AM : À titre de propriétaire de Viper, achèteriez-vous le nouveau modèle? Pour faire de la course?
RG : Oui, assurément! Il faut la conduire pour se rendre compte à quel point ses qualités dynamiques sont supérieures. Le freinage, la tenue de route, l'ensemble de la voiture est fantastique. Tout comme moi, les propriétaires de l'ancienne Viper devaient apporter des modifications pour la rendre plus performante. La nouvelle est performante, dès le départ, sans modifications.
AM : À l'époque où Tom Gale était directeur du Design, les prototypes de Chrysler avaient toujours des lignes et des formes époustouflantes, mais on semblait miser peu sur les détails. Plus récemment, on semble fasciné par les détails de design?
RG : Ce fût une longue démarche pour en arriver là. Personnellement, je suis obsédé par les détails, et mes patrons le sont tout autant. Nous en avons fait notre mission. Regardez la Pacifica, par exemple, une voiture dont je suis très fier et où le traitement des détails est excellent. Mais, pour réussir cela, il faut un effort collectif. Il faut que tous, dans la compagnie, s'impliquent, et croient au projet
AM : Plusieurs des designers qui atteignent votre niveau dans les organisations se plaignent de ne plus avoir le temps de dessiner. Est-ce votre cas?
RG : En effet, c'est mon cas. Je ne dessine plus tellement. Par contre, je dessine parfois le soir, à la maison. Je fais fréquemment le tour de tous les studios de design pour voir ce qui s'y passe. De plus, j'enseigne maintenant le design au CCS, à Detroit. Même si c'est épuisant, je ne le fais pas seulement pour rendre un peu de ce qu'on m'a donné, mais, aussi, pour apprendre, pour rafraîchir mes idées. J'aime voir ce que peuvent faire de jeunes esprits que la réalité de l'industrie n'a pas encore corrompus. Alors, même si je ne dessine pas assez, tout cela m'aide à rester aux avant-postes. Sans parler des dizaines de magazines d'automobiles que j'achète chaque mois pour être au courant de tout ce qui se passe.
AM : Vous êtes payé pour faire ce travail. Y a-t-il des jours où vous pensez rêver?
RG : Absolument, je me pince chaque jour. Chez Chrysler, j'ai un contact tellement direct avec les dirigeants qui me font entièrement confiance. On me confie de nombreux projets, mais j'ai toujours beaucoup de marge de manoeuvre. C'était mon rêve et je le réalise! Vous savez, il n'y a jamais de journées ennuyeuses quand vous travaillez sur une voiture comme la Viper ! Si seulement je pouvais dessiner plus souvent...









