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La valse folle des millions

La valse folle des millions

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Vous imaginez la situation si une recrue se présentait au camp d'entraînement d'un club de hockey sur glace (ou, pour nos amis européens, un club de foot) et se faisait répondre, après un essai : « Tu es vraiment très bon, très talentueux. Apporte-nous deux millions de dollars (ou d'euros) et nous t'engageons!

Quoi? Notre joueur en question devrait payer pour jouer? Il devrait apporter une somme faramineuse pour pratiquer son sport favori?

Eh oui, et c'est bien ce qui se passe en sport automobile. Même au sommet de la pyramide, en Formule 1.

Max Chilton, Marussia F1 Team
Max Chilton, Marussia F1 Team (Photo: Marussia)

Faire de la course automobile a toujours coûté cher. Au début du siècle dernier, la compétition automobile était presque réservée à une élite financière, aux barons, princes et autres ducs de ce monde.

Durant les années 60 et 70, il était encore possible de dénicher des volants de F1 sans grand argent. Les Graham Hill, Jim Clark, Jackie Stewart et Gilles Villeneuve en sont la preuve.

Mais depuis les années 80, il faut apporter des dollars. Beaucoup de dollars.

D'où provient donc cet argent?

Habituellement de trois sources. Soit il s'agit de fortunes familiales, soit c'est de l'argent provenant de commanditaires, soit il s'agit de mécènes.

Sebastian Vettel est arrivé en F1 grâce aux millions qu'a injectés Red Bull dès ses débuts en karting. Bruno Senna et Pastor Maldonado sont arrivés en F1 avec l'appui de leurs sponsors personnels. Charles Pic a eu un volant chez Marussia grâce au mécénat du Groupe Lagardère.

Le jeune Britannique Max Chilton vient d'être nommé pilote de réserve de Marussia. On apprend que son père est le vice-président du gigantesque groupe d'assurance Aon. Ah bon.

Pour un pilote recrue, une première saison en F1 peut coûter entre 3 et 5 millions de dollars, parfois plus, selon la qualité de l'écurie choisie. On a même entendu le chiffre de 10$ millions pour une bonne écurie de milieu de peloton.

Qu'arrive-t-il après cette première saison? Si le pilote possède un bon coup de volant, une écurie majeure pourra être tentée de le récupérer. Cette fois, il recevra un salaire et n'aura plus à apporter d'argent.

Mais si ses performances n'ont convaincu personne, il devra encore une fois payer pour rouler, et espérer prouver son talent et être recruté par une plus grosse écurie.

Si sa carrière n'a pas décollé après quelques saisons, il jette l'éponge, parfois criblé de dettes personnelles.

On peut ainsi estimer que les dix saisons d'apprentissage, depuis le karting à la Formule Renault 2.0, la Formule 3 et le GP2, d'un jeune pilote qui aspire à courir en Grand Prix, coûte environ quatre ou cinq millions de dollars. Vous le saviez?

Un conseil : dirigez vos enfants vers le hockey ou le foot... Ce sera mieux pour votre portemonnaie!