Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

Champion sans panache

Champion sans panache

Par ,

Champion sans panache

"Et le panache, bordel?" C'est ainsi que j'ai failli intituler ce billet d'humeur, en référence à un film français de ma jeunesse qui avait connu un certain succès. Mais d'aucuns risquent de trouver ringards les propos qui suivront; alors je me garderai d'ajouter de l'eau au moulin avec des références cinématographiques vieilles de 20 ans...

Cette précision faite, vous vous doutez bien que je vous ferai encore le coup de l'oncle grisonnant qui se plaint que ce n'est plus comme " dans son temps ". Si vous ne pouvez supporter ce genre de discours, arrêtez votre lecture ici même. Sinon, tant pis; je vous aurai prévenus.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que 2003 ne passera pas à l'histoire comme une grande saison de sport automobile. Au fil des années, les innombrables magouilles de Bernie Ecclestone ont fini par me laisser de glace; la F1 est dirigée par un despote doublé d'un escroc, et il n'y a rien qu'on puisse y faire. Mais je n'arriverai jamais à m'habituer à cette nouvelle race de pilotes, incapables d'attaquer et qui acceptent encore moins de se faire doubler; qui rêvent de signer un contrat "à la Michael" où l'on aura écrit noir sur blanc que leur coéquipier n'a pas le droit de les dépasser; qui pleurnichent pour des riens; et qui sont incapables de dire autre chose que les âneries que les relationnistes leur mettent dans la bouche. Inodore, incolore et sans saveur : tel est la définition d'un pilote de F1. Pour le panache, on repassera...

"Mais le sport automobile, ce n'est pas que la F1 !", direz-vous. Si je suis tout à fait d'accord avec cette affirmation, je constate cependant, non sans amertume, que la gangrène semble vouloir se répandre dans les autres disciplines majeures.

Ceux qui croyaient qu'il n'y avait qu'en F 1 qu'on voyait des courses truquées - appelons les choses par leur nom - au nom de la "consigne d'équipe", ont dû tomber en bas de leur chaise en voyant de quelle façon s'est terminé le Championnat du monde des rallyes (WRC). Et pourtant, s'il y a bien une discipline qui avait su conserver le respect et l'admiration des puristes, c'est bien le rallye! La gangrène, encore elle... "Ce qui pourrit, corrompt et s'étend! ", dit le Petit Robert.

Encore une fois, ce sont les grands constructeurs qui sont à l'origine de cette perversion. Dans le cas qui nous concerne, Peugeot et Citroën, deux marques françaises appartenant au même groupe (PSA). Rappelons brièvement les faits : au rallye de Grande-Bretagne, dernière épreuve de la saison, quatre pilotes peuvent encore prétendre au titre (Solberg, Loeb, Sainz et Burns). La table est donc mise pour un rallye mémorable. Or, il n'en sera rien.