Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

Certaines marques de Stellantis pourraient être en péril

Les marques de Stellantis | Photo : Auto123
Obtenez le meilleur taux d'intérêt pour votre prêt auto chez Automobile en DirectTecnic
Benoit Charette
On miserait maintenant sur le volume, l’accessibilité et une gamme simplifiée.

Stellantis traverse une période de véritable remise en question. Depuis le départ abrupt de Carlos Tavares, le nouveau patron Antonio Filosa a instauré ce qu’il appelle une « salle d’urgence » pour relancer un groupe en perte de vitesse. Et il ne fait pas dans la dentelle : il donne la priorité au volume, aux prix accessibles et à une gamme plus simple, loin des mesures intensives de réduction des coûts qui caractérisaient l’ère Tavares.

Reprendre du volume, pas des marges
Antonio Filosa a hérité d’une situation difficile : les ventes américaines des marques du groupe ont plongé de 15 % l’an dernier. Selon Reuters, il veut désormais dépasser les prévisions des analystes en misant sur des modèles plus accessibles, quitte à sacrifier une partie des marges.

Les premiers signes sont encourageants. Au troisième trimestre, Stellantis a enregistré sa première hausse en huit périodes. Le patron évoque un objectif de marge opérationnelle ajustée de 6 à 8 % à moyen et long terme, mais les experts demeurent sceptiques : ils n’attendent pas plus de 5 % avant 2027.
 

Ram 3500 2025
Ram 3500 2025 | Photo : Ram

Un revirement complet de l’ère Tavares
La nouvelle stratégie renverse plusieurs décisions controversées de l’ancienne direction. Elle inclut un recul sur des objectifs électriques jugés trop ambitieux, un retour du V8 Hemi pour satisfaire la clientèle nord-américaine et une simplification de la gamme en fonction de la demande réelle plutôt que de la pression réglementaire.

Le contexte politique joue aussi en faveur de Stellantis : l’assouplissement des normes d’émissions fédérales sous Donald Trump offre au constructeur un environnement beaucoup moins contraignant.

Trop de marques ? Antonio Filosa prépare le « tri »
Stellantis compte 14 marques. Trop, selon plusieurs observateurs. Reuters rapporte qu’Antonio Filosa passe en revue chacune d’elles, et certaines pourraient ne pas survivre. DS et Lancia, notamment, devront prouver rapidement leur pertinence.

Au-delà des coupes possibles, la direction de Stellantis veut rétablir un lien solide avec les clients et les concessionnaires, après des années de stratégie axée presque uniquement sur les marges.

2026 : l’année de vérité
Stellantis joue gros. Le plan Filosa pourrait bien redonner du souffle aux marques Jeep et Ram, moteurs naturels du groupe en Amérique du Nord. Le point de vue de la « branche » européenne du géant automobile risque d’être un peu différent, cependant. Reste à voir si cette cure de simplification et de pragmatisme suffira à redresser un constructeur en perte de vitesse depuis plusieurs années.

Benoit Charette
Benoit Charette
Expert automobile
  • Plus de 30 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
  • Plus de 65 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à plus de 200 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque