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Une coopération dans l'électrique et l'électronique pour révolutionner les voitures

Une coopération dans l'électrique et l'électronique pour révolutionner les voitures

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De plus en plus de médias généralistes ont commencé à parler d'une initiative internationale visant à doter tous les véhicules de la planète d'un même dispositif de verrouillage des portes, permettant ainsi de sauver des vies et de l'argent au fur et à mesure que les gouvernements emboîteront le pas, particulièrement dans les plus gros marchés - dont le Canada.

Certes, il s'agirait là d'un idéal autant automobile que politique, car les pays travailleraient ainsi ensemble pour le bien commun et, avec le temps, les standards de sécurité ici et ailleurs pourraient être relevés.

Mais cet hypothétique effort public n'est rien comparé à deux initiatives de coopération privée dans l'industrie automobile, soit celles menées par AUTOSAR et JASPAR, deux consortiums qui étudient présentement en profondeur l'aspect le plus crucial des véhicules modernes : l'architecture électrique et électronique.

AUTOSAR a vu le jour en Europe en septembre 2003. Pour sa part, JASPAR a commencé à se former au Japon cet automne, essentiellement parce que les Japonais ne croyaient pas pouvoir avoir une influence significative dans le premier et plus gros consortium.

Le regroupement des Européens est en effet le plus important des deux, étant donné qu'il représente la plupart des grandes compagnies automobiles de la planète (excluant celles du Japon) et un grand nombre de leurs filiales et fournisseurs de pièces.

Si les travaux de AUTOSAR suivent les plans établis, l'impact sur la qualité et les standards de sécurité des véhicules sera énorme au cours de la prochaine décennie et même au-delà, sans parler des gains financiers pour les manufacturiers eux-mêmes.

Au lieu de concevoir leurs propres systèmes uniques et compliqués, les divers partenaires de AUTOSAR sont à élaborer un ensemble de lignes directrices communes sur le fonctionnement - et l'interaction - des systèmes électriques et électroniques de leurs véhicules. Bien qu'on retrouvera plusieurs processus communs sous la carrosserie d'un véhicule, il y aura aussi beaucoup de place à l'innovation et à la créativité de la part des fabricants à partir de ces mêmes processus.

«Coopérer sur des standards, rivaliser sur leur implantation». Voilà comment le concept est décrit par le principal porte-parole de AUTOSAR, le Dr. Harald Heinecke, du centre de recherche et de développement de BMW.

Une plus grande fiabilité des systèmes électriques et électroniques des véhicules sera sans doute le premier bénéfice que pourront obtenir les consommateurs. En fait, ce sont les cotes de fiabilité décroissantes de divers modèles BMW et Mercedes-Benz qui ont incité au départ les deux grands rivaux allemands à former AUTOSAR et à travailler ensemble.

Honnêtement, des technologies telles que le iDrive de BMW et le système COMAND-APS de Mercedes se sont avérées trop compliquées dans l'esprit des ingénieurs. Résultat : la qualité des produits finals a diminué. Ceux qui achèteront une BM ou une Mercedes au cours des prochaines années ne profiteront probablement pas des efforts déployés aujourd'hui. Ceux-ci devraient toutefois accroître la fiabilité des deux gammes allemandes au tournant de 2010.

Idem pour ce qui est des autres firmes membres de AUTOSAR, dont les cotes de qualité sont effectivement en train de monter à l'heure où l'on se parle. Nul doute qu'il y aura d'incommensurables efforts investis de part et d'autre pour développer des technologies de qualité pour les consommateurs.

C'est là que le potentiel de AUTOSAR devient vraiment intéressant. Une des choses que les véhicules du futur seront capables de faire, contrairement à ceux du présent, est de communiquer entre eux, ce qui veut dire, selon la théorie, qu'ils pourront partager de l'information, notamment sur leurs positions, directions et vitesses respectives.

De là le rêve ultime d'avoir un jour des véhicules assez brillants pour ne pas se rentrer dedans - à moins, bien sûr, que les conducteurs soient assez stupides pour provoquer volontairement des accidents.

Des voitures qui peuvent s'éviter elles-mêmes constituent en quelque sorte le Saint Graäl de la sécurité automobile. La prévention des collisions est d'ailleurs maintenant considérée comme la seule façon qu'il nous reste de diminuer les taux de décès sur les routes des pays industrialisés. De tels véhicules intelligents aideront aussi des pays qui sont en train de se développer une culture automobile, l'exemple parfait étant la Chine. Beaucoup d'autres travaux devront par contre être menés là-bas pour que la sécurité soit optimisée.

Quoi qu'il en soit, il appert que les nombreuses nations et compagnies automobiles du monde entier travaillent enfin de concert pour trouver des moyens de garder les conducteurs sur les routes et non sous la terre. Il ne faut pas s'attendre de voir des résultats concrets à grande échelle avant bien longtemps, mais au moins nous savons que la lumière au bout du tunnel s'en vient.