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Vous êtes-vous surendettés pour acheter votre véhicule?

Vous êtes-vous surendettés pour acheter votre véhicule?

Le nombre de prêts automobiles a explosé depuis quelques années Par ,

Faites-vous partie des Canadiens qui ont contracté un prêt auto de 7 ou 8 ans, ou un financement à un taux de plus de 10 %? Un article du magazine Protégez-Vous paru le 6 août cite un rapport de l’Automobile Consumer Coalition (ACC), qui soutient que le danger d’une crise des « subprimes » nous guette. En effet, le plus grand nombre de prêts automobiles accordés depuis 8 ans au pays dépasse les 120 milliards de dollars… ce qui découle en partie de la durée des prêts, plus longue qu’auparavant. Résultat : des ventes de voitures en très forte progression, malgré une économie qui fonctionne au ralenti.

Ainsi, on risquerait d’assister à une crise de l’endettement comme celle qu’ont connu nos voisins du Sud avec l’immobilier il y a quelques années. Et comme le rapport le précise, s’il peut être fort alléchant de profiter d’un prêt de 84 mois à 0 % d’intérêt, les Canadiens en profitent pour acheter un véhicule plus gros ou plus cher, au lieu d’investir ces économies dans des placements par exemple. Sans compter la dépréciation du véhicule, qui pourrait faire en sorte qu’il vous reste un solde important à payer – une « balloune » dans le jargon du milieu de l’automobile – si vous voulez acheter un nouveau véhicule.

Un sondage réalisé par l’ACC auprès de 1016 automobilistes partout au Canada révèle que 69 % d’entre eux ont contracté un prêt auto de 72 mois et plus. Par ailleurs, une personne sur 3 a affirmé ne pas avoir de « coussin » pour pouvoir payer la facture en cas de bris mécanique. 

«C’est une illusion de croire qu’on peut acheter un véhicule plus gros ou plus luxueux pour le même prix. Le montant des mensualités sera le même [que celui d’une auto plus petite], mais l’entretien, le prix des pneus et la consommation d’essence seront plus élevés», selon George Iny de l’Association pour la protection des automobilistes.

Et la 2e – et 3e – chance au crédit dans tout ça?
Le rapport de l’ACC fait aussi état de l’augmentation des prêts dits à risque, c’est-à-dire accordés à des gens qui ont soit un mauvais crédit, soit un ratio d’endettement trop élevé. Si certes ces prêts à 15, 20 ou 25 % d’intérêts permettent dans certains cas de rétablir partiellement sa réputation de crédit en montrant aux créanciers éventuels qu’on peut payer ses dettes, reste qu’à l’heure actuelle, 25 à 35 % du financement automobile fait partie de cette catégorie. La popularité de ces 2e, voire 3e chances au crédit est flagrante, avec de plus en plus de détaillants qui la proposent à sa clientèle. Du coup, bien des consommateurs paient presque le double de la valeur du prêt initial en frais d’intérêts et ajout d’une dette précédente par exemple. Cette dernière pratique, si répandue soit-elle dans l’industrie, est interdite au Québec par la Loi sur la protection du consommateur.

Lorsque vous irez acheter votre prochain véhicule, posez-vous les questions suivantes : ai-je vraiment besoin d’un véhicule plus gros pour le prix d’une berline, mais que je paierai 3 ans de plus? Pourrais-je acquitter les frais d’essence, de pneus et d’entretien supplémentaires? Suis-je prêt à payer 22 % d’intérêt pendant 5 ans et payer mon véhicule 40 000 $ au total au lieu de 20 000 $? La réponse viendra sans doute d’elle-même…