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F1 Canada: Une visite du micro laboratoire de Shell au circuit Gilles-Villeneuve

F1 Canada: Une visite du micro laboratoire de Shell au circuit Gilles-Villeneuve

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La pétrolière Shell est le fournisseur officiel d’huile et d’essence de la Scuderia Ferrari de Formule 1. Shell a invité Auto123.com à visiter son micro laboratoire situé dans le garage de l’écurie italienne au circuit Gilles-Villeneuve dans le cadre du Grand Prix du Canada.

Lucy Taylor et Gareth Lowe dans le micro laboratoire situé dans le paddock. (Photo: René Fagnan/Auto123.com)

Shell dispose d’un petit laboratoire à tous les Grands Prix. Mais celui qui se trouve ici à Montréal est en fait une sorte de conteneur transporté à bord d’un jumbo jet aux Grands Prix tenus hors de l’Europe.

Étriqué, il est toutefois très bien équipé en matériel électronique avancé.

Ici à Montréal, Lucy Taylor et Gareth Lowe effectuent les tests de Shell.

« L’essence employée en Formule 1 est fortement réglementée par la FIA, » explique Taylor.

« Avant que la saison ne commence, nous devons envoyer à la FIA un échantillon d’essence qui servira d’étalon. Car toutes les essences employées aux Grands Prix doivent être identiques à cet échantillon. Les composantes de l’essence produisent une sorte d’empreinte digitale. À toutes les courses, les échantillons d’essence pris dans le réservoir de la voiture doivent être conformes à cette empreinte. »

(Photo: René Fagnan/Auto123.com)

Elle poursuit : « Nous prenons environ 30 échantillons durant un week-end de course. Nous ne savons jamais quand la FIA prendra les siens, toutefois. Puisque nous expédions à chaque course environ 2000 litres de carburant, il faut s’assurer que le contenu, ne serait-ce que d’un seul bidon, ne soit contaminé par une mauvaise manipulation ».

Lowe explique que la FIA n’impose aucune règle en ce qui a trait à l’huile.

« C’est complètement libre. Nous n’effectuons pas de tests de conformité, mais nous aidons Ferrari en analysant l’huile, afin de déterminer s’il n’y a pas d’ennui avec le moteur. En fait, nous recherchons la présence de débris de métal microscopiques dans l’huile. Nos tests révèlent si l’un de 15 métaux est présent, que ce soit de l’aluminium, du titane, du magnésium, du cuivre ou autre. On parle ici d’infiniment petit, de l’ordre de cinq microns, invisible à l’œil, » de dire Lowe.

(Photo: René Fagnan/Auto123.com)

Shell récolte un échantillon d’huile chaque fois qu’une Ferrari 150 revient au garage, et Lowe obtient les résultats en seulement quelques minutes. Il peut ainsi tout de suite avertir les ingénieurs de Ferrari s’il y a un problème avec l’huile, donc avec le moteur.

« Toutes nos données sont envoyées à la maison mère de Shell en Grande Bretagne, » Lowe poursuit.

« Shell investit environ 21 000 heures de travail dans son programme de F1 chaque année. Depuis que les écuries cherchent plutôt à fiabiliser leurs moteurs qu’à les rendre plus puissants, nous pouvons effectuer des transferts de technologie entre la F1 et les voitures de routes. Par exemple, un ingrédient que nous avons développé pour la F1, le FMT qui réduit la friction, est désormais employé dans le carburant à la pompe. En fait, vous pourriez sans problème faire rouler votre voiture avec de l’huile et de l’essence destinées à la F1, » de conclure Lowe.