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Les conséquences des tarifs automobiles pour les pièces et les véhicules canadiens

Le Chevrolet Silverado est produit à l'usine d'Oshawa de General Motors | Photo : General Motors
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Derek Boshouwers
Le Canada a été épargné par les droits de douane réciproques, mais il est désormais soumis aux tarifs automobiles de 25 % qui lui avaient été promis.

Décoder ce que les constructeurs paieront, exactement, sur les véhicules et les pièces importés aux États-Unis est la nouvelle devinette à la mode cette semaine.

L’annonce hier concernant les nouveaux tarifs douaniers de l’administration Trump a été typiquement chaotique et déroutante. La longue liste des pays et des régions frappés par de nouveaux droits de douane réciproques sur tous les produits importés comprenait de minuscules atolls et des îles inhabitées. En revanche, le Canada et le Mexique n’y figurent pas.

Quel est le résultat ?
Tout d’abord, les tarifs de 25 % sur les véhicules sont bel et bien entrés en vigueur, et ce, depuis minuit hier soir. Ce matin, nous avons déjà constaté un premier résultat dans le secteur automobile, avec l’annonce par Stellantis d’une pause de deux semaines de la production à son usine de Windsor, en Ontario.

On peut s’attendre à ce que d’autres prennent leurs propres mesures, tôt ou tard. Rappelons que certains constructeurs ont pris l’initiative de transférer des stocks de pièces à l’intérieur d’entrepôts américains afin d’éviter les tarifs, mais ces stocks seront épuisés à un moment ou à un autre.

Dans l'usine de Stellantis à Windsor, en Ontario
Dans l'usine de Stellantis à Windsor, en Ontario | Photo : Stellantis

Un taux « réel » de 12-13% ?
Deuxièmement, le Canada souffrira un peu moins que les pays européens constructeurs d’automobiles, car les droits de douane de 25 % maintenant appliqués aux véhicules de ces pays sont fixes. En revanche, les véhicules canadiens importés aux États-Unis bénéficieront d’une réduction du pourcentage des droits de douane — un crédit, en quelque sorte — en fonction du nombre de pièces qu’ils contiennent qui sont fabriquées aux États-Unis. Selon les estimations qui circulent aujourd’hui, les véhicules importés aux États-Unis seront en moyenne soumis à environ la moitié du taux de 25 %.

Bien entendu, ce chiffre variera considérablement d’un constructeur à un autre et d’un modèle à l’autre. Certains véhicules pourraient n’être que très peu touchés, tandis que d’autres pourraient voir leur production être stoppée.

Troisièmement, s’il est indéniable que le « crédit » soulagera quelque peu les constructeurs qui produisent des véhicules et des composants au Canada, les droits de douane qui seront appliqués feront mal. Des analystes de l’industrie soulignent que, compte tenu d’une marge bénéficiaire moyenne de 6 % à 7 % sur les nouveaux véhicules, les constructeurs ne peuvent pas absorber une augmentation de 12 % à 13 %. Produire de nouveaux véhicules ne ferait aucun sens sur le plan économique.

Bien entendu, de façon générale, les constructeurs n’absorberont pas les coûts. Ceux-ci seront refilés aux consommateurs américains. Et pas seulement sur les véhicules produits en tout ou en partie au Canada. Une source œuvrant au sein d’un constructeur nous a mentionné que son entreprise prévoyait de répartir l’augmentation des coûts sur l’ensemble de sa gamme de produits, y compris sur les véhicules entièrement fabriqués aux États-Unis.

Nous verrons dans les jours et les semaines à venir comment les choses vont évoluer à l’intérieur d’une réalité meublée d’incertitudes. S’il y a bien une chose que les entreprises détestent, ce sont les incertitudes.

Derek Boshouwers
Derek Boshouwers
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant que journaliste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à plus de 30 lancements de nouveaux véhicules en carrière en présence des spécialistes techniques de la marque