Auto123.com - On vous guide du rêve à la route

Vous conduisez-vous en consommateurs ou en citoyens, en conduisant? (2e partie)

Vous conduisez-vous en consommateurs ou en citoyens, en conduisant? (2e partie)

(2e partie) Par ,

Méfiez-vous

Lorsque des politiciens parlent de développement durable, méfiez-vous. Cette expression a été tellement galvaudée, dénaturée et manipulée que pour bien des écologistes, elle a été vidée de son sens par les relationnistes.

Un exemple? Il y a trois ans, alors que je participais à des audiences du Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) sur la réfection de la rue Notre-Dame, à Montréal, le ministère des Transports du Québec avait pondu un document qui préconisait de modifier cette rue en autoroute urbaine, un peu à l'image de l'autoroute Décarie. Or, tous les autres intervenants, études en mains, se prononçaient plutôt en faveur d'un train de banlieue et d'une rue rénovée, où pourrait renaître la vie économique de l'est de Montréal. Quelle ne fut pas notre surprise, lorsque nous avons obtenu copie du document ministériel! Il avait pour titre : Pour une décongestion durable! Une semaine plus tard, des ingénieurs du gouvernement, après des calculs sur la réelle décongestion qu'occasionnerait l'option autoroutière, en sont venus à la conclusion que la « décongestion durable » durerait de trois à quatre ans tout au plus, et ce, pour une dépense de 400 millions de dollars!

Cessons d'attendre

À la fin de l'année dernière, Bono, chanteur du groupe U2, en est venu à la conclusion qu'il ne pouvait pas se fier à la parole des chefs politiques pour faire avancer le dossier de la lutte contre la pauvreté dans le tiers-monde. Plusieurs d'entre eux, dont Paul Martin, avaient promis d'investir pour les aider. Aucun n'a tenu parole. C'est ainsi que Bono a décidé de s'allier avec des entreprises pour tenter de régler le problème.

Je pense que si nous attendons que nos politiciens fassent avancer les choses dans les dossiers environnementaux, nous courons droit au désastre. Dernièrement, le représentant canadien de Ford a invité le gouvernement Harper à accorder des incitations pécuniaires à l'achat de véhicules verts. C'est bien, mais que ferons-nous, si ce dernier fait la sourde oreille? Je pense que s'il y a eu une époque où nos chefs politiques faisaient preuve de vision et pouvaient être avant-gardistes, ils sont aujourd'hui à la remorque de la société, surtout dans les dossiers à incidence financière.

Donc, cessons de nous cacher derrière les excuses. Je tiens à le répéter : le protocole de Kyoto ne représente qu'entre le huitième et le dixième de ce qu'il faut faire pour simplement stabiliser les émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Donc, si aucun d'entre nous n'est même capable de faire entre le huitième et le dixième de ce qu'il a à faire pour l'avenir de la planète, pensez-vous réellement que nos descendants auront à être compréhensifs à notre égard?

La prochaine fois que vous magasinerez votre nouveau véhicule, regardez celui qui vous intéresse le plus, considérez sa consommation et demandez-vous comment vous pourriez réduire sa consommation annuelle de 20 %. Si vous ne le pouvez pas en diminuant votre kilométrage ou en conduisant moins vite, vous n'aurez qu'à en acheter un qui consomme 20 % de moins.

Cela vaut pour tous ceux qui achètent des véhicules de 20 000 $ et plus. Et si jamais on vous propose une option intéressante du type climatiseur, régulateur de vitesse, glaces électriques ou autre pour à peine 30 $ de plus par mois pendant 48 mois (ce qui donne 1 470 $ hors taxes), et que vous prétendez par ailleurs que vous n'avez pas les moyens de vous offrir une voiture hybride ou diesel, ou simplement moins gourmande, dites-vous bien ceci : vous pensez en consommateur - de façon égoïste et à court terme - et non en citoyen - de façon sociale et à long terme.