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Mensonges et langue de bois

Mensonges et langue de bois

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Au fil des décennies, le monde de la course automobile est devenu de plus en plus médiatisé, ce qui est bien, mais il a aussi été victime de sa grande popularité, ce qui est moins bien...

Ainsi, nous, journalistes, n'avons plus droit à de véritables interviews intéressantes avec les pilotes, que ce soit en Formule 1, en IndyCar, en NASCAR ou en endurance.

Il s'agit désormais d'interviews données à des groupes de journalistes, des « scrums ». Les responsables de communications des écuries et des commanditaires se chargent de faire apprendre par cœur aux pilotes des commentaires politiquement corrects, généralement vides de sens.

Vitaly Petrov
Vitaly Petrov (Photo: Caterham)

Alors qu'un pilote comme Gilles Villeneuve s'attirait fréquemment les foudres des dirigeants, mais la joie des reporters en parlant honnêtement, on se retrouve aujourd'hui face à des pilotes qui n'ont plus rien à dire, sauf d'énumérer une ribambelle de commanditaires, et que la voiture a quand même bien fonctionné (car il ne peut pas dire que le moteur a cassé net) !

En ce début de saison F1, le vétéran Jarno Trulli n'a cessé de répéter qu'il possédait un contrat en béton avec l'écurie Caterham. Et c'est vrai, il possédait bel et bien un contrat solide.

Et pourtant, le Russe Vitaly Petrov est parvenu à le déloger de son baquet ! Eh oui, l'argent a (encore) parlé. Les commanditaires de Petrov verseront le salaire de Trulli qui n'a pas eu d'autre choix que d'abandonner son poste.

L'écurie Caterham économise ainsi le salaire de Trulli et empoche les millions de dollars que vont lui verser les entreprises russes qui soutiennent Petrov.

Parlant de langue de bois : nous, journalistes, entendons couramment des rumeurs et évidemment les personnes concernées affirment que rien de tout cela n'est vrai. « Non, non. Je vous assure qu'il n'y a rien de vrai dans cette histoire... » entend-on (trop) souvent.

Le 7 octobre dernier, le milliardaire indien Vijay Mallya, propriétaire majoritaire de l'écurie Force India, faisait publier un communiqué de presse dans lequel il disait « être stupéfait de lire les médias affirmer que je vais vendre l'écurie de F1 Force India. C'est absolument faux et ne repose sur aucune vérité ». Il était en furie...

Néanmoins, cinq jours plus tard, Mallya organisait une somptueuse conférence de presse pour annoncer qu'il avait vendu 42,5% des actions de l'écurie de F1 à Sahara Group pour un montant de 100 millions. Et dire que 120 heures auparavant, il avait presque traité les journalistes de menteurs...

Morale de l'histoire : que cela nous plaise ou non, une large quantité des rumeurs qui circulent en sport automobile possèdent un fond de vérité. À moins de vouloir intentionnellement nuire à quelqu'un, ces rumeurs sont bel et bien fondées.

Bonne saison !