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Pourquoi les VÉ provoquent-ils la nausée chez les passagers? Il n'y a pas que le freinage régénératif

| Photo : D.Boshouwers
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Derek Boshouwers
Les preuves expliquant ce phénomène demeurent encore parcellaires, mais la réalité de la chose ne fait aucun doute.

Que vous aimiez les VÉ ou non, il y a un point qui ne prête guère à contestation : la conduite douce et silencieuse qu'offrent les véhicules électriques. Dépourvus du bruit mécanique, des changements de rapports et des vibrations des moteurs à combustion interne traditionnels, les modèles électriques — particulièrement les plus haut de gamme — promettent une sensation d'apesanteur sur la route. Mais comment se fait-il alors que l'on entende de plus en plus parler d'occupants, surtout des passagers, pris de nausées à leur bord?

Depuis que nous avons commencé à conduire des VÉ chez Auto123, nous partageons entre nous les plaintes de membres de nos familles et d'amis ayant été victimes du mal des transports. Peu importait la marque ou le modèle, la nausée finissait par s'imposer. Même au volant, il nous est arrivé d'éprouver cette sensation de « mal de cœur ».

À plus grande échelle, à mesure que les VÉ se sont démocratisés, il est devenu évident que nous n'étions pas un cas isolé. Les témoignages de banlieusards et de familles mettent en lumière une tendance frustrante : des passagers ressentent de soudaines nausées, des vertiges et des sueurs froides lors de trajets en voiture électrique. Souvent, ces symptômes apparaissent sur de courts parcours qui, par le passé, ne déclenchaient aucun inconfort. Que se passe-t-il donc? Car si les conducteurs de VÉ se disent souvent pleinement satisfaits de leur monture, les occupants des sièges passager et arrière trouvent de plus en plus l'expérience désagréable.

Le freinage régénératif
Notre premier réflexe a été de blâmer le freinage régénératif, où le ralentissement s'amorce dès que le conducteur relâche la pression sur l'accélérateur. Certes, il faut un certain temps et une bonne dose de discipline pour maîtriser cette fonction sans provoquer d'à-coups. Même s'il n'est pas totalement épargné, le conducteur est moins susceptible d'être malade puisqu'il exécute les gestes commandant le véhicule; son corps dispose ainsi de quelques microsecondes de plus pour anticiper le mouvement. Ce n'est pas le cas des passagers.

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Conflit sensoriel
Cela dit, les premières données suggèrent qu'il n'y a pas que cette fonctionnalité qui soit responsable de cette vague de mal des transports, rapportait la BBC cette semaine. À la base, le phénomène du « mal de cœur » découle d'un conflit sensoriel. L'équilibre humain repose sur une délicate harmonie entre les repères visuels, le système vestibulaire de l'oreille interne et la perception corporelle de l'espace. Lorsqu'une information sensorielle entre en contradiction avec une autre, le cerveau peine à analyser le mouvement.

Dans les véhicules à essence traditionnels, le vrombissement du moteur et les vibrations de la transmission fournissent des indices auditifs et physiques implicites qui permettent aux passagers d'anticiper inconsciemment les accélérations et les freinages. Le fonctionnement quasi silencieux d'un VÉ supprime ces signaux d'avertissement naturels. En conséquence, lorsqu'un véhicule électrique s'élance vivement vers l'avant, les passagers sont pris au dépourvu, subissant un mouvement physique que leurs sens visuel et auditif n'ont pas su prédire.

Certains facteurs mécaniques inhérents à la conception des VÉ viennent accentuer le problème. Notamment, les moteurs électriques livrent un couple instantané, générant des accélérations fulgurantes qui dépassent les attentes physiques des passagers.

Bien que les chercheurs rappellent que les études approfondies n'en soient qu'à leurs débuts et que la sensibilité individuelle varie selon l'âge et la génétique, l'industrie automobile prend le problème au sérieux. Certains constructeurs ont reconnu publiquement que ces symptômes découlent directement de la conception des groupes motopropulseurs électriques, incitant à des efforts pour affiner le comportement routier.

Les constructeurs explorent des solutions logicielles pour adoucir la livrée de puissance, des réglages de freinage régénératif adaptatifs diminuant les décélérations brusques, ainsi que des retours auditifs ou tactiles artificiels pour signaler les mouvements imminents aux passagers. De nombreux modèles récents permettent déjà aux conducteurs de régler ou de diminuer l'intensité du freinage régénératif afin de recréer une sensation de roulement en roue libre plus classique.

 

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Quelques conseils
Pour les passagers sujets aux nausées en VÉ, les experts recommandent de s'asseoir sur le siège avant, de regarder droit devant vers l'horizon plutôt que de fixer un smartphone ou un livre, d'appuyer fermement sa tête contre l'appuie-tête et d'ouvrir une fenêtre pour faire entrer de l'air frais. Adopter un style de conduite plus doux et progressif peut également réduire considérablement le stress physique imposé aux passagers.

Derek Boshouwers
Derek Boshouwers
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à plus de 30 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque