Land Rover évalue la possibilité de construire une version camionnette de son VUS Defender sur le sol américain dans le cadre d'un partenariat avec Stellantis. Selon des informations publiées par The Times et Automotive News, ce projet potentiel marquerait le premier résultat tangible d'une collaboration annoncée par les deux constructeurs plus tôt cette année.
Aucun accord officiel n'a encore été annoncé entre les deux groupes, mais une confirmation pourrait survenir avant la fin de l'année.
Les tarifs douaniers en ligne de mire
La motivation principale derrière ce partenariat potentiel est le contournement de lourdes taxes d'importation. L'assemblage du nouveau modèle aux États-Unis permettrait à Land Rover d'éviter la fameuse « Chicken Tax », un tarif douanier de 25 % imposé sur les camionnettes légères importées. Land Rover importe actuellement l'ensemble de ses véhicules vendus aux États-Unis, ce qui les rend vulnérables à des droits de douane supplémentaires de 10 % pour les véhicules construits au Royaume-Uni et de 15 % pour ceux assemblés dans l'Union européenne, comme le VUS Defender fabriqué en Slovaquie.
Le directeur financier de Jaguar Land Rover (JLR), Richard Molyneux, a souligné qu'au lieu de déplacer la production actuelle de modèles à grand volume, le constructeur entend explorer de nouveaux segments avec des véhicules de marque Defender développés aux côtés de Stellantis. Cette expansion s'inscrit dans la stratégie globale de JLR visant à accroître ses activités aux États-Unis, d'autant plus que les ventes en Chine montrent des signes de ralentissement.

Les bémols
Tout cela est logique d'un point de vue stratégique. Cependant, plusieurs questions d'ingénierie et de production demeurent entières, notamment :
• Structure monocoque c. châssis séparé - Le Defender régulier fait appel à une construction monocoque, alors que les usines actuelles de camionnettes de Stellantis en Amérique du Nord se spécialisent dans les architectures à châssis séparé, comme celles qui sous-tendent les Ram 1500 et Jeep Gladiator.
• La question de la motorisation - Le choix du groupe motopropulseur représente aussi un obstacle. L'importation des moteurs Ingenium de Land Rover fabriqués au Royaume-Uni serait soumise à des tarifs douaniers, tandis que les moteurs de série de Stellantis pourraient nécessiter des modifications pour répondre aux exigences d'une marque de luxe.
Comme autrefois, mais différemment
Si ce projet se réalise, il ne s'agira pas de la première camionnette Land Rover proposée dans la région. Dans les années 1960 et au début des années 1970, British Leyland proposait déjà des variantes camionnettes des Series I et Series II aux États-Unis. Une camionnette Defender moderne viserait toutefois les acheteurs de véhicules haut de gamme axés sur le hors-route et le travail, se positionnant face à des rivaux comme l'Ineos Grenadier Quartermaster et les déclinaisons luxueuses des camionnettes grand format américaines.
Aucun des deux constructeurs n'a confirmé officiellement les caractéristiques techniques ou l'échéancier de lancement de ce potentiel véhicule conjoint.






