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Essai de la McLaren 570S Spider 2018

Le nom McLaren évoque le monde ultra exclusif de la Formule Un. Pour plusieurs, cette firme britannique se résume à ça, une écurie de F1 au passé glorieux même si, par les temps qui courent, la gloire ne passe pas trop souvent par les paddocks de l’écurie aux couleurs orangées, l’alliance avec Honda ne donnant pas les résultats escomptés.  

Le nom McLaren rappelle également les années 90, alors que ce petit constructeur a décidé de s’attaquer au record de vitesse de pointe d’une voiture de production – le constructeur va d’ailleurs réussir – avec un modèle simplement baptisé F1. La McLaren F1, avec son poste de pilotage central (et ses deux sièges en retrait), ses portières en ailettes, sa motorisation centrale empruntée à BMW – un V12 fortement retravaillé par les sorciers britanniques – et une boîte séquentielle, séduisait malgré une silhouette fonctionnelle.  

McLaren aujourd’hui
Or, depuis quelques années, McLaren est revenu dans l’arène de l’exotisme automobile avec des bolides impressionnants comme la MP4-12C, la 650S ou même l’incroyable P1, classée dans la catégorie supérieure des hypervoitures. Et on commence même à en apercevoir à l’occasion, le constructeur ayant pignon sur rue dans les grands centres canadiens.

Bien entendu, à un prix de départ tout juste sous la barre des 200 000 $, une McLaren 570S Coupé n’a rien, mais vraiment rien d’une aubaine. Mais, pour certains clients en moyens, la porte d’entrée de la marque se veut un choix probablement plus original qu’une Porsche 911 Turbo S, une Audi R8 ou même une Lamborghini Huracan. Oui, vous avez bien lu… ces trois excellentes options sont plus populaires que la création de Woking, en Angleterre. Bref, si on résume, l’acquisition d’une McLaren 570 S Spider – comme dans le cas qui nous intéresse ici – est une manière simple d’afficher sa marginalité, mais peut-être aussi une excellente solution pour retrouver le goût de « piloter » au quotidien. 

McLaren Canada m’avait invité à vivre cette expérience sensorielle hors de l’ordinaire au volant d’une 570S Spider 2018, un bolide qui ne passe vraiment pas inaperçu où que vous soyez sur la planète. La tentation était trop forte pour découvrir si cette décapotable est parfaite pour prendre un bain de soleil.  

Un éventail technologique
Même si la 570S se retrouve au premier échelon de la gamme du constructeur, le niveau technologique n’a rien à envier aux autres modèles disponibles chez McLaren. Du châssis réalisé entièrement en fibre de carbone – qui n’a aucunement besoin de renforcement malgré le toit enlevé – aux portières en élytre, sans oublier la mécanique V8 biturbo montée en position centrale, la 570S Spider est un trou sans fin de technologies.  

Bien entendu, l’appellation Spider rappelle que le toit rigide peut se replier derrière les occupants, et ce, en 15 secondes seulement. Par rapport au coupé, la 570S Spider se distingue par un aileron arrière légèrement plus élevé, l’aérodynamisme de la Spider étant différent de celui du coupé. Justement, parlons-en de ce toit, lui qui ajoute 46 kg au poids de la voiture, pour un total de 1503 kg. On parle ici d’un poids total équivalent à celui d’une Hyundai Sonata de base, ce qui confère un rapport poids/puissance de 2,7 kg par cheval-vapeur, une statistique tout à fait dans la moyenne de cette catégorie exotique. 

La mécanique V8 biturbo d’une cylindrée de 3,8-litres est la même qui prend place à bord de tous les bolides récents de la marque – à l’exception de la plus récente 720S –, mais celle-ci est développée spécifiquement pour cette application. Autrement dit, le constructeur peut facilement jouer avec la puissance de l’engin. 

48 670 $ d’options
Une McLaren 570S Spider commande un prix de départ de 247 500 $ canadiens, mais comme c’est la norme dans le créneau exotique, le carnet des options peut très rapidement faire grimper cette somme au-delà des 300 000 $. L’exemplaire prêté pour cet essai estival comptait justement 48 670 $ d’options ajoutées. Faisons le compte si vous le voulez bien : un ensemble fibre de carbone extérieur (4290 $), un ensemble fibre de carbone intérieur (7300 $), un ensemble de luxe (7420 $), la peinture spéciale (1900 $), le système d’échappement sport (4470 $), le toit de couleur palladium (2900 $), l’intérieur par McLaren Designer (3400 $), les jantes allégées (3560 $), la finition « coupée au diamant » des jantes (2050 $), la couleur spéciale des étriers de freins (1210 $), le système de soulèvement de la voiture (1700 $) – très utile en passant sur les routes usées par le temps –, le drap de protection (610 $), le chargeur de batterie au lithium-ion (250 $) et le tonneau en fibre de carbone (7610 $) pour un grand total de 296 170 $, et ce, avant les frais de préparation. Du nombre, le système de soulèvement, le système d’échappement sport et les jantes allégées sont incontournables pour l’amateur de conduite qui veut utiliser sa voiture le plus souvent possible.

Au volant… d’une fusée confortable!
Ce premier contact avec cette voiture d’exception m’a surtout permis de constater à quel point le constructeur excelle dans les éléments suspenseurs de ses bolides. Une voiture exotique est supposée être « tape-cul », surtout sur les routes usées du Québec. Mais la McLaren 570S Spider n’a fait qu’une bouchée des surfaces irrégulières de notre réseau routier. J’ai eu beau pousser la machine (jusqu’à une certaine limite), la voiture n’a pas bronché et, mieux encore, je suis revenu à la maison frais et dispo comme si je venais de conduire une grande berline confortable au possible. 

N’allez surtout pas croire que cette exotique est d’un ennui mortel à conduire. Au contraire, la McLaren 570S Spider est tout à fait à l’autre bout du spectre. Un heureux mélange d’adrénaline, de musicalité à la fois rauque et aigüe, de tenue de route incroyable, de freinage extra mordant, bref les qualificatifs me manquent! 

Le volant de la 570S, probablement l’un des meilleurs que j’ai pu tenir entre mes mains au fil de ma carrière, abrite des palettes en fibre de carbone dont le plaisir croît avec l’usage. La position de conduite, primordiale à bord d’un tel vaisseau, se trouve en un tour de main, même si les boutons pour les sièges sont drôlement placés. Il est préférable de garder en mémoire les ajustements voulus. Toutes les commandes de la boîte de vitesses sont logées entre les deux occupants, les petites molettes permettant de changer le tempérament de la voiture selon l’humeur du moment. Ce qui impressionne surtout, c’est que même le mode Track peut être utilisé sur route.  

Malgré le temps limité passé au volant de cette 570S Spider, la sensation ressentie à bord de cette voiture est unique. Quand une voiture est amusante à conduire à basse vitesse, c’est qu’elle l’est encore plus lorsque la cadence augmente. Comme c’est le cas pour plusieurs voitures de haut niveau de nos jours, la McLaren est d’une facilité déconcertante à conduire. La direction est très communicative de l’état de la chaussée, la boîte de vitesses change les rapports à une vitesse impossible à suivre et le souffle des turbos est incroyable. Rouler à 200 km/h est un exercice facile à réaliser à bord d’une telle voiture. De plus, malgré la motricité limitée à deux roues, cette 570S Spider n’a jamais démontré une faiblesse sur les routes empruntées pour cet essai. 

Le mot de la fin
L’ennui avec un tel essai, c’est qu’il laisse sur son appétit. J’aurais pris 1000 km de plus ou, mieux encore, quelques tours de piste auraient été instructifs sur les capacités de cette incroyable voiture. La plupart des voitures modernes sont trop puissantes pour les besoins d’une conduite quotidienne, et la 570S Spider ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu à ce chapitre. Mais, je me dois de le rappeler, cette exotique pourrait facilement jouer le rôle de « voiture de tous les jours » à quiconque a les moyens de se payer une telle dose d’adrénaline. 

Croyez-moi, elle en vaut vraiment la peine!