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Le projet de Stellantis de construire des VÉ chinois avec Leapmotor à Brampton frappe des turbulences

Stellantis propose de produire des VÉ du partenaire chinois Leapmotor à son usine de Brampton | Photo : Leapmotor
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Derek Boshouwers
Le géant de l'automobile souhaite importer des composants chinois et n'effectuer que l'assemblage final en Ontario ; Ottawa est contre.

Depuis qu'elle a déplacé la production prévue du Jeep Compass redessiné de Brampton vers les États-Unis, Stellantis cherche une utilité pour son usine ontarienne, actuellement inactive. Le mois dernier, elle a lancé l'idée d'y assembler des véhicules électriques (VÉ) avec son partenaire chinois Leapmotor.

Le projet semble séduisant, à l'exception d'un détail majeur : le plan prévoit l'expédition de pièces maîtresses fabriquées en Chine pour n'effectuer que l'assemblage final — ce que l'on appelle l'assemblage de pièces en prêt-à-monter (CKD pour Complete Knockdown) — aux installations de Brampton. Et cela, aux yeux des gouvernements fédéral et ontarien ainsi que des membres de la chaîne d'approvisionnement automobile canadienne, pose problème. Deux problèmes, en fait :

  • 1.    L'impact sur les fournisseurs : L'importation de la majorité des pièces porterait un coup de masse aux fournisseurs canadiens de pièces et de composants locaux.
  • 2.    La main-d'œuvre réduite : Restreindre la production au format CKD ne nécessiterait qu'une fraction de la main-d'œuvre requise pour une production complète de A à Z. Le président de la section locale 1285 d'Unifor, Vito Beato, a déclaré à Automotive News qu'une telle configuration ne demanderait qu'entre 200 et 300 travailleurs à l'usine de Brampton, soit à peine 10 % de l'effectif utilisé pour la production des Dodge Charger et Challenger, toutes deux assemblées là-bas précédemment.

 

Des véhicules Leapmotor
Des véhicules Leapmotor | Photo : Stellantis

Un précédent en Europe
Stellantis a déjà un précédent dans l'adoption de cette stratégie. Elle construit actuellement le VUS électrique Leapmotor C10 pour l'Europe dans une usine en Pologne, sous forme CKD. Les composants majeurs proviennent de Chine et y sont simplement assemblés.

Le gouvernement canadien, qui a fourni un soutien financier à Stellantis en Ontario et qui n'a pas apprécié le revirement de l'entreprise concernant le Jeep Compass, est actuellement en négociations avec le constructeur dans un contexte où la menace de poursuites judiciaires plane. Parvenir à un accord sur l'utilisation de l'usine de Brampton pour la production de Leapmotor serait un moyen pour les parties d'éviter l'affrontement. Cependant, Ottawa indique clairement qu'un accord ne se fera pas au détriment des fournisseurs automobiles canadiens.

| Photo : Stellantis

Le partenariat Stellantis-Leapmotor
Le partenariat entre Stellantis et Leapmotor continue de s'approfondir. Stellantis détient environ 20 % des actions de Leapmotor et une participation de 51 % dans Leapmotor International, la coentreprise créée pour commercialiser les véhicules de la firme chinoise hors de Chine. En Europe, Stellantis commercialise deux modèles de Leapmotor — le VUS C10 et la citadine T03 — et des rapports font état d'une collaboration plus étroite sur les fronts de l'ingénierie et du développement de véhicules.

Derek Boshouwers
Derek Boshouwers
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à plus de 30 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque