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Indy 500 : La réconciliation

Indy 500 : La réconciliation

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Si vous avez lu mon blogue de la semaine passée, vous savez que j’étais très sceptique à quelques heures de la tenue des 500 Milles d’Indianapolis 2013 quant à la qualité du spectacle.

Mais au terme de la course menée à train d’enfer dimanche dernier, je dois avouer que les « sans-noms » de l’IndyCar m’ont réellement étonné. Y compris un inconnu au palmarès mince nommé Carlos Munoz, pilote d’une Dallara-Chevrolet de l’écurie Andretti Autosport.

Une recrue qui en était à son premier départ à vie en série IndyCar, Munoz n’a commis aucune erreur durant les 800 km de la course et aurait probablement menacé le vainqueur si une neutralisation n’était pas survenue à la toute fin…

C’est donc un des grands favoris de la foule, Tony Kanaan, qui a décroché la victoire. Le pauvre Tony a souvent mené l’Indy 500 au cours de sa carrière, mais un incident bête ou un bris mécanique l’a toujours empêché de terminer premier au fameux Brickyard.

Les Américains adorent ces battants qui ne baissent jamais les bras. Et la foule était debout durant les dix derniers tours pour encourager ce petit Brésilien établi depuis longtemps aux États-Unis.

« Je vais enfin avoir ma vilaine face sur ce trophée » a-t-il dit en rigolant en interview dans le cercle des vainqueurs.

Qui se souvient que Kanaan a commencé sa carrière en Europe, ayant disputé le Championnat d’Italie de Formule 3? Le grand ami de Rubens Barrichello a ensuite émigré en Amérique et décroché le titre de la série Indy Lights en 1997. Sa carrière était lancée.

Qui se souvient aussi de son essai à bord d’une BAR-Honda sur le circuit de Jerez en Espagne en septembre 2005 à titre de récompense pour avoir obtenu le titre de l’Indy Racing League en 2004?

Kanaan aurait-il pu faire carrière en F1? Peut-être bien que oui. Il possédait certainement le talent, mais difficile à dire en ce qui a trait à sa motivation. Car pour courir en F1, il faut être disposé à faire tous les sacrifices et être motivé à l’extrême, en plus de bénéficier des appuis (financiers) requis.

Mais peu importe que Tony n’ait pas couru en F1. Il vient de remporter l’une des trois plus prestigieuses courses automobiles au monde et a démontré, encore une fois, qu’il ne faut jamais, jamais, baisser les bras et qu’il est permis de rêver.

La victoire de Kanaan m’a réconcilié avec l’Indy 500.

Tony Kanaan
Photo: John Cote/IMS