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Des contrats sans valeur

Des contrats sans valeur

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À l'époque de Gilles Villeneuve, d'Alan Jones et de Niki Lauda, le contrat d'un pilote de Formule 1 se résumait à une page. Il y a de cela trente ans, une poignée de main valait plus que des signatures au bas d'une feuille de papier.

Les temps ont bien changé! Il n'y a qu'à voir le nombre de pilotes qui se font évincer par leurs écuries même s'ils possèdent un contrat en bonne et due forme...

On peut rappeler le cas de Kimi Räikkönen, évincé par Ferrari à la fin de la saison 2009 pour faire place à Fernando Alonso et les dizaines de millions de dollars de commandite de la banque espagnole Santander.

Kimi Räikkönen
Kimi Räikkönen (Photo: WRI2)

Autre cas récent: celui de Nick Heidfeld que l'écurie Lotus Renault GP a écarté du volant de la monoplace No. 9 en faveur du Brésilien Bruno Senna, jeune pilote au nom de famille légendaire et dont l'arrivée était accompagnée de riches commanditaires de son Brésil natal.

Puis, on a vu Alexandre Tagliani devoir abandonner son volant IndyCar pendant une course afin de donner du temps de piste au regretté Dan Wheldon.

Le cas le plus récent est celui de Vitaly Petrov, écarté de l'écurie Lotus Renault (encore?) en dépit du fait qu'il détienne un contrat valide pour la saison 2012. Éric Boullier, patron de cette écurie, n'avait pas le choix, car Total exigeait la présence de Romain Grosjean dans l'écurie l'an prochain, sous peine de voir ses millions quitter le bateau.

On constate donc qu'il est très (trop) facile pour les écuries de briser les contrats qui contiennent pourtant aujourd'hui des dizaines, parfois des centaines de pages. Dans ce cas, à quoi servent donc ces contrats, si ce n'est que pour protéger les écuries, et pas les pilotes? À quoi sert d'engloutir des sommes gigantesques dans des firmes d'avocats pour faire vérifier chaque mot, chaque point et chaque virgule des contrats s'ils peuvent être cassés aussi facilement?

Le plus triste de cette affaire est que les pilotes sont toujours mis à l'écart pour une seule et même raison : l'argent. Chaque pilote vit donc avec cette crainte de se faire remplacer par un autre plus fortuné, mieux soutenu et commercialement plus vendable que lui. Belle preuve qu'en ces temps économiquement difficiles, l'argent est bel et bien le nerf de la guerre en sport automobile.