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Volkswagen accusée d’avoir falsifié ses données antipollution aux États-Unis

Volkswagen accusée d’avoir falsifié ses données antipollution aux États-Unis

Le constructeur suspend la vente de certains modèles diesel jusqu’à nouvel ordre Par ,

Volkswagen accusée d’avoir triché aux contrôles antipollution américains? La nouvelle a eu l’effet d’une bombe partout sur la planète et a fait plonger l’action de Volkswagen de plus de 20 % à l’ouverture des marchés, sa plus forte baisse en 78 ans d’existence, ce qui a fait fondre sa capitalisation boursière de près de 17 milliards d’euros. En effet, Reuters rapporte que le mastodonte allemand, qui regroupe sous son étendard une douzaine de constructeurs dont Volkswagen, Audi, Bentley et Lamborghini, a équipé 482 000 véhicules de marque Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux États-Unis, d'un logiciel sophistiqué en mesure de détecter automatiquement le moment où ils étaient soumis à un test de mesure antipollution, selon les autorités américaines. Par conséquent, la vente des modèles diesel 4 cylindres de Volkswagen et d’Audi 2015 et 2016 est suspendue jusqu’à nouvel ordre aux États-Unis, qui représentait près du quart des ventes totales du constructeur dans le pays. Quant aux modèles munis du logiciel ayant servi à falsifier les données, ils font l’objet d’un rappel au pays de l’Oncle Sam : 

  • Jetta 2009 à 2015;
  • Beetle 2009 à 2015;
  • Golf 2009 à 2015;
  • Passat 2014-2015;
  • Audi A3 2009 à 2015.

Le fonctionnement de ce logiciel est tout simple : lors du test antipollution, il enclenchait un mécanisme qui limitait la quantité d’émissions polluantes et permettait aux véhicules de passer haut la main les contrôles antipollution alors qu’en réalité ils étaient moins écologiques, selon l’AFP. Le président et chef de la direction de Volkswagen, le Prof. Dr. Martin Winterkorn, a affirmé dans un communiqué qu’il est « personnellement et profondément désolé que nous ayons brisé la confiance de nos clients et du public » et qu’il collaborerait pleinement avec les autorités américaines pour établir les faits. De même, une enquête a été lancée à l’interne pour faire la lumière sur cette histoire. « Nous ne transgresserons pas et nous ne tolérerons pas quelque violation que ce soit de nos règlements internes ou des lois », a-t-il ajouté. Après la guerre intestine qui l’avait opposé à Ferdinand Piëch pour la direction du groupe, est-ce que les jours de Martin Winterkorn à la tête de Volkswagen seraient comptés? Chose certaine, il se trouve dans une position très inconfortable.

Des amendes plus que salées sont à prévoir
Volkswagen, qui a reconnu les faits vendredi dernier, s’expose à de très fortes amendes qui pourraient, selon Reuters, atteindre les 18 milliards de dollars américains. Si l’on ajoute les pertes subies en Bourse avec la dégringolade du titre, la suspension des ventes sur le marché américain et les répercussions futures sur l’image du constructeur, la perte financière pourrait s’avérer catastrophique pour le géant européen, sans qu’il soit possible pour le moment de la quantifier. 

Le gouvernement allemand n’entend pas demeurer les bras croisés face à ce scandale de falsification des normes antipollution, demandant à tous les constructeurs automobiles de lui transmettre les informations pertinentes pour voir si celles-ci n’auraient pas été trafiquées également. Il n’est pas exclu que les autorités de d’autres pays fassent leurs propres enquêtes, question de s’assurer que les fabricants respectent les normes environnementales en vigueur. La bourde de Volkswagen a en effet coûté cher à l’ensemble de l’industrie automobile, plusieurs constructeurs ayant enregistré des pertes en Bourse, bien que pour le moment aucun d’entre eux ne soit impliqué dans quelque falsification que ce soit.

Et pendant ce temps-là, au Salon de Francfort…
Les visiteurs sondés au Salon de Francfort par l’AFP ont des opinions partagées sur la tricherie monumentale de Volkswagen. Si plusieurs se disent « choqués » et « surpris » qu’un tel geste ait été posé par le géant allemand (aurait-il été moins choquant s’il avait été commis par un autre constructeur? Ndlr), d’autres réitéraient leur confiance en la marque, estimant qu’il s’agissait de « très bonnes voitures » et que ce scandale n’était qu’une « égratignure pour Volkswagen, mais que l’image du groupe reste bonne ». Rappelons également qu’il y a quelques jours, Volkswagen avait annoncé au Salon la commercialisation de 20 modèles hybrides et hybrides enfichables d’ici 2020.

Chose certaine, Volkswagen ressortira passablement écorchée de cette histoire, elle qui connaissait déjà une période difficile avec des ventes en chute libre en Chine et qui tentait de séduire le marché américain avec ses modèles diesel. À l’heure actuelle cependant, il est impossible de prédire les répercussions à moyen et long terme de cette tricherie, qui pourrait s’avérer plus étendue si les autorités d’autres pays confirment elles aussi que Volkswagen a falsifié les données. Et reste à savoir également si d’autres constructeurs optaient pour de telles pratiques, pour faire croire que leurs véhicules étaient plus écologiques qu’ils ne le sont en réalité. Si tel est le cas, alors la mise au jour de ce scandale éclaboussant Volkswagen ne pourrait être que la pointe d’un – gros – iceberg…