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Au sujet du pot et de la boucane

Au sujet du pot et de la boucane

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Au sujet du pot et de la boucane

Il y a plusieurs façons d'enfreindre la loi : certains consomment des substances illicites, d'autres en émettent dans l'atmosphère. Et ça s'aggrave avec l'âge de la voiture!

Vous ne pensiez pas, j'espère, en lisant le titre de cette chronique, que j'allais vous parler de cette herbe médicinale qui pousse maintenant de façon endémique dans nos champs de maïs; cette plante, que nos braves forces de l'ordre arrachent avec vigueur, l'automne venu, devant les caméras de tous les réseaux de télévision. Non, je tenais plutôt à vous entretenir des pots d'échappement et de leur évolution à long terme.

Les joies de la mécanique

Contrairement à mes collègues journalistes automobiles plus chevronnés, je dois assurer mes déplacements à bord de ma voiture individuelle, une vénérable petite berline fabriquée à Wolfsburg, en Allemagne, et qui respectait toutes les règles environnementales en vigueur au moment de sa sortie de l'usine, en 1992. Mais la situation a changé aujourd'hui quand le moteur a commencé à montrer des signes de faiblesse : démarrages pénibles par temps humide et accélérations manquant franchement de vigueur. Yvan, mon mécanicien, a diagnostiqué le problème rapidement. Les fils de bougie avaient fait leur temps et, plus grave encore, le coeur de mon convertisseur catalytique avait fondu, empêchant ainsi le passage des gaz d'échappement. Bref, mon moteur asphyxiait. La solution, radicale, a consisté à vider le convertisseur de son filtre en céramique. Yvan m'a toutefois précisé que cette mesure était parfaitement illégale et si je me faisais prendre, il n'était au courant de rien. Bien sûr, il s'agissait d'une mesure temporaire visant à pouvoir évaluer si quelque chose d'autre clochait dans mon moteur avant d'installer un nouveau convertisseur catalytique. Précisons que le catalyseur est un composant antipollution essentiel du système d'échappement, obligatoire depuis 1988, qui transforme chimiquement la nature des polluants qui sortent du moteur. J'ai ensuite été stupéfait d'apprendre que cette pratique, courante chez les adeptes du tuning, permet d'obtenir plus de puissance (un ami m'a même confié que le marchand chez qui il s'était procuré un turbocompresseur lui avait directement conseillé de vider son catalyseur avant de procéder à l'installation pour éviter d'endommager sévèrement son moteur). Yvan avait raison car mes problèmes ne faisaient que commencer : la sonde d'oxygène était également défectueuse, et le silencieux tombait en ruine. II a donc débranché la sonde, un autre composant du système antipollution, en me disant : "De toute façon, ta voiture fonctionnera mieux! ".