Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

Réduire la pollution et sauver des vies, c'est facile

Réduire la pollution et sauver des vies, c'est facile

La technologie au service de ces deux causes Par ,

La technologie au service de ces deux causes

Si les Canadiens sont vraiment préoccupés par la sécurité sur les autoroutes et la pollution atmosphérique, pourquoi n'obligeons-nous pas les compagnies automobiles à vendre des véhicules qui accélèrent doucement jusqu'à la limite permise et qui ne peuvent la dépasser?

Des accélérations et des vitesses modérées contribueraient grandement à réduire la consommation de carburant et, par conséquent, la pollution de l'air. Par surcroît, plus un véhicule roule lentement, moins il a de chances de frapper quelqu'un ou quelque chose (le conducteur a plus de temps pour réagir, freiner, prévenir une perte de contrôle et éviter un objet ou une personne), ce qui rendrait nos routes plus sécuritaires.

Voyez-vous comme c'est simple?

Ce n'est certainement pas un changement qui serait compliqué ou coûteux à effectuer; il suffirait d'intégrer de nouveaux codes de programmation dans les unités de contrôle de moteur des véhicules - ou d'en ajouter à ceux qui n'en ont pas.

Les compagnies automobiles mettraient au point des codes informatiques qui, par exemple, empêcheraient une voiture d'accélérer de 0 à 60 km/h (une bonne limite sur les routes urbaines) en moins de six ou sept secondes de même que de dépasser la barre des 120 km/h (une bonne limite sur les autoroutes). Il pourrait y avoir des bornes à certains endroits qui enverraient un signal au véhicule les autorisant à aller plus vite parce qu'ils sont dans une zone moins achalandée.

Évidemment, des petits génies de l'informatique pourraient réussir à truquer le système de leur véhicule pour continuer à rouler aussi vite qu'ils désirent et mettre en danger la vie d'autres personnes. Pour contrer cette situation, une «boîte noire» pourrait enregistrer les différentes vitesses atteintes par un véhicule et relayer directement ces informations à la police, qui émettrait des contraventions aux conducteurs fautifs. Ces derniers pourraient même se voir imposer, en plus d'une amende et des points de démérite, un nouveau code de programmation de moteur plus strict.

À défaut de cette solution, les véhicules pourraient être reprogrammés afin d'obéir à de nouvelles règles plus appropriées et efficaces.

Techniquement parlant, ce genre de modifications n'est pas une si grosse commande pour l'industrie automobile. Il ne devrait même pas y avoir de frais supplémentaires exigés. Même s'il y en avait, pensez à toutes les économies qui seraient réalisées grâce aux coûts réduits de carburant et de soins médicaux.

J'ai peut-être attendu trop tard pour vous dire de ne pas m'envoyer de courriels d'insultes pour défendre vos droits et libertés. Je sais déjà que ma proposition imposerait un contrôle brimant.

J'essaye juste de prouver qu'il est possible de poser des gestes simples et sérieux dans le but de régler le problème de la sécurité sur les autoroutes et celui de la pollution atmosphérique. Ça prend une volonté ferme. L'avons-nous? Apparemment, non. En tant que société, nous ne sommes pas prêts à laisser nos élus approfondir sérieusement la question.

Au lieu de ça, nous chialons sur le sort du monde avant de monter à bord de notre berline de 400 chevaux et de rouler sur moins d'un kilomètre afin d'acheter des briquettes pour notre barbecue. Chemin faisant, nous rejetons dans l'air une quantité plus qu'exagérée de merde et nous exposons à un plus grand risque les nombreux piétons que nous croisons.

À mes yeux, nous préférons faire pression sur le gouvernement pour qu'il se montre plus sévère à l'endroit des jeunes fous qui coursent illégalement dans les rues au lieu de nous porter en faveur d'un petit changement qui pourrait nous brimer personnellement, ne serait-ce que le moindre du monde.

Le pire dans tout ça, c'est que notre opinion serait carrément différente si un être cher décédait après avoir été happé par une voiture filant à toute allure ou après avoir contracté une maladie causée par l'air pollué.

C'est dommage que nous n'ayons pas le courage ou la clairvoyance de régler le problème une fois pour toutes avant qu'il nous coûte la vie d'un proche. Tant que les personnes qui meurent nous sont étrangères, nous semblons parfaitement à l'aise de rester les bras croisés.