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Impasse dans les négotiations Stellantis-Unifor, l'avenir de l'usine de Brampton de plus en plus incertain

Trevor Longley, président et chef de la direction de Stellantis Canada, et Lana Payne, présidente nationale d’Unifor | Photo : Stellantis
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Derek Boshouwers
Après des ententes conclues avec GM et Ford, la troisième tentative s'avère beaucoup plus difficile.

Les négociations contractuelles entre Stellantis et Unifor ont tourné au point mort à la suite de dix jours de négociations à Toronto. Le constructeur automobile et le syndicat représentant des milliers de travailleurs canadiens n'ont pas réussi à s'entendre avant leur date butoir du 11 septembre.

Brampton au cœur de l'impasse
Au cœur du conflit se trouve le sort de l'usine d'assemblage de Stellantis à Brampton, en Ontario, actuellement à l'arrêt. Les deux parties se retrouvent dans une confrontation tendue, alors que la convention collective actuelle arrive à échéance le 20 septembre à 23 h 59.

On a également appris aujourd'hui la signature d'un protocole d'entente entre Stellantis et Roshel, un fournisseur canadien de l'industrie de la défense spécialisé dans les véhicules blindés, qui verrait ce dernier faire l'acquisition de l'usine de Brampton.

La troisième fois n'est pas la bonne
Plus tôt cet été, Unifor a négocié avec succès des ententes modèles avec Ford et General Motors, comprenant des augmentations salariales, une amélioration des conditions de travail et de nouveaux investissements dans leurs usines ontariennes. Mais les négociations avec Stellantis se révèlent beaucoup plus conflictuelles. La présidente nationale d'Unifor, Lana Payne, avait signalé la difficulté dès le départ, qualifiant cette ronde comme étant potentiellement la « plus exigeante à ce jour » pour le syndicat.

La raison principale réside dans l'usine de Brampton, inactive depuis 2023 à la suite de l'abandon des Chrysler 300, Dodge Charger et Dodge Challenger. Bien que Stellantis s'était initialement engagée à réoutiller l'usine pour y fabriquer le Jeep Compass de nouvelle génération, le constructeur est revenu sur sa promesse en octobre 2025, redirigeant la production vers les États-Unis en raison de l'impact des tarifs douaniers américains.

L'usine de Brampton de Stellantis, présentement à l'arrêt
L'usine de Brampton de Stellantis, présentement à l'arrêt | Photo : Stellantis

Les tensions ont monté d'un cran en août lorsque Stellantis a informé Unifor qu'elle envisageait sérieusement de fermer l'usine pour la vendre à un tiers. Le constructeur a maintenant confirmé la signature du protocole d'entente avec Roshel. Trevor Longley, président et chef de la direction de Stellantis Canada, a défendu cette vente potentielle, affirmant que Roshel « représente une voie solide vers le rétablissement d'activités durables à l'usine d'assemblage de Brampton, préservant ainsi le rôle stratégique du site dans le secteur de la fabrication de pointe au Canada ».

Sans surprise, Unifor voit rouge et rejette fermement la proposition. Le syndicat a déclaré que Stellantis n'a offert qu'un accord conditionnel à l'entente salariale modèle, en le liant explicitement à la fermeture de Brampton.

Unifor maintient qu'aucune entente de principe ne sera conclue sans une solution de rechange viable d'assemblage automobile pour ses membres de la section locale 1285 à Brampton, où plus de 2000 travailleurs sont toujours mis à pied. C'est ainsi que l'on se retrouve dans une impasse.

Dans l'usine de Windsor de Stellantis
Dans l'usine de Windsor de Stellantis | Photo : Stellantis

Sans oublier Windsor
Ajoutant à l'incertitude, Unifor a souligné que Stellantis n'a pas encore confirmé ses prévisions pour l'usine d'assemblage de Windsor — où sont construites les fourgonnettes Chrysler et la nouvelle Dodge Charger — ni pour l'usine de moulage d'Etobicoke. Le syndicat craint que la survie à long terme des activités à Windsor ne soit liée à la vente de Brampton.

Dans un communiqué, Unifor a averti que la vente de l'usine menacerait les salaires, les régimes de retraite et les avantages sociaux, tout en portant un coup dur à la base industrielle de l'Ontario. « Il n'existe aucune solution de rechange économique équivalente à l'assemblage automobile au Canada », a déclaré le syndicat, soulignant la vaste chaîne d'approvisionnement et les emplois syndiqués de qualité liés à la construction de véhicules.

Alors que les discussions officielles sont interrompues et que quelque 9000 travailleurs font face à une date butoir de grève imminente, le comité de négociation d'Unifor évalue actuellement ses prochaines actions tandis que Stellantis poursuit ses discussions avec les autorités gouvernementales concernant ses engagements non respectés.

Derek Boshouwers
Derek Boshouwers
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à plus de 30 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque