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Recyclage des huiles usagées

Recyclage des huiles usagées

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Chaque année, au Canada, on vend environ un milliard de litres d'huile lubrifiante; pourtant, on n'en récupère que 250 millions de litres. Le procédé de régénération de l'huile à son état initial est le reraffinage. Il est
possible de régénérer l'huile lubrifiante usagée un grand nombre de fois en n'en perdant que de petites quantités; ce procédé ne consomme qu'un tiers de l'énergie nécessaire au raffinage à partir du pétrole brut.

L'huile lubrifiante est un mélange d'hydrocarbures (longues chaînes d'atomes de carbone). Dans ces chaînes d'hydrocarbures, la plupart des molécules d'huile lubrifiante auront, en général, entre 25 et 40 atomes de carbone. L'huile usagée est habituellement un mélange de différents types d'huiles lubrifiantes contaminées ou modifiées chimiquement. Les contaminants les plus communs sont les salissures, les particules de métal, l'huile oxydée, les carburants et l'eau. Des changements chimiques peuvent également se produire quand un ou plusieurs atomes d'hydrogène de la chaîne d'hydrocarbures sont remplacés par de l'oxygène, du soufre ou d'autres éléments ou molécules.

L'un des procédés commerciaux utilisés pour régénérer l'huile usagée est la distillation/hydrotraitement sous vide. Ce procédé comporte deux phases : la distillation, qui élimine l'eau résiduaire et le carburant piégés, et l'hydrotraitement, qui élimine les impuretés comme le soufre, l'azote et les composés chlorés.

La distillation de l'huile usagée comprend quatre étapes. La première étape permet d'éliminer l'eau, la plupart des solvants et la fraction légère (l'essence, par exemple). L'eau résiduaire est traitée par un système d'épuration des eaux usées avant d'être rejetée dans l'environnement, et la fraction organique légère sert de combustible au procédé. L'huile ainsi purifiée passe par une étape de distillation plus poussée qui permet de séparer tout reste d'hydrocarbures par distillation sous vide dans une colonne de stripping. Au cours de ce processus, on chauffe l'huile sous vide à des températures basses. On évite de chauffer à des températures élevées pour empêcher les chaînes d'hydrocarbures de se briser ou de former un résidu solide ressemblant à du coke (matériau solide semblable au charbon). Le produit, qui ressemble au mazout, sert de combustible pour le reraffinage.

Les troisième et quatrième étapes de la distillation sont identiques et font appel à des évaporateurs à couche mince. Ces évaporateurs fonctionnent
sous un vide moins poussé et à des températures plus élevées que la colonne de stripping, ce qui permet l'évaporation sous forme gazeuse des huiles lubrifiantes et, ainsi, leur séparation des salissures et des autres impuretés physiques. Dans les évaporateurs à couche mince, l'huile s'écoule dans un échangeur de chaleur à double canalisation où un jeu de racloirs à lames étend l'huile usagée contre la paroi de la canalisation intérieure, ce qui facilite l'évaporation. Les gaz obtenus sont recueillis et condensés en huile liquide. Le résidu, substance qui ne s'est pas évaporée dans les troisième et quatrième étapes d'évaporation, est vendu comme diluant pour le goudron utilisé pour la réfection des toits et l'asphaltage des chaussées.

Après la distillation, l'huile liquide est traitée chimiquement à l'hydrogène dans des conditions de température et de pression élevées, afin de remplacer tout atome d'hydrogène manquant de la chaîne d'hydrocarbures et de catalyser l'élimination efficace du soufre, du chlore, de l'oxygène et de toute autre impureté.

Le produit final est de l'huile de base d'une qualité comparable à celle de l'huile lubrifiante neuve. On peut y ajouter divers additifs de façon à obtenir des huiles à moteur, des huiles hydrauliques ou d'autres huiles spéciales.

Origine de l'information : Frank Wagner, 1 (800) 265-2792, poste 325, Safety-Kleen, Breslau, Environmental Health and Safety Department