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Le contrôle de vecteur de force G de Mazda testé et expliqué

Le contrôle de vecteur de force G de Mazda testé et expliqué

Un concept pas si bête que ça Par ,

À une ère où plusieurs joueurs de l’industrie s’affairent à rendre les voitures de demain plus autonomes, d’autres – heureusement pour tous ceux qui aiment encore conduire – privilégient une approche plus traditionnelle, vous savez celle qui « oblige » l’être humain à avoir le contrôle absolu sur le véhicule qu’il conduit.

Prenons le constructeur Mazda, déjà reconnu pour l’aspect agrément de conduite de ses véhicules. Déjà, les Mazda3, Mazda6 et CX-5 (pour ne nommer que ces trois-là) constituent les choix les plus dynamiques de leurs catégories respectives, un avantage qui ne semble pas suffisant pour séduire les consommateurs si on se fie aux chiffres de ventes nord-américains.

Avec le nombre fulgurant de modèles disponibles de nos jours, des facteurs décisionnels comme la longue liste d’équipement, le prix concurrentiel et même la consommation de carburant passent avant le comportement routier d’une voiture. Pourtant, n’est-ce pas l’un des éléments les plus élémentaires que celui de la prestation sur route? Il semble que non, l’automobile moderne étant devenue un objet qu’on garnit comme une pizza. 

Le Contrôle de Vecteur de la force G : une solution toute simple

La division nord-américaine du constructeur nippon aimerait changer cette mentalité avec l’implantation prochaine d’un nouveau dispositif de sécurité à bord des différents véhicules de sa flotte. La berline Mazda6 2017 sera la première à en profiter et même si la date d’arrivée n’avait pas encore été confirmée, les ingénieurs de Mazda nous ont affirmé que la 2e voiture qui en serait munie serait la Mazda3. Gageons que ce sera pour 2018. 

Le système en question, baptisé Contrôle de Vecteur de la force G – qui n’a rien à voir avec les différents « contrôles vectoriels de couple » installés à bord de certaines sportives notamment – est le premier d’une série de dispositifs qui intègreront les produits de la marque sous la bannière Skyactiv Vehicle Dynamics. Le CVG (appelons-le ainsi) est conçu pour être ajouté à n’importe quel véhicule et sera éventuellement livré sur tous les modèles de la marque lorsque les ajustements nécessaires propres à chaque plateforme auront été apportés. 

La mission du CVG est d’optimiser la tenue de route d’un véhicule dans une courbe, de minimiser l’effort déployé sur le volant et ainsi, d’améliorer le confort général du véhicule. Ce logiciel qui ne nécessite aucune modification physique (ou presque) aux composantes de la suspension, des freins ou même du châssis agit simplement sur le papillon des gaz à un degré bien trop rapide et bien trop minime pour que l’être humain puisse s’en rendre compte. Avec la batterie d’informations provenant des freins, de l’angle de braquage du volant et de la pédale d’accélérateur, le CVG peut ajuster le tir en fonction des paramètres recueillis.

Le principe du CVG est assez simple puisqu’il cherche uniquement à maximiser le poids appliqué sur les roues avant à l’approche d’un virage en appliquant une force G minime. En décélérant, il y a plus de poids sur l’essieu avant, la motricité est améliorée, ce qui facilite la manœuvre nécessaire pour effectuer le virage. Une fois le virage complété, le poids est transféré à nouveau sur l’essieu arrière, ce qui stabilise la voiture. D’ailleurs, cette mécanique a été illustrée par une vidéo montrant une Mazda6 négociant un changement de voie sur une surface glacée. La voiture qui n’en était pas munie dérapait beaucoup plus que celle qui faisait appel à ce nouveau gadget.

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Un autre avantage de cette technologie est de rendre le conducteur plus confiant au volant. Par exemple, en minimisant le nombre de corrections nécessaires dans un virage, la direction est raffermie quelque peu et procure un effet d’assurance sur celui ou celle qui tient le volant. Bien que l’origine du système CVG provienne du monde de la course automobile, l’idée ne s’adresse pas uniquement aux as du volant. Au contraire, en facilitant la conduite, ce nouveau dispositif s’adresse à n’importe quel conducteur. 

Le système est constamment activé, ce qui a un effet positif sur la linéarité de la direction en ligne droite. En réduisant le nombre d’interventions au volant – sur une route bosselée ou sur une chaussée enneigée, le conducteur arrive à destination moins fatigué. Qui plus est, les passagers sont eux aussi moins affectés par les forces G du véhicule

Le test à l’aveugle (ou presque)

C’est bien beau toutes ces théories, mais est-ce que ça fonctionne? Comme je l'ai mentionné plus tôt, les avantages du CVG sont très subtils à cause de la vitesse à laquelle le système intervient. De plus, lorsqu’il sera finalement implanté sur les différentes livrées des véhicules Mazda, il sera impossible de le débrancher. Contrairement au système antipatinage qui peut être désactivé par un simple bouton, le CVG sera en fonction de manière transparente. 

Pour arriver à illustrer les vertus de cette nouvelle technologie, les ingénieurs de Mazda avaient élaboré une série d’exercices destinés à augmenter notre sensibilité, afin que nous puissions cerner les particularités propres au CVG. Malheureusement, malgré notre présence au mythique circuit de Laguna Seca, en Californie, ces activités de conduite étaient presque entièrement réalisées dans le stationnement du circuit à des vitesses peu habituelles pour des chroniqueurs automobile. 

En procédant ainsi, les gens de Mazda cherchaient à nous faire prendre conscience des réactions du corps humain à très basse vitesse. Le simple fait de tourner en rond à vitesse constante (à cause du régulateur de vitesse) et en essayant de rouler très près des cônes intérieurs obligeait le conducteur à rester concentré sur les moindres réactions de la voiture et surtout du mouvement dans le volant. Bien que la différence soit minime, le système CVG arrivait à stabiliser davantage la Mazda6 en ligne droite ou dans les courbes. 

Une plus-value

La recherche et le développement pour cette nouvelle technologie sont déjà complétés et le seront davantage lorsque les prochains modèles Mazda en seront équipés. Le constructeur ne peut plus reculer, il se doit d’installer ce premier dispositif de sécurité issu de cette série SkyActiv Vehicle Dynamics. Comment s’y prendra-t-il pour convaincre les consommateurs de son avantage? Ça, c’est une question à laquelle j’aimerais bien pouvoir répondre.

Après une journée complète à extraire les subtilités du Contrôle de Vecteur de force G, je suis convaincu de son efficacité. S’agit-il d’une révolution? Assurément pas, mais ce pas de plus vers la conduite optimale (au lieu de la conduite automatisée) constitue une excellente nouvelle pour tous ceux et celles qui refusent de croire à ce projet d’automatisation globale de notre société. Pour plusieurs êtres humains, conduire est encore l’un des plaisirs de la vie!

Est-ce que ce sera suffisant?

En discutant avec les quelques ingénieurs assistant à cette présentation, j’ai pu me rendre compte à quel point la culture du constructeur d’Hiroshima était différente de celle employée par d’autres joueurs beaucoup plus imposants de l’industrie. Ils sont convaincus qu’en cherchant à améliorer sans cesse l’aspect conduite, les consommateurs finiront par adopter un véhicule Mazda. Pour eux, un simple essai routier serait suffisant pour changer la mentalité des consommateurs à l’égard du M nippon. 

 

Photos :Mazda
Photos du Mazda G-Vectoring