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F1: Comment les pit stops vont-ils évoluer en 2010?

F1: Comment les pit stops vont-ils évoluer en 2010?

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Le règlement sportif de la Formule 1 interdit désormais les ravitaillements en carburant durant les Grands Prix. Les voitures devront parcourir les 305 km d’une course sans pouvoir s’arrêter pour faire ajouter du carburant. Les équipiers pourront toutefois changer les pneus. Comment tout cela va-t-il chambouler le déroulement des Grands Prix?

Auto123.com a discuté du sujet brûlant d’actualité avec Claude Rouelle, ancien ingénieur de piste Formule 1, qui a aussi travaillé en séries ChampCar et NASCAR, et aujourd’hui président de la firme de consultants OptimumG.

Nous avons calculé que cette saison, les voitures de F1 devraient prendre le départ des courses au poids de 775 kilos, ce qui représente un embonpoint de 110kg en comparaison à 2009.

« Une telle augmentation du poids sera dramatique, affirme Claude Rouelle. Ce poids va fusiller les pneus si le pilote ne fait pas attention. Je prédis qu’au cours des 10 premiers tours de la course, les chronos seront plus lents de 5 secondes de ce qu’ils étaient en qualification. »

Ce poids énorme va donc directement influencer le choix des pneumatiques.

« Si la course fait 70 tours, je ne serais pas étonné de voir deux pit stops pour changer les pneus, de préciser Rouelle. On pourrait assister au premier après 10 tours seulement, un autre 20 tours plus tard, aux environs du 30e tour, et le dernier relais serait de 30 tours jusqu'à la fin de la course. »

En DTM, on change les pneus en 4 secondes.

Il ajoute : « Les pneus de type « Option » seront sans doute montés qu’en fin de course. Ce sont des pneus tendres qui auront bien du mal à résister aux contraintes générées par une voiture qui pèse 775 kilos en début de course. On est mieux de les employer en fin de parcours, quand la voiture est relativement légère. Ou alors, on fera un pari un peu fou de les monter en tout début de course pour seulement 5 tours, histoire de s’en débarrasser tout de suite ou bien pour doubler beaucoup de voitures quand le peloton est serré ».

Sur certains circuits, cela pourrait être fort différent. Monaco est un circuit très lent sur lequel les voitures ne consomment que très peu de carburant. « Certains pourraient être tentés de faire presque tout le Grand Prix de Monaco sur un seul train de pneus et ne s’arrêter qu’une seule fois, au tout début ou à la toute fin de la course, pour faire monter le second type de pneus, d’expliquer Rouelle.

« Mais pour cela il faut trouver les ajustements qui détériorent très peu les pneus. Cela dépendra de ce que Bridgestone offrira en choix de pneus en matière de compromis grip vs endurance. »

Les arrêts aux puits vont aussi beaucoup changer.

« N’ayant plus à mettre de l’essence dans la voiture, les arrêts seront beaucoup plus courts qu’auparavant, de l’ordre de 4 à 6 secondes, comme on le voit en DTM, » de préciser le président d’OptimumG.

« Tout ira extrêmement vite. Les mécanos joueront un rôle encore plus crucial. On verra probablement apparaître des systèmes de feux verts automatisés, activés par le contact des pistolets pneumatiques avec les écrous des roues. Le travail du chef mécano, qui prend la décision de libérer son pilote à sortir des stands, prendra aussi tout son sens. Voulant aller un peu trop vite, certains commettront des erreurs, c’est certain. »



photo:WRI2