Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

smart fortwo 2016 : premières impressions

smart fortwo 2016 : premières impressions

La petite smart a bien grandi Par ,

La flambée du prix du pétrole à la fin du siècle dernier a forcé la main à tous les constructeurs automobiles. Mercedes-Benz a réagi en créant notamment la smart fortwo, que nous avons accueillie au Canada au milieu des années 2000.

Dès mon premier contact en 2002, je suis tombé amoureux de cette petite puce – à l’exception de la version à 4 places (forfour), qui n’était pas comme les autres. La fortwo a vraiment retenu mon attention et j’ai vite compris que le conducteur devait se conformer à la volonté de la voiture et non l’inverse. 

La nature de la smart
Avec sa drôle d’allure et son moteur anémique, il est clair que la smart fortwo était destinée à faire carrière en ville. N’oublions pas sa capacité de chargement très limitée, sa boîte de vitesses capricieuse et son pouvoir de dépassement inexistant ou presque. 

Pour la 3e génération de la smart, Mercedes s’est attaquée au design et à la puissance. En conséquence, nous avons ici la meilleure smart construite à ce jour. Le charme singulier de l’ancienne me manquera, certes, mais la majorité des gens trouveront enfin la microvoiture qu’ils ont toujours souhaitée.

Redessinée et plus solide
La nouvelle smart fortwo 2016 me fait penser à Insectosaure du film Monstres contre Aliens en raison de ses plus gros phares avant et feux arrière de même que de son gabarit accru. En fait, sa longueur n’a pas changé (2,69 mètres), mais sa largeur, oui (+10 centimètres).  J’ai déjà passé 5 jours en Arctique dans la génération précédente et le seul problème pour mon copilote et moi était un manque d’espace au niveau des coudes. C’est maintenant chose du passé.
 
Maintenant basée sur une plateforme de Renault/smart, la voiture ne se contente pas que d’améliorations esthétiques comme une calandre inférieure noire, des parechocs de couleur assortie à la carrosserie, des jantes de 15 ou 16 pouces, 30 combinaisons de couleurs différentes et un aileron arrière avec feu de freinage intégré. Elle se veut aussi plus rigide, plus raffinée et plus sécuritaire.

Encore une fois, tout commence par sa fameuse cellule Tridion, mais il y a plus. L’essentiel de la voiture se compose désormais d’acier à ultra grande résistance (72 %), ce qui représente une nette augmentation par rapport aux éditions antérieures.  Ladite cellule est fabriquée par Magna, près de l’usine française de Hambach qui produit la fortwo. 

Un intérieur pour adultes
Si l’enveloppe extérieure marque une évolution, l’intérieur constitue une révolution. L’aménagement du tableau de bord est un pas dans la bonne direction (genre Hawaii au lieu de la Sibérie). Le cachet unique de smart est toujours présent, mais le décor paraît beaucoup plus sophistiqué. Les cadrans s’accompagnent d’un nouvel écran numérique de 3,5 pouces et le tachymètre se trouve à gauche. Les bouches d’air se positionnent au sommet du tableau de bord et un matériau doux au toucher remplace le plastique traditionnel. Par ailleurs, le système de climatisation comprend une glissière qui paraît digne d’une Ford Edsel des années 1950 et non d’une smart fortwo 2016, mais je la trouve cool. 

Pénétrer dans la voiture est très facile grâce aux vastes portières et aux sièges accueillants. L’espace pour les coudes, tel que mentionné plus tôt, a été amélioré grâce à une voie élargie. Même si le volant n’offre aucun réglage en hauteur ni en profondeur, j’ai réussi à trouver une bonne position de conduite. Le coffre, lui, est toujours aussi restreint; par contre, en repliant le siège du passager, on peut charger 350 litres de bagages – 10 litres de plus qu’auparavant.

Enfin, le système audio reconnaît les téléphones intelligents et l’écran tactile de 7 pouces en option satisfera tous les adeptes de tablettes.

Un moteur turbo!
Pour un fan de mécanique, la vraie nouveauté est bien entendu le groupe motopropulseur. Je vous dis que ce moteur turbocompressé à 3 cylindres de 900 cc est un bijou. Ses 89 chevaux à 5 500 tours/minute et ses 100 livres-pied de couple à 2 500 tours/minute procurent beaucoup de plaisir – sans blague! Comme la smart fortwo 2016 pèse seulement 900 kilos, elle accélère donc de 0 à 100 km/h en 10,7 secondes avec la boîte manuelle à 5 rapports. La version à double embrayage à 6 rapports prend 11,1 secondes. Quant à la vitesse de pointe, elle s’élève maintenant à 155 km/h. 

Oui, j’ai bien dit une manuelle. Elle est géniale! La pédale d’embrayage est facile à doser grâce à un point de friction évident et le levier de vitesses enchaîne gaiement les rapports. La nouvelle boîte à double embrayage optionnelle représente tout un changement, elle aussi. Mercedes a bien fait de remédier aux nombreuses plaintes des clients concernant la vieille automatique, qui faisait rager en ville par son mauvais fonctionnement et ses trop lentes réactions. En plus, dépendamment de la version, la nouvelle boîte peut s’accompagner d’un mode sport… et de sélecteurs au volant!

La fortwo 2016 paraît plus rapide que les chiffres le suggèrent. Merci au couple à bas régime, qui fait une énorme différence, surtout en ville (ça me rappelle le diesel de la 1re génération). Sur l’autoroute, rouler vite et dépasser des véhicules sont dorénavant possibles. Ne vous attendez pas à vous faire respecter par les autres automobilistes, mais vous pourrez au moins vous en éloigner. Chemin faisant, même en poussant fort, vous ne brûlerez jamais bien plus que 6 L/100 km.

Comment se conduit-elle?
Avec son nouveau châssis, sa suspension revue et corrigée ainsi que sa voie élargie, la smart fortwo 2016 devient plus silencieuse et beaucoup plus stable sur la route. En fait, elle trouve un juste milieu entre confort de roulement et maniabilité. Le système d’assistance aux vents latéraux est un bel ajout, mais je ne saurais dire si j’en ai profité ou non. Chose certaine, je n’ai pas été inquiété en dépassant plusieurs semi-remorques, en traversant des ponts et en affrontant de fortes pluies. 

Parmi les attributs de la smart qui la rendent amusante, il y a une direction docile à assistance variable qui permet de faire demi-tour dans un cercle d’à peine 6,95 mètres. Sur la route, par contre, le sous-virage se fait bien sentir, en particulier quand on tente d’accélérer alors que les roues avant ne sont pas droites. La faute revient au transfert de poids vers l’arrière. Heureusement, l’antidérapage électronique aide à prévenir les pertes de contrôle. Les freins, eux, font du bon boulot et la sensation de la pédale s’avère bien meilleure qu’avant. 

J’achète!
J’ai réellement aimé la smart fortwo 2016 de nouvelle génération. De gros efforts ont été faits en matière de design afin de la rendre plus attrayante et plus haut de gamme. Bravo Mercedes! 

Le problème, c’est que le prix de base de la fortwo a grimpé d’environ 2 500 $ pour atteindre 17 300 $. Au moins, les nouvelles technologies et commodités (entre autres un régulateur de vitesse) sont nombreuses et le moteur est plus puissant. La boîte à double embrayage exige un supplément de 1 400 $, pour un total de 18 700 $. Certains acheteurs se laisseront dissuader par cette hausse de prix, mais comme la plupart des unités vendues étaient des versions intermédiaires, ça ne devrait pas trop paraître. L’important à retenir, c’est que la nouvelle smart est meilleure que l’ancienne.

Ces temps-ci, l’essence ne coûte plus aussi cher qu’avant et les petites voitures attirent moins les consommateurs. Mercedes continue quand même de promouvoir la smart fortwo. Cette dernière connaîtra-t-elle plus de succès? À mon avis, aussi bonne qu’elle soit, seul le prix de l’essence peut en décider.

Sa date d’arrivée au Canada est le 18 septembre, donc l’attente est presque terminée. En passant, la compagnie a déjà annoncé qu’une fortwo cabriolet et une fortwo électrique de nouvelle génération suivront en temps et lieu.