Les organisateurs du Salon du véhicule électrique de Montréal (SVEM) ont annoncé que l'événement prenait une pause et qu'il n'y aurait pas d'édition en 2026. L’édition de l’an dernier ayant eu lieu au début du mois de mai, cette annonce — faite précisément au début de mai — n’est pas tout à fait un choc.
À certains égards, la décision peut sembler curieuse, survenant au moment même où les prix de l'essence atteignent des sommets historiques dans plusieurs régions, dont le Québec. L'intérêt pour les VÉ a bondi de nouveau alors que le conflit en Iran perdure. Cependant, des événements comme le SVEM font face à des défis qui persistent depuis bien plus longtemps que les deux derniers mois.
Réalités du marché et lassitude des manufacturiers
La nouvelle a été confirmée par la Corporation des concessionnaires d’automobiles de Montréal (CCAM), l'organisme responsable de l'événement. Selon Marilyne Gravel, directrice des communications de la CCAM, cette annulation n'est pas le reflet d'un faible intérêt des consommateurs, mais plutôt le résultat d'un contexte de marché difficile et d'une participation changeante des manufacturiers.
« Le contexte du marché et la participation des manufacturiers ont mené à cette décision », a expliqué Mme Gravel. Elle a précisé que la décision de prendre une pause cette année a été finalisée à la suite du Salon international de l’auto de Montréal (SIAM) en janvier dernier.
Vraisemblablement, les décideurs étaient au fait des données de ce salon démontrant que l'électrification devient de plus en plus courante : 43 % des véhicules exposés au Salon de l'auto de Montréal 2026 étaient entièrement électriques, ce qui suggère qu'un salon distinct et dédié pourrait perdre de son utilité unique.

Une consolidation dans les astres ?
Montréal n'est pas la première ville à voir son salon spécialisé en VÉ s'éclipser. En 2024, le Salon du véhicule électrique de Québec a cessé ses activités après cinq ans, fusionnant ses activités avec le principal salon international de l'auto de la ville dès l'année suivante.
Nous ne savons pas encore si les organisateurs montréalais suivront la même voie vers une consolidation permanente. Mme Gravel a été ferme sur le fait que le SVEM est simplement en « pause » et non terminé, mais elle a refusé de commenter l'éventualité d'une fusion avec le Salon de l'auto de Montréal pour 2027.
Un marché en renaissance
Bien qu'elle ne soit pas si surprenante, l'absence d'un salon du véhicule électrique en 2026 est décevante, particulièrement pour les détaillants automobiles de la province, puisque le marché des VÉ au Québec montre des signes de renouveau. Après une année 2025 plus lente, le retour des subventions gouvernementales et la récente flambée des prix de l'essence ont ramené les consommateurs vers les salles de d’exposition de VÉ.
Et il y a bien sûr le spectre de l'entrée des constructeurs chinois sur le marché québécois plus tard cette année, ce qui pourrait transformer radicalement le paysage automobile avant qu'une décision ne soit prise concernant une édition 2027.





