Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

Le plan de Toyota Canada pour 2011

Le plan de Toyota Canada pour 2011

Par ,

Windsor, Ontario – Il semble que notre récession et la baisse des ventes automobiles qui a suivi aient été bénéfiques pour Toyota. Toutefois, pour bien comprendre l'entière signification de ce qui s'est produit, il faut regarder la structure organisationnelle du constructeur ainsi que sa culture et sa philosophie.

Au sein de l'entreprise ou devrais-je dire de la Corporation (avec un grand «C»!), les employés ont souvent plus d'une responsabilité. Yoichi Tomihara a beau porter le titre de président de Toyota Canada, mais vous pouvez être certains qu'il fait aussi partie de ceux qui s'acharnent à maintenir les niveaux de rentabilité et à regagner les parts de marché perdues à cause de ladite récession et des derniers rappels majeurs.

S'adressant à un groupe sélect de journalistes canadiens, Tomihara a dit qu'il était temps «de tourner la page sur 2010 et de regarder en avant vers 2011». Après les six refontes de modèles Toyota, Lexus et Scion déjà annoncées, il a mentionné qu'une douzaine d'autres suivraient cette année. Le plus étonnant, c'est qu'il a mis autant d'emphase sur le design que l'ingénierie – du jamais vu chez Toyota.

Durant une autre partie de son discours, Tomihara a mis l'accent sur le côté abordable de leurs produits en mentionnant que le contenu des véhicules offerts par Toyota Canada avait augmenté, alors que les PDSF sont demeurés inchangés ou ont même été baissés. La valeur par unité variait grandement, jusqu'à 3 000 $ par véhicule.

Stephen Beatty, directeur gestionnaire principal de Toyota Canada, veille sur à peu près toutes les opérations de la compagnie en sol canadien. S'il travaillait pour une firme d'avocats, son nom serait Michael Clayton (du film éponyme). En gros, son rôle consiste à tout faire pour que le déclin de plus de 16 % en 2010 ne se répète pas dans les années à venir. Dans son discours, il a insisté pour dire que Toyota avait changé. Le développement durable figure désormais parmi ses trois plus grandes priorités et sa philosophie se resserre autour du principe «kaizen», qui signifie la poursuite de la perfection. Beatty a également rappelé que le nouveau système de sécurité STAR de Toyota accompagne de série tous les modèles 2011.

Le dernier à prendre la parole a été Ray Tanguay, président de Toyota Motor Manufacturing Canada mais aussi responsable de la gestion chez Toyota Motor Corporation et vice-président exécutif de Toyota Motor Engineering and Manufacturing North America. Il a discuté brièvement de la production automobile canadienne en hausse depuis plusieurs années – de quelque 50 000 unités à plus de 400 000 par année.

Puis, Tanguay a vanté la main-d'œuvre dans les diverses usines de Toyota. Selon lui, la compagnie demeure une entreprise responsable et fidèle aux valeurs qu'elle prône depuis son arrivée au pays il y a 46 ans. Il a affirmé que, durant la récession, Toyota n'a pas supprimé un seul emploi. En fait, pendant les périodes mortes, les ouvriers ont réalisé des projets communautaires, suivi de la formation et perfectionné leurs aptitudes. Au total, plus de 2,5 millions d'heures de formation ont été dispensées à l'échelle du continent. Aucun autre constructeur n'en a fait autant.

Un sujet qui ne figurait pas à l'agenda était aussi important que ce dont on a discuté. Aucune mention de la baisse des ventes de plus de 16% l'an dernier, ou de la grosse part de marché perdue grâce aux rappels massifs. Aucune mention non plus de la mauvaise réaction de Toyota durant les premiers jours du rappel. En contrepartie, on a parlé de satisfaction à la clientèle, de style et d'ingénierie pratique.

En marge de la rencontre, au moins un concessionnaire a déclaré que «Toyota Canada est plus que jamais à l'écoute de nos besoins et porte davantage attention à nos clients.»

Toyota cherche toujours à produire la voiture parfaite, cette fois-ci en prenant le chemin de l'humilité. La compagnie n'est pas à l'abri de l'échec et des mauvaises décisions, mais les dirigeants et le personnel semblent bien résolus à éviter que le passé se répète.