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8 mai 1982 : mort de notre héros national, Gilles Villeneuve

Au cours des dernières semaines, alors que nous nous sommes presque tous retrouvés en confinement à la maison, il a été facile de sombrer dans la nostalgie. Pour les amateurs de courses automobiles, privés de leur sport préféré, le temps a été consacré à regarder en arrière pour se remémorer ceux qui nous ont précédés. De nombreuses chaînes de télévision ont aussi diffusé de vieilles courses. De vraies courses, diront certains.

Votre humble serviteur n’a pas échappé au jeu, même qu’il a eu l’occasion de revoir son idole d’enfance en piste, un certain Gilles Villeneuve. Aujourd’hui, le 8 mai, on « célèbre » les 38 ans marquant la mort de ce dernier sur le circuit de Zolder, en Belgique. Pour tous ceux qui ont l’âge de se souvenir de cette journée, elle n’est jamais comme les autres.

Ce jour-là, le Québec n’a pas que perdu un pilote automobile ; il a perdu un héros.  

Je ne profiterai pas de la présente tribune pour vous raconter une fois de plus ses exploits ni la façon dont il est décédé. Ça a été expliqué à maintes reprises et ça fait trop mal, malgré le temps qui passe. Plutôt, je vais vous raconter brièvement mon 8 mai 1982, une journée qu’il m’est impossible d’oublier.

Voir aussi: La carrière de Gilles Villeneuve.

La voiture de Gilles Villeneuve, le 8 mai 1982
Photo : RDS.ca
La voiture de Gilles Villeneuve, le 8 mai 1982

Un samedi noir

Ce matin-là, car avec le décalage horaire tout se déroulait en matinée chez nous, Gilles Villeneuve participait à la séance de qualifications en vue de la course du lendemain. J’avais l’habitude de suivre chaque épreuve très attentivement, donc j’étais à l’affût de toutes nouvelles concernant ses résultats en piste.

Seulement, ce matin-là, je me rendais au stade olympique pour y voir jouer les Expos qui recevaient les Dodgers de Los Angeles. Alors que j’étais bien assis à bord de la camionnette du paternel en attendant l’autobus qui allait me mener au centre-ville de Montréal (j’avais 13 ans à l’époque), la nouvelle est tombée à propos d’un grave accident impliquant Gilles.

Puis, le bus est arrivé.

À l’époque, il n’y avait pas d’Internet, pas de téléphones intelligents ni de télé placardée partout qui informe en temps réel de ce qui se passe dans le monde.

Je me rends donc au stade un brin inquiet, mais bon, ça va aller, Gilles est invincible.

Gilles Villeneuve, sur la piste à Monaco
Photo : Ferrari
Gilles Villeneuve, sur la piste à Monaco

Puis, je ne saurais trop vous dire quand pendant le match, la terrible nouvelle de sa mort est apparue sur le grand tableau indicateur du stade. Jamais je n’avais vu un si grand nombre de personnes se taire d’un trait.

Soudainement, ce qui se passait sur le terrain n’avait plus aucune signification. J’ai vu des gens pleurer.

J’ai pleuré.

Les Expos ont perdu 10 à 8. Je m’en foutais. Je voulais simplement rentrer à la maison pour entendre et voir à la télé que, finalement, la nouvelle était fausse, que Gilles était toujours vivant.

Un héros, quand on a 13 ans, ça ne meurt pas.

J’ai encore un pincement au cœur lorsque le 8 mai se pointe au calendrier. Ça va être comme ça jusqu’à la fin de mes jours. Il se produit la même chose le 18 février. Cette date là, j’ai perdu mon autre héros automobile, Dale Earnhardt, en 2001.

Aujourd’hui, je n’ai plus de héros ; je ne veux plus qu’ils meurent.

Gilles Villeneuve, sur la piste à Monaco en 1979
Gilles Villeneuve, sur la piste à Monaco en 1979

Ma seule consolation, c’est que 38 ans après sa mort, Gilles n’a pas été oublié. Partout, on se souvient de lui. À mon réveil il y a quelques années, un 8 mai, ce sont les mots de l’ex-pilote Bertrand Godin qui m’ont fait sourire et m’ont fait du bien. Avec la permission de Bertrand, voici ce qu’il avait à dire ce matin-là.

« Ce que Gilles Villeneuve a accompli, dans sa trop courte carrière, c’est bien plus que des victoires en formule 1. Il a été la bougie d’allumage de ma carrière et bien certainement pour plusieurs autres. Dans une société où les gens ont besoin d’exemples, la mémoire de Gilles Villeneuve est un précieux trésor. Car même après 33 ans il continue de nous inspirer à réaliser nos rêves et surtout de les dépasser. SALUT GILLES. »

Finalement, Gille n’est pas mort, du moins dans notre mémoire collective. Ça doit rester ainsi.

Gilles Villeneuve, au volant
Photo : Ferrari
Gilles Villeneuve, au volant