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Les véhicules hybrides ne sont pas la solution ultime pour régler la pollution

Les véhicules hybrides ne sont pas la solution ultime pour régler la pollution

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Pour les journalistes et les chroniqueurs comme moi, ce que j'appelle les «vérités automobiles» nous sont habituellement révélées dans des endroits comme Tokyo, Stuttgart ou Détroit par des constructeurs et entreprises qui désirent mettrent les choses au clair.

Toutefois, si vous roulez dans des coins comme Scarborough ou Mississauga - voire tout autre endroit du pays - et que vous réfléchissez au-delà du message tenu par les compagnies, vous risquez de voir lesdites vérités sous un jour bien différent.

Un tel épisode s'est produit récemment alors que je faisais l'essai un camion hybride de GM dans les environs de Toronto. Je regardais les gens s'adonner à leurs activités, tout en pensant aux conséquences qu'ils avaient sur l'environnement.

C'est à ce moment que je me suis attardé à réfléchir aux véhicules hybrides, en particulier ceux de Toyota. J'ai réalisé que la dépense additionnelle de 6500 $ - pour une économie d'essence de 10 % sur l'autoroute - que requière le Toyota Highlander Hybrid est considérable quand on pense aux rapports faisant état de Prius qui s'éteignent carrément et qui s'immobilisent sur le bord de la route.

Les médias et le public devraient à tout le moins se demander si les hybrides de Toyota sont aussi bénéfiques pour la société - et leurs propriétaires - que la croyance le veut et s'il n'y a pas d'autres problèmes de pollution qui méritent davantage notre attention.

Les gens des relations publiques et du marketing chez Toyota sont peut-être déçus de l'apprendre, mais leur discours concernant l'efficacité et l'économie des véhicules hybrides, surtout les leurs, est trompeur.

En effet, dès le tout début, la tant acclamée Toyota Prius n'a jamais passé près d'égaler les bas niveaux de consommation suggérés par les tests du ministère des Transports, tant au Canada qu'aux États-Unis. La surprise a été pour le moins désagréable pour les nombreux acheteurs de Prius qui voulaient avoir l'air préoccupés par l'environnement et qui pensaient économiser beaucoup d'argent en faisant le plein.

Ceci n'a pas empêché Toyota Canada de charger davantage pour les nouveaux modèles hybrides qui ont suivi. Le Highlander Hybrid, par exemple, coûte entre 6645 $ et 7305 $ de plus que la version régulière à essence et il n'affiche qu'une amélioration de 10 % au niveau de la consommation sur l'autoroute dans les tests de Transport Canada. Considérant de tels chiffres, il est impossible pour un propriétaire de récupérer tout l'argent supplémentaire déboursé à l'achat sans utiliser son véhicule beaucoup plus longtemps que la moyenne des conducteurs canadiens.

Par surcroît, tel que je l'ai évoqué un peu plus tôt, on rapporte que de plus en plus de propriétaires de Prius ont vu leur voiture caler ou s'éteindre carrément sur l'autoroute et ne plus être capable de redémarrer par la suite. Toyota attribue cette faute à une «erreur de programmation» et affirme pouvoir corriger la situation.

Ce problème n'est pas une surprise pour tous ceux qui ont regardé les nouvelles technologies défiler au cours des dernières années, surtout récemment alors que les véhicules sans cesse sophistiqués repoussent les limites de la faillibilité humaine. Il est presque certain que ce n'est pas la dernière fois que nous entendons parler de problèmes avec les hybrides de Toyota; je n'ai même pas abordé la question du remplacement inévitable de la batterie et de la manière dont son coût élevé sera assumé.

De tels soucis commencent peut-être à rentrer dans la tête des médias, qui attribuent pour la plupart un rôle de messie à Toyota en parlant de sa «volonté de partager sa technologie hybride» comme s'il s'agissait d'un remède miracle à la pollution auquel personne n'était assez intelligent pour penser.