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L’Acura NSX : comment expliquer une si faible diffusion?

Plus tôt cet été, j’ai pu mettre à l’épreuve la supervoiture nipponne, sur un circuit assez sinueux dans la région de Toronto. L’Acura NSX m’a impressionné pour sa tenue de route, mais aussi pour sa facilité d’approche, l’exotique surpuissante qui s’avère aussi simple à conduire qu’une Honda Civic. C’est d’ailleurs le cas avec plusieurs bolides de cette trempe de nos jours. Ce n’est pas pour rien que les constructeurs de prestige connaissent autant de succès auprès des nouveaux riches. Après tout, un  gros compte de banque ne vient pas automatiquement avec une licence de pilote chevronné.

Le seul problème – qui n’en est pas vraiment un – avec cette séance en circuit fermé, c’est que mon premier contact avec l’exotique s’est justement limité à ce circuit de développement du complexe MoSport, à Bowmanville. L’aile canadienne a toutefois piqué ma curiosité lorsqu’elle m’a proposé de prendre ladite voiture sur la route pour un essai plus conventionnel en sol montréalais.

Et puisque j’ai déjà énuméré les qualités de la voiture en situation de conduite sportive, il a été convenu avec mes supérieurs chez Auto123 d’aborder ce deuxième contact en essayant de trouver des particularités de cette intrigante NSX qui expliquent pourquoi un bolide qui fait autant tourner les têtes s’écoule au compte-goutte depuis son arrivée sur le marché en tant que modèle 2017.

D’ailleurs, sans vouloir tourner le fer dans la plaie, l’arrivée de la nouvelle Chevrolet Corvette C8 va assurément faire mal aux ventes déjà timides de la NSX, mais bon, le retour de la supervoiture japonaise a toujours été considéré comme une manière de ramener une aura plus sportive au sein de la gamme qui en a reperdu au fil des années, et pas nécessairement une machine à profit.

Une 2018, pas une 2019!
Avant de commencer, je dois tout de même préciser que l’exemplaire fourni pour cet essai était une livrée 2018, la bande chromée à l’avant du véhicule qui a vendu la mèche sur l’âge de la voiture. En effet, la NSX 2019 vient avec une bande agencée au reste de la voiture. La bonne nouvelle, c’est que les distinctions entre les deux années-modèles sont très minimes.

Photo : V.Aubé

Un habitacle trop sobre
Dans le monde de plus en plus peuplé de l’exotisme automobile, chaque détail compte et lorsqu’une voiture aussi jolie à l’extérieur propose une planche de bord digne de n’importe quelle autre berline du groupe, ça laisse sur son appétit. La qualité des matériaux n’est pas en cause ici, ni même l’ergonomie, mais il manque cette étincelle que d’autres exotiques possèdent. Avec la NSX, Acura doit prendre des risques et sortir des sentiers battus.

Photo : V.Aubé

Un système infodivertissement à revoir
L’Acura NSX doit malheureusement composer avec un système infodivertissement vieillissant. La qualité des graphiques est en deçà de ce qui est disponible sur le marché à l’heure actuelle. À l’ère de la connectivité, l’écran tactile en plein centre du tableau de bord devrait impressionner autant que les capacités de la voiture sur la voiture. Les constructeurs le répètent sans cesse : la technologie montée à bord fait vendre des voitures.

Photo : V.Aubé

Des sièges pas assez enveloppants
Je l’ai remarqué lors de mon expérience sur la piste : les sièges baquets n’offrent pas assez de support dans les virages abordés à vive allure. Évidemment, cette facette est moins importante au quotidien, surtout dans un bouchon de circulation où l’incroyable tenue de route de la NSX est inutile à 5 km/h! Mais, lorsqu’une belle route de campagne sinueuse se présente, ces deux sièges sport mériteraient un peu plus de rembourrage. En revanche, je comprends la décision des stratèges de la marque d’avoir opté pour cette sellerie plus accessible; disons seulement que c’est plus facile de s’asseoir à bord.

Photo : V.Aubé

Le coffre, quel coffre?
La NSX n’est pas l’exotique la plus « utilitaire » du segment. J’en conviens, une voiture aussi pointue n’a pas besoin d’être pratique. Le coffre logé derrière la mécanique centrale n’est pas très volumineux et n’offre même pas un plancher plat. C’est le prix à payer pour rouler à bord d’une fusée sur roues. Bon, je l’avoue, je suis allé à l’épicerie de mon quartier et j’y ai engouffré quatre ou cinq sacs de taille normale.

Photo : Acura

Le mode « Quiet »
Au fait, saviez-vous que la NSX était une voiture hybride? En plus du moteur V6 biturbo, la supervoiture nipponne peut compter sur trois moteurs électriques additionnels, dont deux qui sont boulonnés à l’avant. Autrement dit, la voiture peut rouler en mode strictement électrique, mais il faut faire preuve de délicatesse. Une trop grosse pression sur la pédale de droite et le V6 est sollicité à nouveau.

Autre détail, l’énergie accumulée dans le bloc de batteries s’estompe très rapidement si on se fie à la jauge d’instrumentation. Bref, le mode « Silencieux » s’applique très rarement en ville. Par contre, dans le trafic, ce mode de conduite est parfait pour sauver quelques sous à la pompe. Pour le reste, les modes de conduite plus aiguisés conviennent mieux au caractère de la voiture.

Photo : V.Aubé

Un système d’échappement pas assez musical
Lors de mon passage au circuit ontarien, le but de l’exercice était simplement de voir à quel point la NSX est une voiture agile lorsqu’elle est sollicitée au maximum. En mode Piste, la sonorité de l’engin n’est pas si mal, surtout lors des accélérations, mais face à d’autres voitures du segment, la NSX n’est vraiment pas aussi expressive à ce chapitre.

Comme l’un de mes collègues m’a fait remarquer, l’industrie de la pièce de remplacement offre déjà des solutions pour faire chanter un peu plus ce merveilleux V6, mais quand même, lorsqu’un consommateur débourse 240 000 $, il est en droit de s’attendre à une mécanique capable de réveiller tout le quartier.

Photo : V.Aubé

Le mot de la fin
La diffusion très limitée de l’Acura NSX sur notre continent s’explique par plusieurs facteurs, dont ceux que je viens d’énumérer, mais il ne faudrait pas oublier la concurrence très féroce que se livrent les joueurs dans ce créneau. À ce prix, ce n’est pas le choix qui manque et Acura doit également composer avec cette image pas aussi prestigieuse que d’autres enseignes possèdent comme Porsche ou Aston Martin par exemple.

Malgré tous ces petits bobos, je persiste à croire que la NSX a sa place à côté des meilleures exotiques du moment. La motorisation hybride n’est pas très répandue du côté des exotiques, ce qui me pousse à lever mon chapeau en direction des ingénieurs de la marque d’avoir osé avec la NSX.

De plus, l’Acura la plus dispendieuse sur notre marché est très facile à vivre au quotidien et pourrait même être utilisée douze mois par année (à cause de son rouage intégral), même si je ne le recommande pas à cause du calcium sur nos routes. Quant à son potentiel de performances, il est très relevé pour une voiture qui enregistre une moyenne de 12 L aux 100 km… sur la route bien sûr!

Photo : V.Aubé
Photo : V.Aubé
Photo : V.Aubé
Photo : V.Aubé
Photo : V.Aubé