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Le déclin de l'empire américain (?)

Le déclin de l'empire américain (?)

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Le déclin de l'empire américain (?)

Pour les constructeurs américains, les chiffres sont plutôt alarmants. Leurs parts de marché combinées ne cessent de s'éroder (57,9 % au mois d'août 2003, un record); ce qui les oblige à se lancer dans une guerre des prix coûteuse, nuisible pour l'image et diminuant la valeur résiduelle de leurs voitures. Ils font face à une surcapacité de production combinée de 2,3 millions de voitures. Si Ford et GM gagnent encore de l'argent, c'est en vendant du crédit, pas des voitures, alors que Chrysler espère simplement arriver à l'équilibre à la fin de l'année. Ils font également face à d'énormes obligations à l'égard de leurs fonds de retraite (la Deutsch Bank estime un surcoût moyen de 1 500 $ par voiture). Ils lancent régulièrement des plans de restructuration et doivent licencier des employés régulièrement. Insulte suprême, les ventes de Toyota ont, pour la première fois, dépassé celles de Chrysler au mois d'août.

Tout cela pour dire que certains ne se privent pas d'évoquer la fin de l'un des ex " Trois Grands ", comme Micheline Maynard, reporter au New York Times, dans son livre La fin de Detroit ou bien la firme d'analyse UBS Warburg : "Il n'est pas impensable que, dans les années à venir, Ford ou GM se placent sous chapitre 11 - la loi américaine sur les faillites - ou que Daimler se sépare de Chrysler". De nombreux analystes estiment qu'ils ont perdu leur perception du marché : avoir laissé le marché de la voiture aux marques asiatiques pour se tourner vers les camions dans les années 90 a été une erreur stratégique majeure à long terme.

Faut-il réellement envisager le pire pour une industrie qui tarde à retrouver son souffle dans une économie qui semble repartir? "Nous ne le pensons pas... même si le scénario reste plausible" expliquait Jeff Schuster, directeur des Prévisions pour l'Amérique du Nord de l'influent cabinet J.D. Power and Associates. Selon lui, les parts de marché des divers constructeurs devraient se stabiliser au cours des cinq prochaines années : 57 % pour les Américains, 34 pour les Asiatiques et 9 % pour les Européens en 2008. L'une des raisons de son optimisme est le lancement d'un nombre important de nouveaux modèles dans les années à venir. De plus, les plans de restructuration de Ford et de Chrysler semblent commencer à porter leurs fruits, et la productivité de GM ne cesse de s'améliorer, alors que les trois groupes recentrent leurs efforts sur les voitures après avoir revu leurs gammes de camions.

Alors, assisterons-nous aux invasions barbares?