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Indy Lights: Interview avec Jean-Karl Vernay

Indy Lights: Interview avec Jean-Karl Vernay

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Le pilote français Jean-Karl Vernay a décidé de traverser l’Atlantique afin de redonner un coup de pouce à sa carrière. Cette saison, il vise de décrocher le titre en série Indy Lights, l’antichambre de l’IndyCar.

Auto123.com : Comment s’est présenté l’opportunité pour vous de disputer la saison d’Indy Lights ?

Jean-Karl Vernay : Après plusieurs saisons de Formule 3 Euroseries, mon objectif était de faire du DTM en 2010. J’ai effectué un test avec Audi, mais qui n’a pas eu de suite pour diverses raisons. J’ai alors envisagé de disputer le championnat de Formula Nippon au Japon, puis l’équipe Sam Schmidt Motorsports m’a contacté, car ils étaient en quête d’un pilote pour jouer le titre en Indy Lights en 2010. Il y a eu ensuite une « confrontation » lors d’un test entre Jerlmer Buurman, Esteban Guerrieri et moi. Les tests sur le tracé routier de Palm Beach se sont très bien passés, et les tests sur ovales étaient également satisfaisants, et j’ai eu la chance d’être retenu.

Auto123.com : En tant qu’Européen, quelle est la chose qui vous a le plus marqué en arrivant aux États-Unis ?

Jean-Karl Vernay : L’état d’esprit est vraiment différent de ce que j’ai pu connaître jusque là, cela n’a rien à voir. Ici, tout est fait pour le show, tout est axé là-dessus. Ici, on sait faire monter la pression avant la course, c’est quelque chose qui me plaît assez… Parallèlement, le niveau technique est à mon sens un peu moins élevé qu’en Formule 3, c’est un peu moins professionnel, un peu plus « à l’ancienne ».

Auto123.com : La gestion des courses doit également être bien différente en Indy Lights qu’en Formule 3 Euroseries…

Jean-Karl Vernay : Il est évident qu’avec tous ces drapeaux jaunes et Safety Car, c’est un peu particulier à gérer. À St-Petersburg, je disposais de cinq secondes d’avance, et j’ai tout perdu lorsque le Safety Car est entré en piste. Bon, la chance joue moins qu’en IndyCar puisque nous n’avons pas de ravitaillements lors de la course qui pourraient finir de redistribuer les cartes. Autre différence que j’ai pu constater : les règles sont plus strictes qu’en Europe. Il faut être le plus clair possible en piste, aucune porte fermée n’est tolérée. Ce n’est pas plus mal, au final il y a peut-être moins d’accrochages qu’en Europe.

Auto123.com : Comment jugez-vous le niveau de vos adversaires ?

Jean-Karl Vernay :
Le niveau est assez élevé. Certes, c’est moins homogène qu’en Formule 3, où une bonne dizaine de pilotes pouvaient prétendre à la victoire. Mais les pilotes de pointe sont vraiment « costauds », et la saison ne va pas être simple. À St-Petersburg, tout s’est bien passé. Peut-être que les pilotes européens, qui ont davantage l’habitude de rouler sous la pluie, ont-ils plus de facilité dans ces conditions ? J’espère en tous cas poursuivre sur ma lancée lors de la prochaine course, en Alabama.

Auto123.com : Un mot sur la monoplace d’Indy Lights ?

Jean-Karl Vernay : Par rapport à la F3, elle est déjà 300 kg plus lourde, et la puissance est supérieure. Elle est assez sous-vireuse à la base, mais elle est assez plaisante à conduire. Les pneus sont également différents, il faut assimiler tout cela.

Auto123.com : Vous commencez la saison par une victoire sur un circuit urbain, mais comment appréhendez-vous les circuits ovales à venir ?

Jean-Karl Vernay : J’ai beaucoup de choses à apprendre sur les ovales. Rouler seul est une chose, mais les aborder à plusieurs voitures en paquet en est une autre. D’autant qu’en performances pures, nos monoplaces d’Indy Light sont assez proches de celles de l’IndyCar puisque nous atteignions 330 km/h en pointe. Lors des premiers tours sur ovales, la sensation est incroyable, avec une importante décharge d’adrénaline. Pour ma part, mes vrais débuts en course sur ovale se dérouleront sur le circuit d’Indianapolis, durant le week-end des prestigieux 500 Milles. L’ambiance devrait être incroyable. Mais il est clair que pour ma part, il va falloir que je me batte pour la victoire sur les circuits routiers, et y prendre le plus de points possibles si je veux jouer le titre en fin de saison. On verra ensuite comment cela se passera sur ovales.

Auto123.com : Votre engagement en Indy Lights a-t-il pour but de mieux rebondir en Europe dans un futur plus lointain ?

Jean-Karl Vernay :
Honnêtement, après ma performance de Macao, lors des Internationaux de Formule 3, pas une équipe de GP2 ne m’a contacté. Si l’on ne fait pas partie d’une équipe de F1, ou si l’on a pas de budget conséquent, il n’y a aucune issue. Et puis le GP2, et par extension la F1, ne sont pas forcément une finalité pour moi. Pas par manque d’ambition, mais parce que j’estime qu’il existe de nombreuses disciplines de sport automobile intéressantes. Et il n’y a qu’à voir les faibles affluences sur les Grand Prix de F1 à Bahreïn ou en Chine, alors qu’aux États-Unis les tribunes sont pleines.