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Hyundai mise sur l’IA pour accélérer la conduite autonome

| Photo : Hyundai
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Germain Goyer
Le constructeur compte se servir des données générées par les véhicules circulant sur les routes.

Le groupe Hyundai entend accélérer le développement de ses technologies de conduite automatisée en misant sur une ressource abondante : les données générées par les véhicules circulant sur les routes.

Lors d’une présentation tenue au siège social de 42dot, en Corée du Sud, Hyundai Motor Group a détaillé une stratégie appelée « Data Flywheel », que l’on pourrait traduire par une boucle d’apprentissage alimentée par les données. Celle-ci doit permettre d’améliorer progressivement les systèmes proposés par Hyundai, Kia et les autres entreprises du groupe.

Une boucle d’apprentissage en quatre étapes
Le principe du Data Flywheel repose sur quatre étapes : 

  • 1)    recueillir des données de conduite réelles ;
  • 2)    entraîner les modèles d’intelligence artificielle ;
  • 3)    valider leurs réactions ;
  • 4)    déployer les améliorations dans les véhicules.

Une fois les nouvelles fonctions mises en circulation, d’autres données peuvent être récoltées afin de recommencer le processus. Hyundai espère ainsi accélérer le rythme auquel ses systèmes apprennent à reconnaître les situations complexes.

| Photo : Hyundai

Le constructeur veut notamment cibler les scénarios rares ou difficiles, parfois appelés « cas limites ». Il peut s’agir, par exemple, d’un comportement inhabituel d’un autre automobiliste, d’une signalisation partiellement masquée ou encore d’une situation ambiguë dans un environnement urbain.

Hyundai dispose d’un avantage potentiel par la taille de ses activités. Le groupe vend environ sept millions de véhicules par année. Une standardisation graduelle des capteurs entre Hyundai, Kia, 42dot et Motional pourrait lui permettre de constituer un vaste écosystème de données, dans le respect des cadres établis pour leur collecte et leur utilisation.

Une stratégie en deux temps
Hyundai suivra deux voies parallèles. La première repose sur une collaboration avec NVIDIA afin d’accélérer la commercialisation de systèmes de niveau 2+. La mise en production de cette technologie est prévue pour le premier semestre de 2028. Une évolution désignée comme niveau 2++ suivrait durant la seconde moitié de la même année.

| Photo : Hyundai

En parallèle, 42dot développe Atria AI, la technologie d’intelligence artificielle propre au groupe. Des véhicules dotés d’un système de niveau 2++ alimenté par Atria AI sont attendus au second semestre de 2029.

Les appellations « 2+ » et « 2++ » ne constituent toutefois pas des niveaux officiels dans la classification internationale SAE. Elles décrivent des systèmes plus évolués que les aides de niveau 2 habituelles, mais le conducteur demeure responsable de la conduite et doit rester attentif. Il ne s’agit donc pas encore d’une voiture entièrement autonome.

La Hyundai Ioniq 6
La Hyundai Ioniq 6 | Photo : D.Boshouwers

Comprendre la route grâce aux images et au langage
42dot travaille également sur une technologie appelée Vision-Language-Action. Celle-ci combine les informations captées par les caméras avec un modèle capable de raisonner à partir du langage. Autrement dit, le système ne cherche pas uniquement à repérer un piéton ou un véhicule : il tente aussi de comprendre le contexte avant de choisir une action.

Hyundai mène actuellement des essais de validation de cette technologie. Des tests routiers et d’autres étapes de développement doivent se poursuivre jusqu’au début de 2027.

Enfin, un projet pilote de conduite autonome de niveau 4 doit être lancé à Gwangju, en Corée du Sud, avant la fin de 2026. Réalisé avec le ministère coréen du Territoire, des Infrastructures et des Transports, il servira notamment à recueillir des données de validation à grande échelle. À ce niveau, le véhicule peut conduire sans intervention humaine, mais seulement dans des conditions et un territoire précisément définis.

Germain Goyer
Germain Goyer
Expert automobile
Germain Goyer est journaliste automobile depuis plus de dix ans. Collaborateur de L’Annuel de l’automobile et du magazine AutoMédia, il anime chaque semaine la capsule Aujourd’hui dans ma Grosse Brune et contribue à l’entreprise familiale Autos-Suggestions.