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Au sujet du métier

Au sujet du métier

Boucane no 4 Par ,

Les journalistes automobiles ont mauvaise presse ces temps-ci. Pour moi, en fait, tout a commencé lorsqu'un fameux représentant de notre confrérie a vendu quelque chose qui ne lui appartenait pas vraiment pour en faire de l'argent - après quoi il s'est fait incendier. Réagissant à cette mauvaise publicité, il m'apparaît clair que l'un des problèmes reliés au journalisme automobile concerne les voyages luxueux offerts par les compagnies et le fait de savoir s'ils sont justifiés ou non. En bout de ligne, la préoccupation première d'un journaliste devrait être de rester objectif dans son évaluation du véhicule une fois qu'il est allé l'essayer.

Je répondrai à cette problématique en deux temps. Tout d'abord, les voyages. J'ai en tête des centaines d'exemples de personnes qui gagnent des bénéfices additionnels pour leur bon travail. Mon père a déjà été cadre dans une grande compagnie de transport maritime et on l'envoyait régulièrement en Californie, en Floride... Une fois, il a même dû effectuer un voyage de deux semaines autour du monde. Il avait à sa disposition une voiture flambant neuve, un compte de dépenses... tout, quoi! Autre exemple: certains membres de ma famille travaillent pour des entreprises pharmaceutiques et j'ai entendu parler plusieurs fois de hauts dirigeants qui reçoivent des salaires faramineux, des primes colossales ainsi que des voitures neuves toutes payées à chaque année. Et Dieu sait que plusieurs d'entre eux ignorent tout ou presque de ce qui se passe vraiment en dessous de leur monde. Mais ce que je veux surtout dire est ceci: si une personne réussit après des années de dur labeur et de persévérance, c'est qu'elle a gagné et mérite tous ces bénéfices.

Dans l'univers du journalisme automobile, le fait de recevoir un nouveau véhicule à tester à chaque semaine constitue le salaire de base. Si vous êtes en mesure d'obtenir un véhicule, c'est parce que vous écrivez des articles ou réalisez des reportages qui intéressent les consommateurs. Si les véhicules en question deviennent plus nombreux ou plus luxueux, c'est comme une augmentation de salaire. Les voyages, eh bien, ce sont des bonis. C'est quelqu'un, quelque part, qui croit que vous êtes assez bon pour transmettre au grand public un message intelligent et bien informé concernant un produit.

Évidemment, les compagnies automobiles désirent et s'attendent généralement à ce que ces messages soient positifs. De même, il est évident qu'un journaliste qui parle seulement en bien d'un véhicule s'assure de profiter de plus de voyages. Or, la vie ne nous fait pas toujours des cadeaux. Parfois, les choses ne marchent pas du tout ou encore elles ne fonctionnent pas comme elles le devraient. Il arrive qu'un manufacturier produise un véhicule tellement mauvais que le message peut seulement être négatif.

À ce moment, il revient à celui qui livre le message de s'assurer que l'information contenue dans son texte ou dans son reportage est juste et rapportée avec intégrité. C'est là que se situe le noeud du problème, ce qui m'amène à mon deuxième point. Tout le monde aime les bonis et les cadeaux - cadres, hauts dirigeants ou journalistes. En général, les gens feront n'importe quoi pour les obtenir. La question est: pour qui le journaliste travaille-t-il? Si la réponse est General Motors, Ford, DaimlerChrysler, Subaru ou Toyota, il continuera à se faire gâter. Si toutefois la réponse est le consommateur (lecteur ou téléspectateur), le journaliste passera alors beaucoup plus de temps dans le véhicule et devant son ordinateur. L'objectivité mêlée à un peu de subjectivité devrait être le véritable prix recherché. Malheureusement, pour certains journalistes, cela ne leur achète pas les luxes de la vie. La bonne nouvelle, par contre, c'est que vous pouvez décider si le message est bon ou pas.