne performance en camions à Daytona incitera des partenaires à miser sur moi, ils ne peuvent être que gagnants. À moi de faire le travail à la fin du mois… Il s’agit en tout cas d'une étape cruciale dans ma carrière ».