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DTM: Chronique Bruno Spengler, pilote Mercedes

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Khatir Soltani
Le dimanche matin cependant, des trombes d’eau se sont abattues sur le circuit, accompagnées d’un brouillard à couper au couteau. Rien d’étonnant dans cette région, mais cela a obligé les organisateurs à repousser le warm-up. Du coup, pour partir en repérage, mais également pour divertir les pauvres spectateurs qui attendaient sous la pluie, moi et l’ensemble des pilotes Mercedes avons décidé d’effectuer quelques tours au volant de nos petites Smart électriques. Nous avons même improvisé une petite course entre nous, ce fut assez sympa, et un bon show pour les spectateurs, je pense.

Le warm-up se déroulait du coup aux alentours de midi, et l’horaire de départ de la course n’avait pas été déplacé : ce fut donc très serré puisque nous avions seulement un peu plus d’une demi-heure entre la fin du warm-up et le début des tours de mise en grille. La piste était donc sèche au moment du départ et, comme je l’espérais, j’ai pu prendre la tête au premier freinage alors qu’Ekström virait large derrière moi et perdait du temps. Ensuite, j’ai pu mener du début à la fin, grâce à l’excellent travail de mon équipe. Cette victoire me permettait de porter mon avance à 16 points au championnat. Une très bonne chose, mais il ne fallait pas s’emballer pour autant.

Après le Nürburgring, j’ai eu le plaisir d’être invité sur le plateau de l’émission « Motodrom » de la chaîne allemande Sport Eins. Une émission qui traite de l’actualité du sport automobile en général, sur laquelle je suis intervenu. J’avais déjà eu le plaisir de participer à des émissions de ce genre au Québec, ce fut très intéressant.

Le samedi qui a suivi, je me suis rendu dans la ville de Neustadt, dans une concession Mercedes, où j’ai emmené quelques invités à bord d’une Classe S 65 V12. Dur métier…

Jeudi matin, il était temps de prendre le chemin de Zandvoort, au bord de la Mer du Nord, aux Pays-Bas. Un bon six heures de route depuis mon appartement de Strasbourg. Zandvoort est une étape un peu particulière dans le calendrier du DTM. Le circuit est situé en bordure de plage, ce qui est assez dépaysant. Comme nous sommes en bord de mer, le vent y souffle également pas mal, et les conditions climatiques sont toujours très changeantes.

La piste est également assez intéressante, avec ses virages rapides, ses montées et ses descentes. Un tracé assez agressif pour les pneus, où il est important de trouver des réglages optimum pour être performant tout en préservant un maximum les gommes. Mais aussi un circuit où il est très difficile de doubler : les qualifications allaient s’avérer cruciales.

Photo: dtm.com

Les qualifications justement, avaient bien commencé pour moi, mais le résultat final fut décevant. Ce fut la première fois que je n’accédais pas à Q4, le « shootout » pour la pole position réservé aux quatre pilotes les plus rapides. Tout s’était pourtant très bien passé en Q1 et Q2, où je signais le meilleur temps des qualifications, en étant d’ailleurs le premier pilote à descendre sous la barre des 1:31 en DTM. J’ai finalement signé le 7e temps : une vraie déception. Difficulté supplémentaire : je m’élançais au milieu d’un paquet de voitures Audi. La course s’annonçait difficile, mais tout restait possible.

Mon départ fut correct. Je gagnais une position suite au mauvais départ du détenteur de la pôle, Timo Scheider. Mais Audi avait calqué toute sa stratégie sur moi, et ils ont fait ce qu’il fallait pour m’embêter, en mettant toujours une voiture sur mon chemin. Ils sont toutefois restés très corrects, il n’y a eu aucune manœuvre « limite » de leur part.

En fin de course, il y eut cet incident avec Mike Rockenfeller, avec qui j’étais en bagarre pour le gain de la 7e place. Il a ouvert la porte avant un virage à gauche, je me suis engouffré. Il s’est rabattu sur moi, le contact était inévitable et il est parti en tête-à-queue, ce qui était inévitable car il était du côté sale de la piste. Un classique incident de course, 50-50 au niveau des responsabilités.

Septième à l’arrivée, deux petits points au final. En roulant dans ce peloton d’Audi, je peux m’estimer heureux car il aurait pu arriver n’importe quoi. Je tiens à féliciter l’équipe qui a fait un gros travail pour faire progresser la voiture sur ce circuit a priori plus favorable aux Audi.

Mon avance au championnat passe de 16 à 9 points. Évidemment pas une bonne nouvelle, mais si l’on m’avait dit en début d’année que je compterai 16 points d’avance en milieu de saison, j’aurais signé tout de suite ! Et puis j’avais aligné cinq podiums d’affilée, il fallait bien que la série s’arrête un jour…

Il ne faut pour autant pas perdre confiance, et il faut rester serein et prendre le maximum de points, course par course. Mon équipier Gary Paffett, vainqueur à Zandvoort, est désormais mon plus proche rival, mais il faut se méfier encore des Audi et de Mathias Ekström, qui pourrait bien se relancer dans les courses à venir. À commencer par Brands Hatch dans trois semaines.

Petit réconfort après ce week-end difficile, j’ai eu droit à un beau gâteau d’anniversaire de la part de Mercedes dimanche soir à Zandvoort. Ce fut un moment très sympathique, même si le bilan de mon week-end ne fut pas à la hauteur de mes espérances.

Je compte bien prendre ma revanche à Brands Hatch !

À bientôt !

Bruno Spengler

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Khatir Soltani
Khatir Soltani
Expert automobile
  • Plus de 8 ans d'expérience en tant qu’essayiste automobile
  • Plus de 50 essais réalisés au cours de la dernière année
  • Participation à des discussions avec la quasi-totalité des manufacturiers au Canada