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À la mode de la Nouvelle-Angleterre

À la mode de la Nouvelle-Angleterre

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À des dizaines de mètres sous nos pieds, les vagues se heurtent aux rochers déchiquetés, et on respire l’odeur salée de la mer à plein nez.

Nouvelle-Angleterre
Photo: Lesley Wimbush/Auto123.com

À un jet de pierre du précipice, je partage un pique-nique avec une des mouettes les plus gargantuesques que j’ai jamais vues, qui a le regard rivé sur ce qui reste de mon petit pain au homard. Son œil jaune ne quittant jamais mon assiette, elle fait les cent pas le long de la table, posant maladroitement un pied plat devant l’autre, hochant la tête et gloussant son impatience.

Tout d’un coup, la mouette tente sa chance, s’élançant pour attraper son trésor en un exemple éblouissant de grâce aéronautique. Déferlant ses ailes blanches comme neige, elle se laisse bercer au-dessus des vagues qui s’écrasent sur le récif, le vent emportant son cri triomphal.

Nous sommes tout près de Kennebunkport, dans le Maine, une région reconnue pour ses fruits de mer, ses palourdes et son homard en particulier. Avant de rentrer, j’en aurai sans doute englouti l’équivalent de mon poids!

Nous quittons la côte pour l’arrière-pays, et le paysage vallonneux prend des airs d’Ontario rural. Mais où nos fermettes et villages sont essentiellement toutes de brique rouge vêtues, ici la contrée n’en a que pour le style Cape Cod, ces petites structures simples avec leurs planches en clin, leurs toits en bardeaux de fente si caractéristiques et leurs charmantes lucarnes. Les vallons champêtres enchantent, et les arbres ne manquent pas. En effet, 90 % de la superficie du Maine est boisée, d’énormes chênes cédant leur place surtout au pin à mesure que nous prenons de l’altitude.

Même si les villages paisibles ont tout d’une carte postale, nous sommes heureux de prendre les sentiers moins battus : j’ai rarement vu des conducteurs si lents! Si la limite affiche 50 mph, vous pouvez être certain que la fourgonnette devant vous, et la Subaru devant elle, fera… 30. Et non sans raison, car les policiers foisonnent.

Le Maine étant l’État le moins populeux des États-Unis, nous croisons peu de voitures sur notre route ascendante. Et les routes ici ont la distinction d’être parmi les plus endommagées de mon expérience, à l’extérieur du Yukon… Les bosses et les nids-de-poule fourmillent sur le bitume ruiné, une vraie mosaïque de macadam grisâtre… mais elles serpentent à travers un magnifique panorama de collines sauvages. Les feuilles commencent tout juste à enfiler leur robe d’automne; dans quelques semaines, ce bout de pays éblouira avec ses jaunes, oranges et rouges.

Nouvelle-Angleterre
Photo: Lesley Wimbush/Auto123.com

À l’approche de la frontière, l’horizon se découpe, les douces collines faisant place aux montagnes. Notre destination : le sommet du mont Washington, à 1 917 mètres.

Construite en 1861 et jadis empruntée par les charrues à bœuf et les chariots couverts, la Mt. Washington Auto Road est devenue aujourd’hui l’attraction touristique artificielle la plus ancienne des États-Unis, et le site d’une des courses de montée impossible les plus spectaculaires du sport automobile. Le tracé de 11,9 km ondule vers le sommet, les arbres et la végétation s’effaçant au profit du lichen et des roches une fois la ligne des arbres franchie.

La route est dangereuse : il n’y a pas de garde-fous, et seuls quelques mètres nous séparent d’une falaise haute de 1 500 mètres. Nous y allons doucement, ne dépassant jamais les 50 km/h et ignorant ouvertement la vue imprenable qui s’ouvre sous nous.

Chapeau aux concurrents du « Climb to the Clouds » annuel, qui sont soit d’un courage inouï, soit complètement dingues! Le record de 6 min 11,54 s fut établi par le rallyeur David Higgins, au volant d’une Subaru WRX STI spéciale.

Nous avons probablement mis 15 à 20 minutes pour notre descente tranquille, couronnant l’aventure avec l’équivalent yankee d’un hot dog… l’incontournable petit pain au homard.