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Essai de la Chevrolet Volt 2019 : 35 000 km avec 550 $ d’essence

Quelque part vers la fin de l’année 2018, une nouvelle aussi prévisible qu’étonnante est tombée ; Chevrolet annonçait qu’elle allait retirer la Volt de son catalogue.

Prévisible, oui, car la berline est en perte de vitesse partout en Amérique du Nord. Dans les cas des constructeurs américains, c’est simple, ces dernières tombent comme des mouches.

Étonnante, également, car la Volt est plus qu’une voiture chez Chevrolet. En fait, il s’agit d’un symbole pour General Motors. Rappelons-nous qu’il y a 10 ans, on parlait de l’arrivée prochaine de cette voiture révolutionnaire.

Il est vrai que la Volt l’a été. Cependant, avec l’arrivée prévue de voitures entièrement électriques en quantité industrielle, combiné à l’euphorie que génèrent les VUS auprès des amateurs, la Volt a déjà fait son temps, aussi incroyable que cela puisse paraître.

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Photo : D.Rufiange

L’an dernier, aux États-Unis, 18 306 unités ont trouvé preneur. C’est quatre à cinq fois moins que la Toyota Prius et un recul de 10 % par rapport à 2017. Au Canada, les ventes sont demeurées stables, à quelques unités près, avec 4322 transactions.

Il est clair que la division en espère davantage. Ça explique le départ de la Volt qui sera remplacée, c’est une question de temps avant qu’on nous le confirme, par une bibitte qui va ressembler à un VUS qui viendra poursuivre son œuvre.

En attendant, des modèles sont toujours à vendre et au cas où vous l’ignoreriez, la Volt est encore un des meilleurs achats que vous puissiez faire dans l’univers de la voiture « verte ».

Photo : D.Rufiange

Mission
La Volt, depuis le jour 1, est porteuse d’une mission, soit celle d’offrir une solution différente, une susceptible de faire de l’électricité la solution de l’avenir. L’acheteur du modèle, lui, est aussi en mission. En mission pour faire sa part, sentir qu’il contribue à réduire la pollution, à sa façon.

Ou simplement réduire substantiellement sa facture en essence. Car au-delà de considérations purement écologiques, la Volt permet à celui ou celle qui correspond au profil de faire fondre sa dépendance au pétrole.

Et pourquoi pas une voiture électrique, alors ? Parce que ledit intéressé n’est pas rendu là, et parce qu’il souhaite pouvoir rouler au-delà de la panne de courant, tout simplement.

Photo : D.Rufiange

35 000 km pour 550 $
Un peu plus loin, je vais vous raconter, très brièvement, ma courte expérience d’une semaine avec la Volt, période qui s’est terminée par une consommation moyenne de 4,7 litres aux 100 kilomètres. J’ai roulé de longues distances, sans toujours avoir l’occasion de brancher la voiture (J’ai déjà parcouru plus de 300 kilomètres en maintenant une moyenne de 1,6 litre avec le modèle d’ancienne génération).

En fait, tout dépend de l’utilisation que l’on en fait et de l’assiduité avec laquelle on branche la voiture. En mode hybride, GM parle de médianes de 5,5 et de 5,6 litres aux 100 kilomètres pour le combiné ville/autoroute.

Et pourquoi est-ce que je vous parle de 35 000 km sur seulement 550 $, alors ? Parce qu’il s’agit d’un cas vécu, de celui de ma cousine plus précisément, à qui j’ai recommandé l’achat de cette voiture il y a maintenant 18 mois. Son cas illustre parfaitement à quel point la Volt peut être une auto fantastique.

Photo : D.Rufiange

Quand les astres s’alignent
Pour cela, nos besoins doivent pouvoir être répondus par les capacités de la Volt. La cousine en question, qu’on prénommera fictivement Manon pour les besoins de la cause, a trouvé chaussure à son pied avec cette voiture.

Sa situation est la suivante. Elle parcourt 100 km par jour pour l’aller-retour au travail. Là, elle a la possibilité de recharger la voiture. Conséquemment, tous ses déplacements pour le travail se font en mode électrique.

Avant d’acheter une Volt, elle faisait un don annuel de 3500 $ aux pétrolières. Maintenant, elle estime sa dépense en pétrole à quelque 300 $, auquel il faut ajouter environ 250 $ d’électricité pour la recharge de la voiture à la maison. Faites le calcul, elle économise grosso modo 3000 billets verts tous les 12 mois.

Sur une période de cinq ans, c’est 15 000 $ d’économies. Oui, la voiture lui a coûté plus cher qu’un autre modèle qu’elle aurait pu se payer, mais une fois les cinq années passées, toute somme supplémentaire épargnée sera de l’argent en banque.

Comme l’expression le dit si bien, si le chapeau vous fait…

Photo : D.Rufiange

L’offre
La Volt est proposée sous deux configurations, soit la proposition de base ainsi que celle qui prend l’appellation Premier. C’est cette dernière que j’avais à l’essai. Les prix varient entre 40 195 $ et 45 195 $, avant bien sûr les rabais gouvernementaux offerts par les provinces de Colombie-Britannique et Québec.

Entre les deux, vraiment, il n’en revient qu’à vos nécessités en matière de luxe. Le choix de ce modèle va au-delà de son équipement ; une version vaut l’autre ; une question de goût. Et si le produit est sur votre liste, faite vite ; on parlera d’une voiture de collection sous peu.

Verdict
C’est rare que je l’avoue à propos d’un modèle en particulier, mais je suis un admirateur de la Volt depuis le premier jour. Pour moi, elle représente la solution parfaite. L’idée de pouvoir rouler électrique me séduit tout autant que celle de savoir que je ne manquerai jamais de courant.

Qu’en sera-t-il dans 10 ans, quand les bornes de recharges seront aussi nombreuses que les stations-service et qu’on rechargera nos voitures en 5 minutes ? Je ne sais pas, mais ma pensée évoluera, assurément. Pour l’instant, la Volt me convainc et je la recommande sans hésiter.

Et, fait rare, je n’ai pas encore rencontré un propriétaire déçu de son modèle. AUCUN ! Voilà qui en dit beaucoup.

Photo : D.Rufiange

Des critiques ? Oui, évidemment. J’aurais aimé et aimerais voir une Volt (ou sa successeure) avec 200 ou 300 kilomètres d’autonomie. J’aurais aussi souhaité que Chevrolet conserve le design de la voiture original, beaucoup plus engagé. Avec la mouture actuelle, on a voulu plaire à tout le monde et au final, on a accouché d’un produit très générique. Elle est aussi excitante à regarder que la reprise d’un mauvais film. Où est l’audace ?

Oh, le système de frein est à surveiller ; usure prématurée de certaines composantes, parole du mari de la cousine en question, mécanicien de formation.

Malgré tout cela, on se plaît à bord. L’environnement est feutré et la conduite est rassurante, solide. Surtout, on se réjouit du coût d’utilisation au quotidien.

Et c’est pas mal tout ce qui compte, franchement.

Photo : D.Rufiange

Conclusion
La Volt ne sera peut-être plus là bientôt, mais il faudra toujours la percevoir comme une pionnière, à l’instar de la Tesla Model S, de la Nissan LEAF et de la Chevrolet Bolt.

Sa belle histoire s’achève, mais elle aura permis à la compagnie d’en écrire d’autres.